Orange vent debout contre le rapport de l'Arcep sur la fibre optique

Dans son dernier rapport sur la fibre optique publié le 9 janvier, l’Arcep, souhaite durcir la régulation du marché du déploiement de la fibre optique au détriment d’Orange. Vive levée de bouclier chez l’opérateur.

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Orange vent debout contre le rapport de l'Arcep sur la fibre optique

Depuis lundi 9 janvier rien ne va plus entre l’opérateur Orange et l’Arcep régulateur du secteur des télécoms. En cause la publication par le second d’un rapport relatif à "ses orientations pour inciter tous les acteurs à investir dans la fibre." L’arbitre du secteur y étrille l’opérateur et souhaite durcir la régulation du déploiement de la fibre optique afin de prévenir toute possibilité d’abus de position dominante de sa part. Les réactions n’ont pas tardé chez Orange tant du côté de la direction que des syndicats. Sébastien Soriano, président de l’Arcep, tente à présent d’apaiser la situation.

L’Arcep amorce le détonateur

"On ne peut pas se permettre qu’un opérateur décide pour l’ensemble du secteur", c’est pourtant par ses mots que le dirigeant du gendarme des télécoms a ouvert le feu. Non content de l’effet du rapport, Sébastien Soriano a accordé une interview dans le numéro du journal Les Echos daté du 10 janvier. L’Arcep reproche à Orange de ralentir la concurrence, et donc le déploiement du très haut débit, tant sur le marchés grand public qu’entreprise.

Côté grand public, l’Arcep souhaite empêcher Orange de reconstituer, sur la fibre optique, le monopole dont il disposait sur le marché des connections cuivres (bas débit et ADSL). Dans les zones très denses, le régulateur souhaite que l’opérateur facilite l’accès, pour ses concurrents, à ses équipements déployés dans les immeubles résidentiels. Sur le reste du territoire, l’Arcep souhaite pousser Orange à basculer ses clients ADSL vers la fibre optique sur les réseaux qu’il n’opère pas.

Côté entreprise, l’Arcep reproche à Orange de cadenasser le marché en ne l’adressant qu’avec des offres d’entrée de gamme, calquées sur les offres grand public, ou très haut de gamme de déploiement d’infrastructures sur mesure. Le régulateur demande à l’opérateur historique de mettre à disposition, sur le marché de gros, des offres adaptées aux besoins des segments intermédiaires.

Orange contre-attaque

L'opérateur riposte par des tirs de barrage. "On ne peut pas envisager sérieusement d’être régulé sur la fibre au moment où Bruxelles invite à moins la réguler pour pousser le déploiement du FTTH (Fiber To The Home – Technologie de raccordement de la fibre jusqu’à l’utilisateur final)", répond le lendemain Pierre Louette, directeur délégué d’Orange dans les colonnes du quotidien économique. Sur l’argument du monopole, Sébastien Crozier, Président CFE-CGC de l’opérateur rappelle, dans un communiqué de presse, qu’Orange n’est plus un opérateur public et donc ne dispose plus, de fait, d’un monopole. D’après lui "le choix d’imposer à Orange des obligations nouvelles sur ses investissements sur la fibre conduira à une augmentation de la pression des actionnaires majoritaires (l’Etat n’a que 22% et les salariés 5%) pour qu’Orange arrête d’investir sur la fibre en France et privilégie d’autres pays où la rentabilité est meilleure, comme l’Espagne…"

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