Electronique

Oracle, SAP et Microsoft affûtent leurs ERP

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Le marché du PGI s’est largement consolidé au cours de ces cinq dernières années. Toutefois, l’irruption du Saas et l’hyperspécialisation obligent les trois géants du secteur à s’adapter. Parfois difficilement.

Oracle, SAP et Microsoft affûtent leurs ERP © D.R.

Comment le marché de l’ERP (enterprise ressource planning ou progiciel de gestion intégré) évolue-t-il ? Pour Dominique Dupuis, directrice de la recherche au CXP, le domaine peut être radioscopé sur deux plans : l’évolution des éditeurs d’abord, et celle des solutions qu’ils proposent. « La stratégie des éditeurs les plus en vue comme SAP, Oracle, Microsoft, Infor ou Lawson a suivi des trajectoires différentes », remarque l’analyste du CXP. « Certains comme SAP sont partis d’une solution maison, tandis que les autres ont racheté et intégrés des offres existantes sur le marché. » Le cas d’Infor est à ce titre, révélateur : l’éditeur a construit son offre en rachetant de nombreux ERP comme Mapics, Baan et même, Datastream, le numéro un mondial de la GMAO (gestion de la maintenance assistée par ordinateur).

Même démarche pour Lawson qui a racheté l’éditeur suédois Intentia. «Remarquons que ces dernières années, les éditeurs importants on racheté un bon nombre de sociétés pour rajouter à leur outil des domaines fonctionnels qui leur manquaient », ajoute Dominique Dupuis. Oracle par exemple, mène une véritable offensive pour enrichir son offre fonctionnelle. L’éditeur américain a racheté PeopleSoft et à travers lui, J.D.Edwards, le premier étant spécialisé dans la gestion des ressources humaines, tandis que le second couvre la gestion de production. Il a aussi repris dans son escarcelle Retek, un éditeur spécialisé dans les applications pour la distribution ainsi que Agile Software, un spécialiste du PLM (gestion du cycle de vie des produits). SAP de son côté, a racheté Business Objects, le spécialiste du décisionnel, qui représente aujourd’hui près de 50% de son chiffre d’affaires. Et la liste est loin d’être finie…

L’offre évolue également. « Les éditeurs développent toujours la verticalisation de leurs outils pour atteindre les derniers km chez les utilisateurs », note l’analyste du CXP. On constate que les éditeurs plus petits ont la côte auprès des utilisateurs : Qualiac par exemple, ou Clip avec son logiciel Clipper très présent dans l’industrie mécanique. « Les niches d’application sont très convoitées. SAP, Oracle ou Microsoft  s’y attèlent via des intégrateurs», poursuit Dominique Dupuis. Prodware par exemple, qui distribue des logiciels de Divalto, Sage et Microsoft. »

Saas, la grande marche à reculons des géants

Autre développement en marche : le Saas (Software as a Service) ou l’offre hébergée. « Ce domaine est surtout couvert par des éditeurs plus jeunes », constate l’analyste. « On peut comprendre que les « vieux » éditeurs vont dans cette directions mais plutôt à… reculons. Cette démarche change complètement leur business modèle et ils préfèrent renforcer des activités comme le service ou la maintenance. Pour les utilisateurs, c’est une autre paire de manches, car cette offre répond à leurs exigences de maîtrise des coûts d’une application ERP. Quoi qu’il en soit, le SaaS représente un changement culturel important pour les éditeurs. Et que la mise en place d’une telle démarche est plus compliquée que l’on croit. » On voit cependant apparaitre depuis trois ans sur le marché des applications ERP en mode Saas comme celle proposée par l'éditeur français Generix. Destiné aux PME de 50 à 500 salariés évoluant dans le secteur de la distribution spécialisée, ce progiciel de gestion est disponible dans une version hébergée, accessible à distance à partir d'un navigateur Web pour le prix d'une location mensuelle, tarifée par utilisateur. Issue de la solution Generix Collaborative Entreprise, l’offre de Generix a été élaborée en partenariat avec l'hébergeur Aspaway et IBM, dans le cadre du programme Alliances Services d'IBM.

« En tout cas, les éditeurs importants comme SAP ou Oracle continuent leur réflexion sur cette nouvelle démarche, tout en essayant de protéger leur position actuelle », conclut Dominique Dupuis. « En fait, on aimerait savoir ce qu’ils prévoient pour le coup d’après… »

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