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Orange veut doubler la taille de son activité dans le cloud d’ici 2022

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Acquisitions, partenariats, recrutement… Orange met les bouchées doubles pour accélérer le développement de son activité dans le cloud computing, notamment à l'international. Avec l’ambition d’en doubler la taille en croissance organique d’ici 2022.

Orange veut doubler la taille de son activité dans le cloud d’ici 2022
A l'intérieur de l'un des datacenters d'Orange Cloud for Business
© Orange

Orange met le turbo dans le cloud computing. "Au premier semestre 2018, notre activité dans ce domaine affiche une croissance de 18%, supérieure à celle du marché, confie Stefan Kanis, directeur général d’Orange Cloud for Business, l’activité de l’opérateur télécoms historique dans l’informatique à la demande. Nous voulons accélérer et passer, en croissance organique, à 25% par an, de façon à doubler de taille d’ici 2022."

Créée en 2013, Orange Cloud for Business représente aujourd’hui 2 200 personnes, dont 1 500 en France. Stefan Kanis reste discret sur le chiffre d’affaires. "Nous sommes numéro un en France et numéro cinq en Europe, se contente-t-il de revendiquer. Dans les services managés de cloud, nous nous sommes hissés dans le Top 5 européen aux cotés de IBM, Atos, Capgemini et T-Systems." L'opérateur revendique 3 000 clients dont LVMH, EDF, le CHU de Montepellier et Kerlink.

 

Partenariats avec Microsoft et Amazon

Selon les données communiquées à L’Usine Nouvelle par le cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), cette activité représente un peu moins de 400 millions d’euros en 2017, ce qui fait d’Orange le numéro deux français du cloud computing, derrière Atos mais devant Capgemini, OVH et Sopra Steria. "Nous réalisons environ 50% de notre chiffre d’affaires en France, 40% ailleurs en Europe et 10% dans le reste du monde, détaille Stefan Kanis. Nous voyons des opportunités pour nous développer en dehors de la France et dépasser les 50% de chiffre d’affaires à l’international en 2022."

Orange revendique un positionnement différent des fournisseurs de cloud d'infrastructure comme Amazon Web Services, Microsoft ou Google. "Nous combinons la culture de transport de données en tant qu’opérateur télécoms et celle dans le numérique en tant qu’entreprise de services du numérique, la troisième en France, affirme Helmut Reisinger, directeur général d’Orange Business Services, l’activité dédiée aux entreprises. Dans le contexte de la révolution de la donnée, cette double compétence est primordiale. Nous proposons aux entreprises de prendre en charge tout le cycle des données, depuis la collecte jusqu’à leur sécurisation, en passant par leur stockage et leur analyse. "

L’heure n’est pas à une confrontation frontale avec les géants du cloud d’infrastructure – Amazon Web Services, Microsoft, IBM, Google ou Alibaba – mais à un positionnement sur les services pour aider les entreprises à migrer, exploiter et gérer leurs applications dans des environnements de cloud privé, public ou hybride. "Bien sûr, nous avons nos propres offres de cloud public comme Flexible Engine et Cloudwatt, explique Stefan Kanis. Mais nous restons agnostiques en termes d’infrastructures. Nous laissons aux clients la liberté de faire appel à d’autres cloud du marché. Aujourd’hui, 81% des grandes entreprises utilisent en moyenne cinq cloud différents, et demain ce sera 100%. Ce sont ces environnements multicloud que nous proposons de construire et gérer." C’est pourquoi un partenariat stratégique a été noué avec Microsoft en juin 2018 et un accord similaire est annoncé le 18 septembre 2018 avec Amazon Web Services, le leader mondial du cloud d’infrastructure.

 

60 datacenters dans le monde

Autre partenariat : la Cloud Alliance formée avec notamment Telefonica, T-Systems, NTT et Huawei. "Nous pouvons ainsi accompagner les entreprises françaises et européennes dans leur développement en Chine, Asie-Pacifique et ailleurs en nous appuyant sur nos partenaires de l'alliance, affirme Stefan Kanis. Et inversement, ils peuvent faire pareil pour leurs entreprises chinoises et asiatiques en France et en Europe en s’appuyant sur nous."

"Cette alliance s’appuie sur la plateforme OpenStack poussée par Huawei, note Mathieu Poujol, consultant chez PAC. Cette plateforme est en train de devenir un standard mondial dans le cloud car elle est plus facile à sécuriser que les boîtes noires d’Amazon Web Services et de Microsoft. Grâce à cette alliance, Orange accède notamment au cloud de NTT, l’entreprise qui dispose de la plateforme OpenStack la plus performante au monde en dehors du CERN à Genève. »

Orange revendique une infrastructure de 60 datacenters dans le monde, dont une dizaine en France. Les deux derniers ont été ouverts à Atlanta, aux Etats-Unis, et à Amsterdam, aux Pays-Bas. "Mais nous ne sommes pas dans une logique d’investissement massif, précise Stefan Kanis. Car nous nous appuyons pour l’essentiel sur l’infrastructure interne du groupe."

 

Plan d'embauche de 300 experts d'ici fin 2018

Pour accélérer son développement à l’international, Orange a racheté en août 2018 Basefarm, une société britanniques de services  autour du cloud, pour 350 millions d’euros. Une acquisition qui représente un renfort de 500 personnes, dont 100 experts dans les environnements cloud de Microsoft et Amazon Web Services, un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros et huit datacenters.

A l’international, Orange fait de son identité européenne un atout. "Notre expérience avec le RGPD rassure les clients étrangers, se vante Helmut Reisinger. Nous sommes convaincus que le RGPD va devenir un standard mondial. Ceci explique notre succès en Russie, où nous sommes le seul acteur étranger à disposer d’une licence complète d’exploitation." "Orange est très fort dans les pays en développement, en Afrique mais aussi en Russie où il opère ses services cloud comme un fournisseur russe", confirme Mathieu Poujol.

Pour accompagner son développement, Orange continue à étoffer ses équipes, avec au programme l’embauche de 300 experts du cloud d’ici à la fin de l’année. Compte tenu des investissements, Orange Cloud for Business reste déficitaire. Stefan Kanis espère l’amener à la rentabilité en 2020.

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