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Ossif: le micro-drone en open source de l'Enac prend son envol

Publié le

Né en 2003, le projet Paparazzi visait à développer une solution libre complète de pilotage automatique pour les drones. Un succès: neuf mois plus tard, le premier drone open source a décollé. Il est aujourd'hui utilisé par plusieurs industriels. Entretien avec Pascal Brisset, enseignant-chercheur en informatique à l'Enac (Ecole nationale de l'aviation civile), qui a co-fondé cette solution.

Ossif: le micro-drone en open source de l'Enac prend son envol
FireStorm - Enac
© DR

Pour la deuxième année consécutive, des chercheurs, des universitaires et des entreprises (Airbus, EADS Astrium, Alcatel-Lucent...) viennent de participer à l'Ossif (Open Source Software Industry Forum), une journée d'information consacrée aux enjeux de l'open source pour l'industrie. Organisée à Toulouse par la société de services Linagora et la Fnill (Fédération nationale de l'industrie du logiciel libre), cette manifestation est, entre autres, soutenue par le Conseil régional de Midi-Pyrénées et la DIREECTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi Midi-Pyrenées).

L'occasion de faire le point sur l'open source, son intérêt pour les systèmes embarqués critiques, ses licences et ses modèles modèles économiques... L'occasion aussi de découvrir des initiatives particulièrement innovantes dans ce secteur, parmi lesquelles Paparazzi,  un projet de recherche sur les drones en open source soutenu par L'Enac. Il a notamment été utilisé par Thales pour son micro-drone Spy Arrow, présenté en 2009.

Usinenouvelle.com : D'où vient le projet Paparazzi ?

Pascal Brisset : Avec Antoine Drouin, un spécialiste du modélisme, notre objectif initial était de participer à un concours de micro-drones. Dès le début du projet, en 2003, nous avons fait un choix - plutôt éthique - consistant à s'appuyer sur de l'open source, tant au niveau du matériel que du logiciel. Ce projet a été récupéré en 2006 par notre employeur, l'Enac, qui y a vu un intérêt pour la formation des élèves ingénieurs : le mini-drone [30 centimètres de longueur et environ un kilogramme aujourd'hui] est un vrai avion que l'on peut manipuler et faire voler pour se confronter à des problématiques que rencontrent aussi des avions de ligne.

L'Enac dispose désormais d'une unité de recherche et d'innovation sur les drones. Au début, nous nous sommes concentrés sur le développement de l'outil. Maintenant, nous nous intéressons plutôt à son utilisation.

Quel rôle joue l'open source dans ce projet ?

Pascal Brisset : L'open source est partout. Nous avons conçu les schémas des cartes de contrôle électroniques, que nous avons ensuite « libérés ». Le code du logiciel embarqué – code de stabilisation, de pilotage automatique et de gestion de mission – est en open source. Le code de station de sol aussi. C'est ce qui permet de gérer le contrôle et les commandes de l'appareil, la préparation de mission, l'analyse de mission, la simulation...

Sur quels logiciels vous êtes-vous appuyés initialement ?

Pascal Brisset : Nous avons utilisé quelques briques de logiciels libres, principalement le compilateur GCC [GNU Compiler Collection] pour la partie embarquée.

Qui utilise le projet Paparazzi ?

Pascal Brisset : Une dizaine d'équipes universitaires l'utilisent aujourd'hui : en Australie, aux Etats-Unis, en Inde... Elles s'en servent principalement comme d'un outil de développement et de formation. Récemment, nous avons aussi testé l'utilité du drone avec le ministère de l'Environnement pour survoler les digues de l'île de Ré. Et nous faisons d'autres essais pour la surveillance des rivières et des fleuves, comme le Rhin.

Côté entreprises, l'un de nos contributeurs allemands, la société Martin Mueller Engineering, s'est appuyé sur Paparazzi pour faire de la mesure météo : notamment en Islande, au Spitzberg. L'entreprise travaille par ailleurs avec des partenaires qui s'intéressent à la modélisation des turbulences derrière les éoliennes et se servent du drone pour mesurer la vitesse du vent. Enfin, en France, la jeune pousse bordelaise Fly-n-Sense [membre d'Aerospace Valley] commercialise des micro-drones UAV [Unmanned Aerial Vehicle] s'appuyant sur le logiciel Paparazzi.

Christophe Dutheil

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