Opep : hausse de la production du brut

Réunis à Vienne, les membres du cartel ont décidé de porter les quotas de production des 10 pays membres (hors Irak) à 27,2 millions de barils par jour, contre 25,8 millions actuellement. Mais ce geste n'a pas suffi à rassurer les marchés.

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Opep : hausse de la production du brut
Le geste symbolique de l'Opep d'augmenter sa production de 500 000 barils/jour (b/j) à dater du 1er novembre prochain n'a guère eu d'influence sur les marchés pétroliers. La cotation finale du WTI à New-York le 11 septembre, échéance octobre, est demeurée inchangée par rapport à la veille. Le cours du baril coté au Nymex, 78,23 dollars, demeure proche du record 78,77 dollars établi durant la séance du 1er août. On est loin cependant du record absolu de 101 dollars, corrigé de l'érosion monétaire, établi en 1980. De même, le cours du baril de Brent pour livraison octobre, 76,35 dollars n'était qu'à 3 cents de son plus haut niveau.

Réunis à Vienne, les membres du cartel ont décidé de porter les quotas de production des 10 pays membres (hors Irak) à 27,2 millions de b/j contre 25,8 millions actuellement, la première hausse depuis plus de deux ans. Cette décision a été arrachée par l'Arabie Saoudite, contre l'avis de la majorité des autres membres de l'organisation. L'Iran et le Venezuela, qui peinent à produire à hauteur des quotas qui leurs sont attribués, tablent traditionnellement sur un prix du baril le plus haut possible, n'ayant pas la possibilité d'augmenter leur extraction.

Cette hausse des quotas ne correspond toutefois qu'à une augmentation de l'offre quotidienne réelle de 500 000 barils car les pays de l'Opep dépassaient déjà de 900 000 b/j les quotas alloués. Si théoriquement la hausse des quotas est répartie entre les différents membres, le gros de la production additionnelle devrait dans les faits être assuré par l'Arabie Saoudite.

La réaction des marchés démontre cependant que, en écho aux préoccupations exprimées par l'EIA, pour les intervenants la hausse décidée est loin d'être suffisante. Les Etats-Unis et les autres nations de l'OCDE avaient pourtant tenté d'obtenir une augmentation de la production de brut suffisante pour détendre les marchés pétroliers et entraîner une décrue des cours afin de ne pas perturber une croissance économique déjà fragilisée par les difficultés provoquées par le resserrement du crédit.

« Notre message est que nous sommes inquiets mais ce que nous voyons n'est pas très clair. Nous ne voulons pas ajouter au problème » de la crise financière qui secoue actuellement l'économie mondiale, la plus sévère depuis 5 ans, a expliqué le secrétaire général de l'organisation, Abdullah el-Badri. « Si les prévisions de demande se confirment, la baisse des stocks mondiaux de brut devrait atteindre 100 à 150 millions de barils d'ici à la fin de l'année, même avec une production de l'Opep accrue », met en garde Simon Wardell, analyste chez Global Insight. Toutefois, « si la hausse est plus faible qu'espérée, elle plus importante qu'attendue par les observateurs », notait cependant Lawrence Eagles, responsable des marchés pétroliers pour l'IEA.

La demande américaine ne devrait pas être affectée Alors que la possibilité d'un ralentissement de la croissante économique des Etats-Unis s'amplifie, Kevin Norrish de Barclays Research pose la question des conséquences d'un tel ralentissement sur la demande globale de brut. L'importance et la durée de ce ralentissement seront cruciales pour en déterminer les conséquences. Tablant sur un point bas de la croissance américaine au 2ème semestre 2007 et un rebond en 2008 - thèse des économistes de la banque britannique -, Norrish estime que les répercussions sur la demande de pétrole seront limitées.

Lors des précédents bas de cycle, c'est la demande de fuel domestique qui avait souffert le plus lourdement. La consommation de produits distillés avait également baissé, mais dans des proportions plus modérées. En particulier la demande d'essence s'est montrée particulièrement résiliente depuis 2000 face aux ralentissements économiques. « Avec une composition de la demande de pétrole des Etats-Unis moins dépendante des fuels résiduels, une origine de la faiblesse économique actuelle nettement influencée par la contraction de l'immobilier - secteur peu lié à la demande de pétrole - et des perspectives de la production industrielle plutôt rassurantes, nous pouvons estimer que la consommation américaine de pétrole est bien placée pour demeurer solide face à la faiblesse de l'économie jusqu'à la fin de l'année », conclut Norrish.

Daniel Krajka

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