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Oracle / Sun : Un rapprochement qui change la donne

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S'il n'est pas le premier rachat d'envergure d'Oracle, celui de Sun - annoncé hier - soulève moult interrogations chez les analystes. Augure-t-il une vague de rapprochements entre éditeurs et constructeurs ? Quid de l'impact de la stratégie du « tout inté

Oracle / Sun : Un rapprochement qui change la donne

Pour les analystes, le rachat de Sun par Oracle n'est pas une surprise. « Cela ne nous a pas étonné tant que cela puisque tout le monde savait que Sun était à vendre et il y a plus de synergies entre Sun et Oracle qu'il n'y en avait entre Sun et IBM », constate Philip Dawson, vice-président de Gartner Research. Mathieu Poujol, consultant senior chez PAC (Pierre Audoin Consultants), n'est pas plus étonné. « Si vous regardez la liste des prétendants, il y en a un qui culturellement ne pouvait pas le faire [l'éditeur allemand SAP, peu enclin aux gros rachats malgré son acquisition de Business Objects début 2008]. Quant à HP et IBM, les deux auraient probablement eu maille à partir avec les autorités anti-trusts », remarque-t-il tout en reconnaissant que « l'entrée d'Oracle sur le marché du hardware a quelque chose de très surprenant. »

« Ceux qui ont du cash vont bouger »

En cette période de crise, le rachat serait aussi le signe que l'on « revient au temps des méga-acquisitions, comme en témoigne les grands rapprochements dans d'autres secteurs comme la pharmacie », poursuit Mathieu Poujol. De là à y voir le début d'une chasse aux « bonnes affaires », il n'y a qu'un pas que franchit allègrement Pierre Marty, associé de PricewaterhouseCoopers, responsable du secteur des logiciels en Europe. « C'est la première transaction significative dans le secteur depuis un certain temps et c'est un signe encourageant, estime-t-il. La valorisation des sociétés a fortement baissé et il est clair que ceux qui ont du cash vont bouger. On attend tous le retour des transactions. »

Systèmes complets

En ce qui concerne les motivations technologiques d'Oracle, pas de doute selon Philip Dawson, « ce rachat marque l'entrée d'Oracle sur le marché des systèmes intégrés, packagés, et revient pour Oracle à étendre son portefeuille applicatif avec notamment Solaris [système d'exploitation pour serveur] et Java [un environnement de programmation]. » Et le rachat pourrait avoir bien d'autres conséquences encore. « Sun est allé assez loin dans tout ce qui a trait au cloud computing et aux services en ligne, fait remarquer Mathieu Poujol. Il a été le premier à pousser l'idée du 'Network as a computer' et pourrait offrir à Oracle ce qui lui fait défaut par rapport à un acteur comme Salesforce notamment. » Quant à la base de données open source MySQL (détenue par Sun), c'est « la cerise sur le gâteau » d'après lui. Pourquoi ? « Les bases de données sont de fait une vache à lait pour Oracle. En intégrant la base open source MySQL, l'éditeur va avoir le contrôle sur une bonne partie de sa communauté. On ne sait pas encore ce qu'il va en faire mais peut être qu'il va l'utiliser pour concurrencer la base SQL Server de Microsoft. » Qu'il s'agisse de MySQL ou de la suite bureautique open source OpenOffice (elle aussi soutenue par Sun), Oracle peut aussi, toujours d'après Mathieu Poujol, « compter sur sa très bonne capacité commerciale pour réussir là où Sun n'a pas obtenu de très bons résultats. »

Equipements

Reste plusieurs zones d'ombres persistantes en ce qui concernent les équipements. « Je pense qu'Oracle sera très intéressé par les serveurs X86 et les serveurs lames et qu'il développera des boîtiers intégrés. Il ne faut pas oublier qu'en fin de compte ce qui les intéresse c'est de vendre plus de logiciels », estime Philip Dawson. « Les entreprises ont intérêt à rester attentives au devenir de certains lignes de produits, par exemple les processeurs Sparc », ajoute-t-il. « Et à obtenir des garanties de la part d'Oracle quant à ces équipements. »

Une autre inconnue subsiste : la réaction des concurrents d'Oracle. « Certains éditeurs comme SAP risquent de se sentir bien seuls », s'étonne Philip Dawson. « Je ne serais pas surpris personnellement si HP rachetait SAP », escompte-t-il déjà. Moins va-t-en guerre, Mathieu Poujol s'attend lui à « un renforcement des alliances entre IBM et SAP, mais aussi entre Microsoft et HP. » Ce dernier - partenaire d'Oracle jusqu'ici - étant considéré comme « le grand perdant de toute l'histoire. » Enfin, à peine le rachat de Sun annoncé, certains font déjà des plans sur de prochaines emplettes, dans les services en particulier. « Il y a un gros morceau sur lequel ni Sun ni Oracle ne sont vraiment présents, c'est celui des services. Et je suis convaincu qu'Oracle va avoir besoin de se pencher très prochainement sur l'aspect services professionnels et pas juste la maintenance », conclut Philip Dawson.

Christophe Dutheil

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