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L'Usine Aéro

OneWeb décolle, l’usine de Toulouse reste au sol

Olivier James , , ,

Publié le

L’usine toulousaine d’Airbus Defence and Space transfère son savoir-faire en Floride chez son partenaire américain. L’absence de grands contrats menace sa pérennité.

OneWeb décolle, l’usine de Toulouse reste au sol
A Toulouse, chez Airbus Defence and Space, on espère au plus vite trouver de nouveaux clients.
© DOMINIQUE ESKENAZI

Ses détracteurs en sont pour leur frais. Le projet de méga constellation OneWeb, mené par l’américain Greg Wyler, est bien en train de prendre forme. Alors que son président et fondateur prévoit de lancer les premiers satellites le 19 février prochain via un lanceur Soyouz, Airbus Defence and Space a annoncé mardi 22 janvier avoir livré les six premiers satellites, construits dans son usine de Toulouse, au centre spatial de Kourou. Si la viabilité économique du projet est sujette à caution, sa mise en œuvre industrielle se concrétise.

OneWeb Satellites, la co-entreprise entre Airbus et OneWeb, poursuit son objectif de créer un réseau d’un peu plus de 600 satellites capable de fournir un accès internet à bas coût à l’orée de la prochaine décennie. Mais une question reste en suspens : le savoir-faire unique acquis à Toulouse par Airbus en matière de production en série de satellites, actuellement transféré sur le site américain de OneWeb Satellites en Floride, risque-t-il de disparaître ? Sans grands nouveaux contrats à l’horizon, la menace est à prendre au sérieux.

L'équipe toulousaine prête à en découdre

L’enjeu est colossal : là où le secteur est habitué à la production de satellites sur-mesure, avec pour corollaire une production au compte-goutte, le projet de constellation OneWeb a permis à Airbus de mettre au point une nouvelle façon de concevoir et de produire des satellites. En lieu et place des satellites géostationnaires classiques, OneWeb Satellites va produire des engins de 150 kilos (contre environ 5 tonnes) et de surcroît 100 fois moins cher, aux environs d’un million d’euros, destinés à l’orbite basse. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives commerciales pour le géant européen.

D’un côté, il y a de quoi se réjouir car ce rapprochement permet à Airbus de s’immiscer au cœur du microcosme spatial américain, au Kennedy Space Center, en Floride, tout près de la Nasa. Avec son partenaire OneWeb, ils ouvrent une nouvelle usine qui s’apprête à produire des satellites à la chaîne, selon les méthodes qui auront été définies en France. Une manière pour Airbus de se mettre à la page du new space, cette myriade d’entreprises – Space X en tête – qui remet en cause un secteur spatial jusque-là dominé par quelques mastodontes bien établis.

Mais à Toulouse, l’heure n’est plus aux réjouissances. Dans un bâtiment existant d’Airbus Defence and Space, une équipe d’une centaine de personnes, issues en partie des rangs de l’avionneur, a depuis mi 2017 redéfinit les standards de production du secteur spatial. L’usine de 4600 m², qui a bénéficié du soutien de Bpifrance dans le cadre du Plan d’Investissements d’Avenir (PIA), avait pour mission de fabriquer les dix premiers satellites de la constellation, avant de passer le relais définitif au site basé en Floride.

Pas de grands contrats à l'horizon

"Nous sommes prêts pour la suite", résume aujourd’hui le porte-parole d’Airbus Defence and Space, soulignant la volonté de cette activité de trouver un nouveau relais de croissance. Pour les prochains mois, l’usine toulousaine pourrait produire pour OneWeb quelques satellites supplémentaires et assurer un soutien industriel au site américain qui, avec deux lignes d’assemblage, sera en mesure de produire deux satellites par jour. Mais après ? Outre deux petits contrats de démonstrateurs passés avec l’agence spatiale européenne (ESA) pour le projet IODA et la Darpa, l’agence de recherche américaine pour le programme Blackjack, pas de commandes susceptibles de pérenniser l’activité industrielle à l’horizon.

Chez Airbus Defence and Space, on espère que des agences spatiales seront intéressées par le faible coût et la flexibilité qu’offre la plateforme mise au point à Toulouse. Une accessibilité inédite qui pourrait aussi intéresser des universités, des centres de recherche, des PME voire des start-up. "Dans six mois, nous devrons pouvoir tourner la page OneWeb", glisse-t-on en interne. Les équipes de Toulouse espèrent bien mettre à profit le plus vite possible le savoir-faire nouvellement acquis avec de nouveaux clients.

 

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