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Opticsvalley à l'initiative d'un "cluster" à la française

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La filière optique-photonique francilienne, fédérée au sein de l'association Opticsvalley, multiplie les collaborations et élargit le champ de ses applications pour se positionner au mieux sur la scène internationale.

Dans les mois à venir, l'association Opticsvalley verra la mise en place du plus grand ensemble européen de recherche industrielle dans le domaine des semi-conducteurs III-V (des matériaux qui ressemblent au silicium, mais sont davantage adaptés aux applications d'optique). Thales et Alcatel ont, en effet, annoncé cet été la création d'un laboratoire commun de recherche, via un GIE (groupement d'intérêt économique), dédié aux composants microélectroniques et optroniques.

Ce laboratoire, baptisé « Alcatel-Thales III-V » sera bi-localisé sur les sites de Marcoussis et de Palaiseau, dans l'Essonne. Il comptera à terme une centaine de chercheurs, qui travailleront sur une dizaine de programmes stratégiques de R & D dans l'optoélectronique III-V. « Opticsvalley nous a permis de renforcer nos liens dans le temps avec Thales. Ce GIE est donc une suite logique de ce qui avait déjà été engagé auparavant avec les projets bilatéraux », explique Jean-Luc Beylat, directeur des solutions réseaux de la branche optique chez Alcatel.

Prisme, première plate-forme technologique commune

De cette collaboration, devraient sortir des applications dans les domaines des télécommunications, de la défense (radars...), de la sécurité et du spatial, mais aussi des licences et des essaimages de technologies. La pépinière d'entreprises mise en place par Opticsvalley devrait y jouer son rôle.

Rassemblant la grande majorité des acteurs de la filière optique en Ile-de-France, Opticsvalley ambitionne ainsi de devenir l'un des principaux clusters dans son domaine en Europe et dans le monde, à l'instar de ce qui existe à Berlin (Allemagne), Glasgow (Royaume-Uni), Boston (Etats-Unis), Singapour ou encore Shanghai (Chine). « La région est déjà connue à l'international pour ses écoles et ses universités dans le secteur de l'optique. Il était donc nécessaire de développer un tel pôle de compétences, compte tenu de la multiplicité des acteurs sur son territoire », souligne Stéphane Teral, consultant spécialisé dans l'optique et les télécoms chez RHK à San Francisco.

Pour y parvenir, la filière s'organise autour de cinq programmes, dont la veille technologique, l'intelligence économique et techno- logique, l'aide à la recherche et le transfert de technologies. « Il faut travailler sur le mariage entre les technologies résultant de la recherche fondamentale et les différents secteurs d'applications industrielles, précise Maurice Klein, directeur général d'Opticsvalley, en vue de faire naître des partenariats sur l'exemple du GIE Alcatel/Thales. »

L'association, qui s'est dotée d'une équipe opérationnelle de vingt personnes depuis le début de 2002, participe également à l'émergence de plateaux technologiques communs, comme récemment la « Plate-forme régionale Ile-de-France Sud de mesures et d'expertises » (Prisme), dans la métrologie. Son objectif : ouvrir au monde industriel, notamment aux PMI, l'accès à de gros équipements comme des lasers, permettant d'effectuer des mesures et des expertises. Prisme regroupe ainsi six partenaires de taille (Institut d'Optique, Laboratoire national d'essais, lycée Fresnel, Supélec, Thales et Université Paris-Sud 11), soit 50 ingénieurs et une offre de plus de 180 prestations.

Un soutien aux PME et aux créateurs d'entreprises

Plus pratique, pour faciliter la circulation de l'information, Opticsvalley recense, au niveau francilien et international, les avancées technologiques des entreprises et des laboratoires du secteur. « C'est une base de données importante pour des PME comme la nôtre. Elle nous sert de vivier pour réfléchir sur des métiers connexes et de nouveaux marchés », remarque Philippe Aubourg, directeur commercial de Quantel, numéro 1 mondial dans les lasers à solides (39,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003, 210 salariés).

Opticsvalley tisse également des relations à l'international pour faciliter le développement à l'export de ces membres, via des partenariats mis en place avec le Massachusetts Institute of Technologies (MIT) par exemple ; et l'organisation de missions économiques. A Shanghai, dernière opération en date, la société Imagine Optique, spécialisée dans la métrologie optique et le contrôle de front d'ondes, a ainsi trouvé un distributeur pour vendre ses produits en Chine.

Enfin, la dynamique de l'association réside dans sa capacité à détecter et à accompagner des projets de créations d'entreprises innovantes. En 2004, huit sociétés ont été labellisées : Nanoraptor, DlightSys, Color Dimensions, Genoptics, Ekinops, Aevix, Imagine Eyes et Force A. Surtout, par leur mise en relation avec des investisseurs grâce à Opticsvalley, elles ont pu lever plus de 10 millions d'euros de finan-cement, dont la majorité provenant de fonds privés. Pour soutenir cette action, un hôtel d'entreprises et une pépinière seront inaugurés le 26 novembre prochain à Marcoussis, à proximité du centre Alcatel.

Suite à la crise mondiale des télécommunications en 2000, Opticsvalley veille à élargir le champ des applications de l'optique. Actuellement, quatre secteurs représentent à eux seuls 85 % des emplois de la filière francilienne : la santé et les sciences de la vie, les technologies de l'information et de la communication (TIC), l'aéronautique, le spatial et la défense, et les marchés de la production. Ainsi, après quelques années, des applications émergent dans les secteurs des transports et de la biophotonique.

Des axes de développement en perspective

Dans l'automobile, le système Advanced Frontlighting System (AFS), qui permet d'adapter l'orientation du faisceau d'éclairage en fonction des virages, des conditions routières et de la topographie, est l'une des applications de la technologie de « l'éclairage adap- tatif », finalisée fin 2002. S'y ajou-tent les systèmes optiques de vision de nuit et/ou par conditions difficiles ; la métrologie optique appliquée à l'assemblage et au positionnement des pièces ou, encore, les solutions optiques pour le prototypage virtuel (prise et restitution d'images). Un colloque sera organisé à Paris sur ces sujets le 20 octobre prochain.

Concernant la biophotonique, c'est-à-dire l'application de l'optique-photonique à la biologie et aux sciences de la vie plus globalement, trois grands axes se dégagent. Le premier touche les aspects thérapeutiques avec la conception des techniques et des instruments permettant d'exploiter les effets de la lumière sur les cellules et les tissus par des procédés photochimiques, photothermiques et photomécaniques (chirurgie au laser par exemple).

Le second concerne « les techniques de diagnostic », qui utilisent les variations de certaines propriétés mesurables de la lumière pour sonder la structure et la fonction des tissus (absorption, excitation par fluorescence et diffusion). Ces procédés permettent de détecter précocement certaines maladies, d'observer les fonctions tissulaires et l'orientation des traitements, et ont pour avantage de ne pas être invasifs. Le dernier axe est l'analyse et la mise au point de nouvelles classes de microscopes opti-ques. Des avancées qui peuvent être appliquées dans des domaines aussi divers que le biomédical, la cosmétologie, l'agroalimentaire, l'agronomie ou encore l'environnement.

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