Opportunités à saisir en Europe de l'Est

Pour diriger leurs investissements en Europe de l'Est, la majorité des industriels privilégient encore les expatriés. Mais la donne devrait rapidement évoluer au profit des locaux dont les salaires restent bas.

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L'Europe de l'Est, terre de conquête pour les directeurs d'usine français ? Sans aucun doute. Car s'ils ont multiplié, ces dernières années, les investissements dans cette zone, la majorité des industriels font, en effet, preuve de prudence en termes de management. Et préfèrent envoyer des expatriés pour diriger leurs sites de taille importante situés en Pologne, en Roumanie ou en Slové-nie. « Les groupes qui s'installent dans les pays de l'Est ne souhaitent pas prendre le risque de mettre un cadre local à la tête de l'usine, au moins les premières années », confirme Arnaud de Thoré, le responsable industrie du cabinet de recrutement Hudson.

Principales missions de ces directeurs d'usine, déjà formés à la culture de l'entreprise : la diffusion des bonnes pratiques et l'instauration des standards en vigueur dans les sites d'Europe de l'Ouest, surtout quand le transfert de technologie est important. Pour faciliter la transmission des savoirs,

La méthode de l'enquête

> Hewitt a interrogé des directeurs d'usine de grands groupes et de PME (entreprises locales et filiales d'entreprises à l'étranger) dans six pays: France, Allemagne, Espagne, Pologne, Slovaquie, Slovénie.
quelques sociétés coupent la poire en deux, en chassant des candidats de nationalité française mais ayant une expérience professionnelle solide dans le pays en question. C'est la solution retenue par la PME française Nief Plastic, spécialisée dans la transformation par injection des thermoplastiques et propriétaire de deux sites en Hongrie et en Slovaquie. Elle a choisi pour diriger son implantation hongroise, un ingénieur français de 35 ans, diplômé des Arts et métiers, résidant en Hongrie depuis plusieurs années. Débusqué dans une multinationale, il dirige, avec six managers venus de France, une équipe de 300 personnes. Seules quelques rares entreprises recrutent des directeurs d'usine « locaux ». Mais, là encore, avec des garde-fous : très souvent, le responsable du site est alors assisté d'une petite équipe d'expatriés qui assurent le contrôle de gestion et la supervision technique globale.

Un vivier de cadres qui a de multiples avantages

Pourtant, la donne devrait rapidement changer. « Les délocalisations sont un phénomène récent. Il faut le temps que les choses se mettent en place. Je pense qu'à terme, les entreprises finiront par faire confiance aux cadres des pays de l'Est », expose Jean-Benoît Andrieu, le directeur général d'Optioncarrière, moteur de recherche d'emplois. Il y a, en effet, fort à parier que les employeurs ne se priveront pas du vivier de cadres qu'offre l'Europe de l'Est. D'autant que les avantages sont multiples. A commencer par les salaires, réduits par rapport à ceux des expatriés. Comme l'indique l'enquête exclusive Hewitt pour « L'Usine Nouvelle » (lire ci-dessous), un directeur d'usine en Pologne gagne, en moyenne, 3 600 euros bruts par mois. En Slovaquie, 3 100 euros. Pour les mêmes responsabilités, la moyenne est de 8 700 euros en France et de 8 800 euros en Allemagne.


C.C.

Abzac parie sur les profils locaux

En matière de recrutement pour ses sites à l'étranger, la politique de Georges Jacob, le directeur international d'Abzac, est claire. Le fabricant de tubes et de fûts en carton, qui compte 700 salariés et possède trois usines en Europe de l'Est (République tchèque, Pologne, Roumanie), ne choisit que des autochtones déjà en poste. Ils ont l'avantage de posséder une bonne connaissance du pays. Pour son site tchèque (43 personnes), la direction a été confiée à un local, même si un Français détaché a pris les rênes de la production au début. En Pologne, c'est un ex-responsable de production de Lafarge qui dirige le site (32 personnes). Le directeur de l'usine roumaine (15 personnes) est lui aussi du pays. « Ils ont les mêmes responsabilités que leurs homologues basés en France et ont effectué des formations en gestion et management... souvent à leur demande », souligne Georges Jacob.

Publié la semaine du 25 au 31 octobre 2007

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