[ONG] Total, plus recruteur que partenaire

Le géant pétrolier Total préfère développer des programmes internes pour traiter les sujets sociétaux et environnementaux, quitte à recruter dans les ONG.

Le géant pétrolier préfère développer des programmes internes pour traiter les sujets sociétaux et environnementaux, quitte à recruter dans les ONG.

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[ONG] Total, plus recruteur que partenaire
Pour les ONG, Total rime plus avec naufrage de l’« Erika » et explosion de l’usine AZF qu’avec développement social et environnemental. Ces traumatismes ont pourtant « donné lieu à des changements radicaux dans la prise en compte de la sécurisation environnementale au sein de la société tout comme chez Total », confie un expert. Un mal pour un bien ? Le pétrolier a en tout cas joué les pionniers en recrutant au sein des ONG des experts rompus au dialogue avec la société civile. Dès 2008, il intégrait un ancien responsable du développement de programmes chez Care, Damien Desjonquères, comme sustainable development senior advisor [conseiller senior au développement durable, ndlr].
Pas question pour autant de contourner complètement les associations. « Nous veillons à ne pas nous substituer aux autorités locales et à nous associer à des ONG dotées d’une expérience de terrain », assure l’entreprise dans son rapport annuel. D’autant que si Total préfère développer des programmes internes pour toutes les causes sensibles (eau, sécurité routière, précarité et mobilité…), il a encore besoin d’elles. En 2015, il confiait une étude d’impact sur les droits de l’homme et les risques de conflit en Bolivie à International Alert, une ONG britannique. Au siège du pétrolier, une personne est dédiée aux relations avec les ONG, mais 400 travaillent dans le domaine sociétal pour l’activité exploration production. L’industriel multiplie aussi les engagements aux programmes de l’ONU. Il s’interdit d’activité dans des sites naturels classés par l’Unesco et dans la banquise arctique. Et signe quelques partenariats, comme avec la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.
Sa stratégie ? Mieux vaut prévenir que (mal) guérir. En amont de ses projets industriels, le groupe finance des études d’impact pour identifier les risques sociétaux. « Cela nous permet de définir les moyens d’éviter ces risques, de les atténuer ou de les compenser, reconnaît Total. Pour nous aider, nous faisons appel au CDA Collaborative Learning Projects, un organisme indépendant à but non lucratif spécialisé dans le domaine du développement économique et social. »
Des efforts de transparence encore insuffisants
Total s’investit aussi auprès des parties prenantes. L’industriel assure « faire preuve d’honnêteté, de transparence et de pédagogie et s’engager publiquement à contribuer aux débats de société sur lesquels nous pouvons apporter des compétences ». Une expérience à acquérir. En 2015, Transparency International attribuait la note de 3,9 sur 10 à Total, le plaçant derrière ses pairs pétroliers ! Et en avril, tout comme Areva, l’industriel se faisait rappeler à l’ordre par trois ONG pour manque de transparence sur ses activités d’extraction. Total, qui s’affiche comme « la major de l’énergie responsable », veut maintenant le montrer.
L’acquisition il y a deux mois de Greenflex, un cabinet qui conseille le CAC 40 en matière d’efficacité énergétique et de stratégies environnementales en prônant l’échange avec les fournisseurs, les ONG et les consommateurs, lui en donne l’occasion. « En tant que pétrolier, nous sommes classés dans le camp des méchants », confiait Patrick Pouyanné, le PDG du groupe, à “L’Usine Nouvelle” en décembre?2016. Mais nous allons faire évoluer notre mix de produits énergétiques afin de baisser graduellement son intensité en CO2 de façon à participer au maintien du réchauffement en dessous de 2 °C. » Il risque néanmoins d’en falloir plus pour cesser d’être l’une des cibles privilégiées de Greenpeace…
Aurélie Barbaux et Gaëlle Fleitour
Aurélie Barbaux Grand reporter Énergie & industrie durable
Aurélie Barbaux

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