"On ne passe pas de bureaux fermés au flex office sans tenir compte de l'ADN des entreprises", explique Ludovic Legendre, Bearing Point.

Directeur Real Estate chez Bearing Point, Ludovic Legendre commente l'étude menée par les équipes du cabinet et intitulée de l'open space à l'open mind. Réémanéger les locaux est un centre d'économies mais pour être un véritable levier de performance, il estime que les entreprises doivent développer de nouveaux services pour les occupants des bureaux. 

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L’Usine Nouvelle - Pourquoi un cabinet comme BearingPoint publie un livre blanc sur l’avenir de l’immobilier de bureaux intitulé de L'open Space à l'open mind (1) ?

Ludovic Legendre - Nous avons une activité consacrée aux entreprises du secteur immobilier, mais nous travaillons aussi avec les groupes en général sur ces thématiques. Nous travaillons ainsi sur la question de l’environnement de travail, un sujet qui a une triple dimension immobilière, Systèmes d’information mais aussi RH. On ne passe pas de bureaux fermés au flex office d’un claquement de doigt. Il faut faire avec l’histoire de l’entreprise, son ADN.

Pourquoi ?

Parce qu’entre une entreprise qui a déjà accordé deux jours de télétravail à tous ses salariés et une administration où cela n’est pas du tout la norme, la dynamique ne sera pas la même si vous décidez de passer de bureaux fermés à des espaces ouverts, voire à des bureaux non affectés à des personnes.

Pour être clair, je ne fais pas de jugement de valeur, je ne dis pas qu’une entreprise est supérieure à une autre. Mais on ne peut pas les considérer de la même façon. De même, ce n’est pas une opposition entre public et privé. Par exemple, l’organisation des bureaux de l’administration du Canada (avec qui nous travaillons) est plus proche de celle d’une entreprise française que de celle de l’administration française.

En outre, changer d’environnement de travail, c’est, par définition, changer la façon de travailler. Dans les nouveaux environnements plus flexibles, le manager, par exemple, ne peut plus exercer sa mission de la même façon : on ne manage pas de la même façon des collaborateurs qui partagent le même espace et des gens qui travaillent à distance. On passe d’une situation où on vérifie la présence des uns et des autres à un univers où il faut vérifier le résultat.

Vous estimez qu’une entreprise peut gagner 40 % en réaménageant ses bureaux. Cette recherche d’économies est-elle la principale motivation des entreprises qui font appel à vos services ?

Si la recherche de minimisation des cgoûts peut être à l’origine d’un projet de transformation, cela ne peut pas être l’alpha et l’oméga. Certes on peut viser réduire les coûts dd’environ 40 % d’un point de vue macro (en jouant sur la localisation et en favorisant le flex office), mais pour que le projet de transformation soit complet, il faut l’accompagner du développement de ce que nous avons appelé une couche servicielle, de sorte que le gain économique à la fin ne sera peut-être que de 15 %. Mais ces services nouveaux sont de très puissants leviers de transformation. Par exemple, nous avons travaillé pour un grand groupe pharmaceutique qui voulait mieux faire travailler ensemble des équipes venues de différents départements à l’occasion d’un déménagement. Dans ce cas, on ne se contente pas de réduire le nombre de m2 par personne, on crée des espaces pour travailler ensemble…

En quoi peuvent constituer ce que vous appelez les couches "servicielles" ?

C’est très varié, très divers : cela comprend des prestations de restauration, de conciergerie, un kiosque IT … au total nous avons dénombré une centaine de services comme par exemple une appli pour réserver sur son portable un espace de coworking quand on n’est pas au siège.

Les salariés sont très paradoxaux : ils ne sont pas toujours contents de leur environnement de travail, mais quand on leur demande ils disent à 80 % qu’ils veulent continuer d’aller au bureau. C’est important pour eux. Créer de nouveaux services, repenser l’environnement peut aider à sortir de cette apparente contradiction.

Que vous inspire le développement des espaces de coworking ?

Vous m’auriez posé la question il y a un an, je vous aurais répondu « c’est l’avenir » sans hésiter, m’appuyant sur les études notamment venues des Etats-Unis qui prévoyaient un développement du travail indépendant.

Aujourd’hui ma vision est plus tempérée. Les salariés vont au bureau pour rencontrer des gens, leurs collègues qu’ils ne voient pas dans un espace de coworking. Cela peut leur servir pour le télétravail, car ce n’est pas toujours simple de travailler chez soi avec ses enfants. En outre, le nombre d’espace de coworking croît, mais ils ne sont pas tous équivalents. . Tous les espaces ne se ressemblent pas, ils répondent à des besoins différents, avec des offres de services différents. Les espaces de coworking ont leur place dans la définition du bureau de demain, ils viennent compléter le bureau traditionnel en répondant à de nouveaux besoins. Ces espaces ont leur place dans les nouvelles couches servicielles, cœur des nouvelles attentes.

(1) pour consulter l'étude De l'open space à l'open mind

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