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Quotidien des Usines

"On ne peut pas faire confiance à PSA, mais nous avons la responsabilité de les aider"

Pauline Ducamp , ,

Publié le

Entretien Le maire socialiste d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) était hier à Bercy pour la remise du rapport Sartorius. Il souhaite avoir un droit de regard sur la réindustrialisation du site d’Aulnay et menace de ne pas délivrer de permis de construire à PSA.

On ne peut pas faire confiance à PSA, mais nous avons la responsabilité de les aider © D.R.

L’Usine Nouvelle – Philippe Varin vous a adressé une lettre mardi 11 septembre, que contient-elle ?
Gérard Ségura – Ce courrier confirme les déclarations du directeur industriel de PSA Denis Martin, à savoir que 750 emplois sont assurés d’ores et déjà sur le site d’Aulnay-sous-Bois. Philippe Varin en appelle aussi la responsabilité de la ville en matière de droit du sol et m’assure qu’il ne veut pas spéculer. Dans ce cas, je veux demander un cahier des charges, connaître les entreprises qui veulent s’installer sur le site, le nombre d’emplois, leur qualité. Toutes ces données ne sont pas précisées.

Le conseil municipal d’Aulnay évoquera justement jeudi 13 septembre l’avenir du site PSA et la question du foncier ?
Nous allons frapper tous les terrains de l’usine d’un périmètre d’étude. Je me réserve ainsi le droit pendant 2 ou 3 ans de ne pas délivrer de permis de construire ou d’autorisations de travaux au groupe. Si PSA met en place une vraie réindustrialisation, nous les aiderons. Mais si ce ne sont pas de vrais emplois industriels ou des services déguisés, je ne marche pas. Je pense qu’on ne peut pas leur faire confiance, mais nous avons la responsabilité de les aider. Je veux donc peser et savoir quelles entreprises veulent s’installer, de quelle industrie parle-t-on, si ce sont de vrais emplois, combien et de quelle qualité.

Vous étiez plusieurs élus socialistes hier face à Arnaud Montebourg. Êtes-vous sur la même longueur d’onde que le ministre du Redressement productif ?
Tout dépend de ce qu’on entend par longueur d’ondes. Contrairement à beaucoup d’observateurs et de journalistes, je ne pense pas que le ministre ait opéré un revirement complet. Revenons sur les faits. En juin, PSA nous affirmait qu’Aulnay ne fermerait pas. En juillet, le groupe annonce 8 000 suppressions de postes et la fermeture. Arnaud Montebourg et François Hollande ont alors eu des réactions à chaud, c’est normal. Aujourd’hui, nous sommes dans le traitement du dossier, Arnaud Montebourg prend conscience de la situation délicate du groupe.

A quoi sert le rapport Sartorius ?
Le rapport confirme que PSA avait menti, sur la stratégie, les rachats d’actions, ce que disaient le ministre et le président de la République. Il démontre que les raisons conjoncturelles qu’invoque PSA pour justifier le plan social ne sont qu’un élément et pas un élément majeur. Et contrairement à ce qu’on a pu lire, le rapport n’entérine pas la fermeture d’Aulnay, ni les 8000 suppressions de postes. Arnaud Montebourg a désormais deux préoccupations : préserver le groupe d’une catastrophe et tenir compte de la responsabilité des actionnaires, de la direction dans les erreurs de stratégie qui ont conduit à des conséquences financières, économiques et sociales catastrophiques. Mais le rapport n’est pas la fin de l’histoire, nous ne sommes qu’au début. Attendons aussi de voir ce que dit le rapport Sécafi.

Qu’attendez-vous de l’Etat dans le dossier PSA et à Aulnay en particulier?
L’Etat doit piloter les négociations et empêcher les entreprises de faire n’importe quoi. Il doit être très attentif à la réindustrialisation. Il doit surtout faire en sorte que PSA ne dissimule plus rien. Le groupe aurait accepté le principe des réunions tripartites. A l’Etat maintenant de faire toute la clarté dans cette affaire : les 8000 suppressions d’emplois sont-elles vraiment nécessaires ? Fermer Aulnay est-il vraiment nécessaire ? Le débat est ouvert.

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