Ossif : l'open source avance à grands pas dans l'industrie

Publié le

Organisé le 26 mai à Toulouse, l'Ossif (« Open Source Industry Forum ») a passé au crible les bénéfices à attendre de l'open source et les principaux enjeux à relever pour les entreprises industrielles intéressées.

L'heure de la maturité a sonné pour les logiciels libres si l'on en croit les participants à la première édition de l'Ossif (« Open Source Industry Forum »), un nouveau salon sur l'open source organisé à Toulouse par la Fnill (Fédération nationale de l'industrie du logiciel libre) et la société de services Linagora. Autre fait notable : « les grands industriels, jusqu'ici plus réservés que le secteur public sur l'open source, sont de plus en plus sensibilisés et actifs dans ce domaine », confie Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora et président de la Fnill.

Logiciels embarqués
De l'aérospatial aux télécoms en passant par l'agro-alimentaire ou l'optique ophtalmique, les logiciels à codes ouverts sont en effet de plus en plus présents dans les systèmes d'information des entreprises. « Nous n'avons à ce jour aucun logiciel embarqué qui soit en tant que tel un système open source. Mais la barre des 50% a été franchie pour ceux qui sont sortis des creusets de l'open source », explique par exemple Jean-Marc Thomas, président du pôle de compétitivité toulousain Aerospace Valley et président d'Airbus France. « Aujourd'hui, nous nous concentrons - en particulier sur la base de l'open source - sur les outils permettant de concevoir ces systèmes embarqués, mais aussi de les vérifier voire de les certifier. »

Le quatuor LAMP en tête

Mais c'est côté serveurs que l'open source remporte le plus de suffrages, notamment par l'intermédiaire de la fameuse « bande des quatre » : Linux, Apache, MySQL et PHP (LAMP). « En quelques années, nous sommes passés à un standard de fait reposant sur des architectures Linux Intel en remplacement des systèmes d'exploitation propriétaires », insiste notamment Sylvain Morel, responsable de la coordination dans le domaine des « middleware et enablers » chez France Télécom Orange. Même son de cloche du côté de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) où Patrick Lerouge, responsable des infrastructures et de la sécurité opérationnelle, se remémore : « nous avons installé un peu timidement notre premier serveur sous Linux en 2000. La part du libre sur le parc de serveurs nationaux était de 5% en 2002. Elle est passée à 50% en 2004. Et 95% des serveurs de l'Inserm tournent aujourd'hui avec des logiciels libres. »

Pour quels bénéfices ? « Il y a des gains significatifs sur les coûts de licences », selon Patrick Lerouge. Des bénéfices auxquels s'ajoutent la possibilité de contrer « l'évolution préalablement constatée des coûts de fonctionnement [des logiciels propriétaires] et une montée en compétence des équipes techniques. » Une montée en compétence qui, dans le cadre de projets complexes, peut induire une évolution « du métier d'intégrateur » de la DSI à « celui d'éditeur de logiciels construits à partir d'une bibliothèque de composants open source », constate Marc Giraud, directeur architecture et systèmes chez Essilor.

Accompagner le changement

Mais quels sont les risques d'un projet open source ? « Dès lors que l'on touche à une application qui a une forte dimension affective pour les salariés, comme la messagerie, il faut faire très attention à impliquer des utilisateurs des différents métiers et à faire participer des personnels clés au processus de sélection », estime Franck Lasserre, DSI de Weishardt, un fabricant de gélatines à usages alimentaires et pharmaceutiques. « Il nous faut tout d'abord gérer les hommes », analyse de son côté Marc Giraud. « Les informaticiens sont traditionnellement réticents au changement et ils ont des cultures de chapelles », précise-t-il. « N'oublions pas non plus que les grands éditeurs de logiciels sont de redoutables lobbyistes qui savent trouver des alliés à l'intérieur des entreprises. »

Christophe Dutheil

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte