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L'Usine de l'Energie

Opération portes ouvertes à Fessenheim

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

L’intrusion de militants de Greenpeace sur le site de Fessenheim laisse planer une nouvelle fois des doutes sur la sécurité des centrales nucléaires françaises. Mais les forces de sécurité considèrent que prendre le risque de blesser un activiste serait encore plus grave.

Opération portes ouvertes à Fessenheim © Getty

Une énième fois, Greenpeace a pénétré sur un site nucléaire français. Ce lundi 19 mars, c’est la très controversée centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) qui a été la cible des militants de l’ONG. En déployant une banderole "Stop Risking Europe", ils dénonçaient pêle-mêle le manque de sécurité des sites nucléaires, l’âge de la plus vieille centrale française et rappelaient à François Hollande sa promesse de la fermer d’ici fin 2016. Ces "lanceurs d’alerte", comme ils se définissent, ont réussi un coup médiatique diablement efficace. Et EDF est apparue dépassée par les événements.

Fin 2011, après une très importante opération de Greenpeace sur plusieurs centrales simultanément, le président d’EDF Henri Proglio sortait pourtant les griffes : "Ces personnes savaient que nous sommes des pacifistes et que les risques physiques étaient limités pour eux. Un plan est déjà prévu qui rendra plus difficile, et plus douloureuses, les agressions de ce type. Nous avons déjà une idée très précises des mesures à prendre". Pourtant depuis deux ans, ce type d’événements s’est répété.

Eviter toute blessure

Ne doutons pas que le PSPG (Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie) formé par le GIGN (groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) a très tôt identifié les "agresseurs" comme des militants de Greenpeace. Dès lors, leur mission a été d’encadrer les militants, sans intervenir frontalement. Le préfet du Haut-Rhin, Vincent Bouvier, le confirme : "Si ces personnes avaient été identifiées comme des terroristes, ça se serait passé autrement. Nous aurions été dans une logique d'ouverture du feu. Les gendarmes sont entraînés et armés pour s'opposer à une attaque terroriste (…) La réponse des gendarmes a été proportionnée et adaptée à la menace."

En réalité, EDF se retrouve face une situation "perdant-perdant". En laissant passer les militants de Greenpeace, l’électricien laisse planer un doute sur sa capacité de sécurité, malgré son budget annuel de 200 millions d’euros. Mais intervenir ferait courir un risque trop important. EDF ne peut pas se permettre de blesser et, pire, de provoquer un accident mortel sur un militant pacifiste. Lorsque les intrus montent sur le toit du bâtiment ou sur un échafaudage, la consigne des services de sécurité est de tout faire pour éviter la chute et de ne pas les effrayer.

Au final, plusieurs questions se posent réellement. Pourquoi ces militants ne sont pas arrêtés en amont du site grâce aux services de renseignement et pourquoi les membres de Greenpeace ne craignent pas d’aller sur un site français. A la suite de la dernière intrusion, le ministre de l’Ecologie du développement durable et de l’énergie, Philippe Martin, a incité EDF à installer des barrières électrifiées autour des sites. Surtout, il a annoncé un durcissement des mesures judicaires. Un dernier point sur lequel EDF insiste depuis longtemps car, pour elle, la menace d’amende ou de peine de prison est la première arme de dissuasion.

Ludovic Dupin

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