L'Usine Energie

Où en sont les EPR d'Areva ?

Astrid Gouzik , ,

Publié le

L’EPR est "le seul réacteur de génération III+ à être déployé à une échelle internationale, étant aujourd’hui en construction en Finlande, en France et en Chine ", se vante le spécialiste de l’atome sur son site internet. Pourtant son réacteur à eau sous pression n’est pas sans poser quelques problèmes… Retards à répétition, surcoûts, autant de revers qu’Areva doit essuyer.

Où en sont les EPR d'Areva ? © D.R.

Depuis quelques jours, c’est l’EPR finlandais (Olkiluoto 3) qui fait parler de lui. En effet, lundi 16 juillet, l’opérateur finlandais TVO annonce que l'entrée en service est repoussée après 2014. Initialement, lorsque TVO sélectionne le réacteur EPR d’Areva en 2003 pour sa nouvelle centrale, la mise en service est prévue pour 2009. Depuis le calendrier a largement été revu. Et les coûts ont explosé. Pour le premier semestre 2010, Areva a passé une nouvelle provision de 400 millions d'euros au titre du réacteur EPR finlandais OL3.

Il faut dire que l’ampleur du chantier est conséquente. Sur le site finlandais, 4 000 personnes provenant de 55 pays différents travaillent. "C'est le plus grand projet industriel jamais réalisé en Europe du Nord", précise Areva. Mais Bouygues est confronté à des difficultés techniques, tout comme à Flamanville.

Flamanville, un démarrage repoussé en 2016

Le chantier de l’EPR français n’est pas épargné par les déboires. Démarré un an après le réacteur finlandais, le chantier normand accumule les épreuves : accidents mortels, malfaçons, soupçons de travail dissimulé, injonctions et mises en garde à répétition de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)... Concernant le budget initial du réacteur, il a été multiplié par deux pour atteindre 6 milliards d'euros. La date de mise en service a elle été repoussée de 2012 à... 2016.

Même Bouygues, en charge des opérations, admet être confronté à "un chantier extrêmement difficile et complexe".

Le modèle de Taishan

Le premier à démarrer pourrait finalement être l’EPR de Taishan (Chine), pourtant lancé 3 ans après Olkiluoto 3. Selon le calendrier actuel, le premier réacteur pourrait entrer en service fin 2013, le second fin 2014. Il est construit en Chine par l'électricien local CGNPC et son associé EDF.

9 000 personnes travaillent sur place, dont 315 employés d’Areva. La main d’œuvre chinoise est très compétente, le pays ayant lancé un très vaste programme nucléaire. Parmi les autres autouts permettant au chantier chinois d’avancer rapidement: des amplitudes horaires élargies, sept jours sur sept, avec deux jours de repos par mois, expliquait La Tribune en juin dernier. Par ailleurs, le savoir-faire chinois en matière de génie civil a permis à Taishan d’éviter les déboires qu’a connu Bouygues en Finlande et en Normandie, ajoutait le quotidien.

Des problèmes trop fréquents, qui ont fait perdre beaucoup de crédit au géant français du nucléaire. A cause de ces retards, il a passé des provisions qui ont déjà largement excédé le prix auquel le réacteur a été vendu, 3 milliards d'euros dont il a touché 1,8 milliards.

Si ces difficultés n’ont pas facilité la vente de l’EPR à l’étranger (Abu Dhabi a ainsi préféré le coréen Kepco au consortium français EDF, GDF Suez, Total, Areva pour la construction de quatre réacteurs), cela ne remet pas en cause pour autant les projets d’Areva au Royaume-Uni. En effet, le français participe à  la construction des 2 premiers réacteurs EPR du Royaume-Uni programmés par EDF.

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