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L'Usine de l'Energie

Sébastien Lecornu lance le groupe de travail solaire… qui devrait regarder comment Orano valorise ses vieilles mines

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le , mis à jour le 17/04/2018 À 11H25

Après l’éolien et la méthanisation, Sebastien Lecornu, Secrétaire d'Etat auprés du Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, lance le 18 avril un groupe de travail pour libérer la filière solaire. Une de ses missions sera de trouver le foncier disponible. Dans ce domaine, il devrait bien s’inspirer de la méthode d’Orano pour valoriser ses vielles mines. Plutôt que de répondre à chaque sollicitation d’opérateurs, Orano (l’ex-Areva) a lancé un appel d’offres pour reconvertir cinq de ses sites avec des ENR.

Sébastien Lecornu lance le groupe de travail solaire… qui devrait regarder comment Orano valorise ses vieilles mines
Les mines sont revalorisées grâce au solaire. Ici la centrale photovoltaïque de Tréviolsà Lodève.

La France veut disposer de 20 GW de solaire en 2023. Or, fin septembre 2017, seuls 7,7 GW de solaire photovoltaïque étaient installés sur le territoire. En cause, notamment, la difficulté de trouver des surfaces disponibles. Les opérateurs en cherchent en permanence. Les friches industrielles sont une bonne option. Les anciennes mines aussi. Celles d’uranium d’Orano Mining (ex-Areva), exploitées de 1948 à 2001, sont très convoitées. "Nos anciens sites miniers intéressent beaucoup car la valorisation de sites dégradés apporte un bonus dans les appels d’offres", observe Victoire Luquet de Saint-Germain, la responsable du programme après-mines d’Orano.

Depuis 2014, trois anciennes mines d’uranium sont déjà valorisées avec du solaire. Sur le site La Commanderie, en Vendée, Photosol exploite un parc photovoltaïque de 11 hectares d’une puissance de 3,7 MW. Sur celui de Le Bosc, dans l’Hérault, La Compagnie du Soleil gère une ferme solaire de 9 MW sur 21 hectares. Et en Loire-Atlantique, le site de l’Ecarpière, à Gétigné, accueille un champ solaire de 4 MW sur 12 hectares, opéré par PV Ecarpière. L’opérateur Neoen y construit aussi sur le stock de résidus miniers un parc de 24 hectares d’une puissance de 14,4 MW, qui sera mis en service en 2021. Hormis en Vendée, où le terrain a été vendu, les sites sont loués avec des baux de 20 à 30 ans. "Mais Neoen voulait étendre son partenariat à d’autres sites non classés, explique la responsable du projet après-mines. On a passé un accord avec eux pour qu’ils puissent travailler sur la sélection de nos installations classées, pour identifier les sites les plus intéressants. Quatre d’entre eux ont été retenus."

Identifier les sites éligibles

Plutôt que de continuer à répondre au coup par coup aux sollicitations des opérateurs, Orano a décidé d’industrialiser la démarche. En commençant par identifier les autres sites éligibles. Car sur les 236 anciennes mines d’uranium, qui représente en tout un foncier de 4 000 hectares répartis en France, tous les sites ne sont pas valorisables de la même manière. Des industriels ont pu s’installer dans d’anciens locaux convertis à d’autres activités. "Certains sites de stockage sont classés pour la protection de l’environnement et on ne peut y installer d’activité industrielle", explique la responsable du projet après-mines. Certains des sites miniers se limitent à une galerie souterraine, dont la surface peut être utilisée pour l’agriculture. Une partie d’entre eux est en gestion forestière et d’autres ont déjà été convertis en centre de pêche ou de loisirs. En revanche, les stockages de résidus miniers, où il n’y a pas d’activité touristique ou industrielle, sont compatibles avec les projets de type photovoltaïque. Courant 2018, Orano Mining a lancé un appel d’offres général sur cinq autres sites auprès de dix porteurs de projets. La sélection est en cours. Ils pourraient permettre d’installer une capacité totale de 45 MW qui viendront s’ajouter aux 41 MW (l’équivalent de la consommation électrique de 18 000 foyers) des quatre premiers parcs installés ou en cours d’installation.

Orano ne se contente pas de louer les terrains. L’équipe de trois personnes du projet après-mines, sur les vingt-cinq chargées de la gestion des anciens sites miniers soutient les porteurs de projets dans la phase d’instruction pour obtenir les autorisations. En moyenne, deux à quatre ans sont nécessaires. Reste que ces reconversions ne permettent pas d’équilibrer les coûts de gestion des anciens sites, mais "juste d’alléger un peu la charge". Pour l’instant, Orano n’a pas d’autres projets. « On a commencé à être approchés pour le photovoltaïque flottant et cela mérite de travailler davantage sur l’impact de l’environnement. Beaucoup d’oiseaux viennent sur nos sites, observe la responsable de la valorisation de mines d’Orano. Une valorisation qui pourrait sortir des frontières. "Il y a des réflexions en cours au Niger et au Kazakhstan sur des sites en activité, explique Victoire Luquet de Saint-Germain. La valorisation énergétique est une démarche du groupe. C’est nous qui avons le plus de surfaces éligibles." 

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