Onze propositions du secteur pour accélérer le haut débit

PARIS (Reuters) - L'Europe devrait faire preuve de souplesse en matière de réglementation et permettre aux opérateurs télécoms de faire payer les fournisseurs de contenus afin d'accélérer le déploiement du haut débit, plaident des dirigeants de groupes télécoms.

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Onze propositions du secteur pour accélérer le haut débit

Au total, onze recommandations ont été formulées par un groupe de travail piloté par les patrons de Vivendi, Deustche Telekom et Alcatel-Lucent dans le but d'encourager les investissements dans la construction de réseaux internet à grande vitesse, selon un document obtenu par Reuters.

Jean-Bernard Lévy, René Obermann et Ben Verwaayen devaient présenter ces propositions mercredi lors d'une réunion organisée à Bruxelles par Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée de l'agenda numérique.

Les pouvoirs publics s'inquiètent des retards pris dans une grande partie des pays européens dans le déploiement du haut débit, considéré comme crucial pour préserver la compétitivité du continent.

Dans le cadre de son "Agenda numérique 2020", la Commission européenne s'est pourtant fixé des objectifs ambitieux en la matière, à savoir un accès de base au haut débit pour tous les citoyens et toutes les entreprises européennes d'ici 2013.

A l'horizon 2020, la moitié des Européens devraient même avoir accès à une connexion de 100 megabits par seconde, plaide Bruxelles.

Ces objectifs risquent toutefois de ne pas être atteints face à la lenteur des investissements pour l'instant déployés, certains opérateurs n'ayant même pas encore débuté la construction de leur réseau.

Début mars, Neelie Kroes a réuni une quarantaine de dirigeants des télécoms, des équipements et des contenus, dont Apple, Google ou encore Microsoft afin d'évoquer la question.

SEGMENTATION DU TRAFIC

Chargé de mener des consultations pour déboucher sur des propositions concrètes, le groupe de travail piloté par Vivendi, Deutsche Telekom et Alcaltel-Lucent avance aujourd'hui plusieurs pistes dont certaines sont relayées depuis longtemps par les opérateurs télécoms.

Il suggère notamment qu'un cadre soit clairement défini au niveau européen afin que les règles du jeu soient les mêmes pour tout le monde, tout en appelant Bruxelles à faire preuve de souplesse concernant les grosses opérations de fusion-acquisition notamment, la recherche de gains d'échelle étant l'une des tendances lourdes à l'oeuvre dans le secteur.

Le groupe de travail plaide également pour que l'Europe ne fasse pas obstacle à l'émergence de nouveaux modèles économiques basés sur une segmentation plus poussée de l'accès aux réseaux télécoms. Les opérateurs télécoms pourraient ainsi faire payer davantage ceux de leurs clients qui désirent obtenir un meilleur service.

Face à la lourdeur des investissements nécessaires dans les réseaux, plusieurs opérateurs réfléchissent déjà à de nouveaux modèles économiques pour rééquilibrer les pouvoirs face aux nouveaux géants de l'internet, pour certains très gourmands en bande passante.

"L'Europe a besoin d'entreprises saines, désireuses et capables d'investir. Les acteurs qui ajoutent de la valeur devraient être encouragés par des mesures incitatives adaptées", peut-on lire dans le document obtenu par Reuters.

Récemment, le PDG de France Télécom Stéphane Richard a indiqué discuter avec plusieurs acteurs du web, dont Google, de nouvelles collaborations pour développer des usages plus intelligents du réseau.

Cette proposition suscite toutefois des oppositions, certains estimant qu'elle va à l'encontre du principe de neutralité du net, selon lequel tous les flux de données sur internet doivent être traités de manière égale.

Le document ne fait en revanche pas mention de la possibilité de construire de façon conjointe un réseau par région ou par pays qui serait ensuite partagé par les différents opérateurs. Ces derniers se sont montrés plutôt réservés à l'égard de ce scénario qui pourrait leur faire perdre la maîtrise de leur réseau.

Un porte-parole de la commissaire européenne n'a pas souhaité faire de commentaires sur le contenu des propositions, en précisant seulement qu'elles n'étaient pas représentatives de l'ensemble des acteurs du secteur.

La Commission européenne doit publier un communiqué dans la soirée à l'issue de la réunion.

Gwénaelle Barzic avec Leila Abboud et Julien Toyer à Bruxelles, édité par Gilles Guillaume

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