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Oséo radiographie 10 ans de création d’entreprises innovantes

Aurélie Barbaux

Publié le

Une vaste étude portant sur 5 500 jeunes entreprises de technologies innovantes créées entre 1998 et 2007 éclaire sur les profils et défis des entrepreneurs. Mais il faudra attendre un second volet pour connaître les raisons de leur faible croissance.

Oséo radiographie 10 ans de création d’entreprises innovantes © D.R

L’art statistique est difficile. D’une étude portant sur 10 ans de création d’entreprise innovantes, que vient de publier Oséo, on attend des réponses à toutes les questions qui nous taraudent. Par exemple, combien se créent de jeunes entreprises innovantes en France ?

Selon l’étude, le chiffre est à peu près stable, depuis dix ans, à 550 par an. Mais il est forcément faux. "D’une part l’étude ne porte que sur les entreprises innovantes ayant reçu une aide pour leur projet initial de R&D, que ce soit via Oséo Innovation, l’ANR, le concours du ministère de la recherche ou via des collectivités locales. Et comme les budgets publics sont limités, le nombre d’entreprises aidées l’est mécaniquement lui aussi", précise Annie Geay, directrice des Études chez Oséo Innovation. De plus, même s’il s’agit déjà d’un petit exploit d’avoir réussi à collecter des données homogènes et pertinentes sur 5 500 entreprises, (sans se limiter aux 1 500 lauréats du concours Oséo MESR ou à celles aidées par Oséo), elles laissent de côté toutes les entreprises innovantes non technologiques.

La moitié des JEI dans les TIC

Qu’importe. Une telle étude devrait pouvoir éclairer sur l’impact des multiples mesures en faveur des jeunes entreprises innovantes (JEI). Que nenni. Comme l’étude commence par les entreprises créées en 1998, le rôle de la création des incubateurs publics en 1999 n’est pas flagrant. À l’inverse, s’arrêtant en 2007, le rôle du statut fiscal des JEI, lancé en 2004, n’a eu que peu d’impact dans l’étude. Et la réforme du Crédit impôt recherche mis en place en 2008, aucun. D’autant qu’il faudra attendre un second volet de l’étude pour avoir des indications sur les leviers de développement.

Mais l’étude laisse toutefois apparaître l’impact des aléas conjoncturels sur la création d’entreprise (éclatement de la bulle internet, crise pétrolière de 2005…). Elle indique aussi un parallèle entre création d’entreprises "classiques" et innovantes, en terme d’implantation géographique notamment. Mais pas de différences majeures sur les régions de prédilection pour leur implantation, majoritairement en Île de France, Rhône-Alpes / PACA, Ouest et extrême Nord.

En revanche, on note des disparités sectorielles. La majorité des JEI françaises se développent en effet dans les technologies de l’information et la communication (37 % dans le logiciel et le multimédia et 14 % dans l’électronique et traitement du signal), le reste se répartissant entre génie des procédés (15 %), mécanique (8 %), matériaux (7 %), biotechnologie (6 %), mesure et automatique (6 %), ingénierie (3 %) et autres (4 %). L’étude pointe leurs préférences régionales. Celles des logiciels se concentrent plus volontiers en Île de France, celles de l’électronique en Bretagne et celles des procédés vers le Centre et le Nord de la France, par exemple.

85 % des JEI passent les 5 ans

Devant son ampleur, on pourrait se dire, qu’enfin, une étude pourra donner une idée du taux de survie des JEI au-delà de cinq ans. Encore raté. L’étude indique juste que le taux de pérennité des entreprises à 5 ans est de 85 %, soit deux fois supérieur à celui des entreprises classiques. Mais c’est un chiffre déjà connu, grâce au suivi des entreprises lauréates du concours de la création d’entreprises innovantes créé en 1999.

En fait, sur le panel de l’étude, à fin 2009, 7 JEI sur 10 sont encore en activité. Parmi elles, 7 % ont été rachetées, 3 % sont en difficulté (redressement, plan de continuation). "Mais sur les 4 600 en vie, seule une dizaine ont atteint la taille d’une ETI", observe Laurence Tassonne, responsable des études à Oséo, qui a réalisé l’enquête. C’est peu. Et l’étude qualitative, qui s’est concentrée sur les deux premières années de la création d’entreprise, ne fournit pas d’explication sur la faible croissance des JEI.

Juste quelques indices, via les 5 catégories de JEI que l’enquête a permis de dresser : les rachetées (4 %), les non développées (5 %), les autocentrées (41 %), les intermédiaires (12 %) et les extraverties (38 %). Mais, même ces dernières, qui ont le profil idéal pour se développer, restent modestes en taille. Si elles ont toutes gardé une activité de R&D interne, développé des partenariats multiples, ouvert leur capital, parti à l’international (80 %), elles n’emploient en moyenne que 10 salariés (contre 4 pour les autocentrées) et réalisent un chiffre d’affaires moyen de 580 000 euros (contre 390 000 pour les autocentrés). C’est peu.

Une affaire de réseau

Forcément, on s’interroge sur ce qui freine leur croissance. Contrairement aux idées reçues, le financement n’est le principal frein. "Les entrepreneurs peinent aussi à déterminer le besoin des clients et à recruter. L’accès et la fidélisation aux compétences apparaissent comme primordiales", résume Annie Geay. Finalement, pour ces entrepreneurs (à 90 % des hommes d’une quarantaine d’années ayant déjà 10 à 15 ans d’expérience en entreprise derrière eux), les leviers du succès sont triples : maintenir une activité de R&D, assurer la cohésion de l’équipe initiale et entretenir son réseau. C’est le grand enseignement de cette étude. La clé du succès tient dans l’orchestration du relationnel. Une compétence difficile à acquérir.

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