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L'Usine de l'Energie

"On a cru à 100% d'énergies renouvelables, mais l’Allemagne a besoin de gaz" pour Stephan Kapferer du BDWE

Aurélie Barbaux , ,

Publié le

Comme la France, l’Allemagne est en retard sur ses objectifs de réduction d’émissions de CO2. La sortie du nucléaire n’y est pour rien. Pour les atteindre, elle doit ajouter du gaz vert à ses énergies renouvelables, explique Stephan Kapferer, président de la puissante association allemande BDWE.

On a cru à 100% d'énergies renouvelables, mais l’Allemagne a besoin de gaz pour Stephan Kapferer du BDWE
L'Allemagne mise sur le power-to-gas, prévient Stephan Kapferer, président du BDWE, la puissante association (1900 membres) des professionnels de l’énergie tous types confondus (renouvelables, électrique, gaz…).
© DR

De part et d’autre du Rhin, un même quiproquo a produit les mêmes effets. En confondant énergie et électricité et réduction d’émissions de CO2 avec énergies renouvelables, les politiques des deux pays sont arrivées à une impasse. Et des deux côtés, les objectifs de réduction d’émissions ne sont pas atteints, nucléaire ou pas.

La France, qui grâce au nucléaire affiche un des plus bas taux d’émissions par habitant des pays développés à 6,9 tCO2eq par habitant, a réduit de 16,1% ses émissions depuis 1990... mais elles sont reparties à la hausse (+ 3,2%) en 2017, la faute au transport,

au chauffage, à la reprise économique, à l'arrêt de centrales et à une météo défavorable à l’hydroélectricité. L’Allemagne, elle, n’atteindra que -30% d’émissions d’ici à 2020 contre les -40% qui avaient été fixés. Et pas à cause de sa sortie annoncée du nucléaire.  "Le charbon baisse chaque année", rappelle Stephan Kapferer, président du BDWE, la puissante association (1 900 membres) des professionnels de l’énergie tous types confondus (renouvelables, électrique, gaz…), lors d'un entretien accordé à l'Usine Nouvelle.

Problème d'acceptabilité outre-Rhin aussi

L’Allemagne a dépassé son objectif de 35% d’énergies renouvelables. En 2017, les EnR ont représenté 38,2% de la consommation nationale d'électricité, selon une étude de l'institut Fraunhofer. Sachant que le charbon importé et la lignite allemande (15 000 personnes) combinés ont représenté 38%, le gaz 7,4% et le nucléaire 13,3%. Le pays s’est même fixé comme objectif 65% d’énergies renouvelables en 2030. "Mais la route reste longue", observe Stephan Kapferer. Pour compenser le nucléaire qui doit cesser et réduire le charbon, le pays doit investir massivement dans des infrastructures de production et le transport de l’électricité éolienne du nord au sud. De plus, outre-Rhin aussi, "les EnR rencontrent un problème d’acceptabilité", explique le président du BDWE.  

Fin du boom de la methanisation

Selon Stephan Kapferer, l’Allemagne "a longtemps cru au 100% EnR, mais on sait maintenant qu’on a besoin de gaz vert". Pas pour remplacer le gaz naturel qui fait tourner les centrales thermiques, le chauffage ou alimente l’industrie. L’Allemagne ne vise absolument pas d’autonomie en gaz, comme en rêve la France. Certes, le pays est champion de la méthanisation agricole. Près de 9 000 unités produisent 2,4% de la consommation d‘énergie primaire en Allemagne. Mais seules 207 unités injectent du méthane dans le réseau et leur nombre stagnerait. "C’est la fin du boom, parce que c’est cher à cause des taxes très élevées", explique le porte-parole des industriels allemands de l’énergie. Selon lui, une réforme serait en cours sur ce sujet.

Objectif power-to-gas

Les industriels allemands de l’énergie misent sur une autre option : le power-to-gas, qui vise à convertir l’électricité renouvelable, éolienne principalement, produite massivement au nord de l’Allemagne et en offshore, en hydrogène ou autre gaz de synthèse. Plus facile à stocker et à transporter, par bateau notamment, ces gaz verts vont permettre de décarboner le transport et de réduire un peu les émissions. Et pas question d’attendre un prix du carbone à 100 ou 200 euros la tonne pour investir. L’Allemagne n’a pas de taxe carbone et si elle s’en dotait d’une, elle la mettrait au même niveau que le prix des quotas carbone, soit environ 25 euros, avance Stephan Kapferer. Si la France veut développer une filière hydrogène, elle sait où aller frapper.

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2 commentaires

Nom profil

23/01/2019 - 09h49 -

@Rochain : l'article parle de la France dans cette phrase...
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Nom profil

22/01/2019 - 18h11 -

La faute aux transports ? La belle affaire. ... Ils ne peuvent pas être electrifiés en Allemagne ? Serge Rochain
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