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L'Usine Agro

Opération séduction du commerce équitable envers les entreprises

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

La filière du commerce équitable, le label Max Havelaar en tête, veut convaincre petites et grandes entreprises de l’agroalimentaire de suivre les exemples d’un Starbucks, Ben &Jerry’s, voire " C'est qui le patron?"…

Opération séduction du commerce équitable envers les entreprises © Malongo

Discrètement mais sûrement, le commerce équitable grignote des parts de marché en France. L’an dernier, il a même vu ses ventes grimper de 42,8%, pour atteindre 948 millions d’euros, réalisés à 95% dans l’alimentaire. C’est encore peu, certes, rapporté au marché de l’agroalimentaire au chiffre d'affaires de 172 milliards d'euros. Ou même dans le budget de chaque habitant, avec 14,15 euros seulement en moyenne dépensés par an.

Un sondage réalisé en ligne début avril par Opinion Way auprès de 1 051 personnes, "montre bien qu’il y a une adhésion au commerce équitable, mais un écart avec l’acte d’achat", regrette Emilie Sarrazin, présidente du label Max Havelaar, qui représente 80% des produits de commerce équitable importés en France. Ainsi, au moment de mettre les aliments dans le caddy, seuls 35% des Français se demandent qui les a produit, et 26% comment sont rémunérés les producteurs.

Le made in France, désormais un tiers du marché

A l'occasion de la 17e quinzaine du commerce équitable, qui se tient du 13 au 27 mai, la filière appelle donc les entreprises à se mobiliser. Se faire labelliser, c’est garantir à ses petits producteurs ou agriculteurs une juste rémunération basée sur les coûts de production, un engagement commercial d’au moins trois ans, mais aussi s’engager à de la traçabilité, sensibiliser les consommateurs… "En 2014, la loi sur l’économie sociale et solidaire a permis d’ouvrir le commerce équitable aux filières françaises et plus seulement aux pays en développement, d’où un essor des ventes depuis deux ans", se félicite Julie Stoll, déléguée générale de la Plate-Forme pour le Commerce Equitable (PFCE), qui appelle le futur gouvernement à un deuxième plan national en sa faveur.

Avec un millier d’entreprises de production ou transformation mobilisées, le made in France pèse ainsi désormais près d’un tiers de ce marché. Avec notamment des filières agricoles bio et équitables soutenues par Biocoop, ou encore du blé équitable fourni par 600 producteurs et 60 meuniers depuis l’an dernier. L’an prochain, sans doute, la marque "C'est qui le patron?", lancée en 2016 pour soutenir les producteurs laitiers français en pleine crise en fixant un prix défini avec eux et les consommateurs, sera à son tour intégrée dans ce marché.

Nespresso, en route vers le café équitable

Les cafés de la PME Malongo, la rose équitable d’Aquarelle, les glaces de Ben &Jerry’s (qui appartient pourtant au géant de l’agroalimentaire Unilever), un certain type de café chez Starbucks, de nombreuses marques de chocolat voire de cosmétiques"Lorsque les entreprises s’engagent ou que les distributeurs comme Carrefour ou Intermarché font de la place dans leurs rayons pour ces produits, il y a vraiment des effets de leviers", assure Emilie Sarrazin, dont l’organisation s’est focalisée sur le commerce équitable "Nord-Sud" et labellise les produits de 219 entreprises, petites ou grandes. "Nous poussons les grandes à s’engager à développer progressivement une gamme entière, mais également à intégrer l’équitable dans leur politique d’achat interne."

Cela n’empêche pas d’autres acteurs, comme Nespresso du groupe Nestlé, de travailler avec la branche suisse de Max Havelaar pour acheter son café dans les conditions du commerce équitable. Il  assure payer son café 40% plus cher que les prix du marché, mais sans réclamer le label.

 

Que recouvre le marché du commerce équitable ?

Le marché français du commerce équitable comprend deux filières. Une internationale, avec des produits issus des pays en développement, labellisés par WFTO, Max Havelaar France, Ecocert Equitable, SPP, ATES et Biopartenaire. Une « Made in France », avec les produits labellisés Ecocert Solidaire et Biopartenaire, ainsi que les marques « Ensemble, solidaires du producteur au consommateur » de Biocoop, « Paysans d’Ici » d’Ethiquable et Agri-Ethique. Ils sont respectivement vendus à 42% et 3,4% en grande distribution, et très fréquemment dans les réseaux de magasins spécialisés bio. 

 

 

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