Olli Rehn prône plus de coordination sur les changes

par Jan Strupczewski

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Olli Rehn prône plus de coordination sur les changes

WASHINGTON (Reuters) - Une plus grande coordination internationale en matière de politique monétaire est nécessaire pour éviter une volatilité des taux de change et parvenir à une croissance économique équilibrée, a déclaré vendredi le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Cette coordination pourrait avoir lieu dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI) ou du G20, qui regroupe les pays les plus riches et les puissances émergentes, a ajouté Olli Rehn dans une interview à Reuters.

"Je constate qu'il y a besoin d'un renforcement de la coordination internationale en matière de politique monétaire", a-t-il dit à Washington, où se déroule l'assemblée générale de la Banque mondiale et du FMI.

"Nous discutons avec nos partenaires des moyens possibles de progresser vers une telle coordination au sein du G20 et du FMI", a-t-il ajouté.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G7, qui regroupe les sept pays les plus riches du monde, devaient évoquer cette question lors d'un dîner vendredi soir avant de les aborder probablement encore lors d'une prochaine réunion ministérielle du G20 à la fin du mois en Corée du Sud.

"J'attends que le G7 puis le G20 discutent des opportunités de renforcer la coordination internationale en matière de politique monétaire, pour laquelle le G20 et le FMI pourraient jouer un rôle accru", a dit Rehn.

LA CHINE N'A PAS INTÉRÊT À UN EURO TROP FORT

Prié de dire si le FMI devait être mis à contribution pour coordonner les politiques, le commissaire européen a répondu: "De mon point de vue, le FMI constitue un choix naturel pour faciliter une coordination renforcée en matière de politique monétaire."

Tandis que la Chine résiste aux appels des Etats-Unis et de l'Union européenne en faveur d'une réévaluation du yuan, la Réserve fédérale américaine pourrait prochainement assouplir sa politique monétaire, ce qui contribue à la baisse du dollar et à l'appréciation d'autres devises.

Plusieurs pays ont pris des initiatives pour tenter d'enrayer la hausse de leur monnaie, laissant présager une phase de dévaluations compétitives que les membres du G7 et du G20 souhaitent éviter.

"Nous n'avons pas assisté à une guerre des monnaies mais nous avons assurément assisté à des développements négatifs en terme de non-appréciations compétitives ou de dévaluations compétitives", a remarqué Olli Rehn.

"Afin de parvenir à un rééquilibrage de la croissance mondiale, ce qui constitue le thème principal de la réunion annuelle du FMI, il faut aussi aborder la question des monnaies; les taux de change devraient refléter les fondamentaux économiques", a-t-il poursuivi.

Olli Rehn a déclaré que la Chine avait elle-même intérêt à un yuan plus fort.

"Si nous ne progressons pas vers un rééquilibrage de la croissance mondiale, la reprise de l'économie européenne, par exemple, sera plus faible", a-t-il dit. "L'Europe est le principal marché d'exportation de la Chine et il n'est pas dans l'intérêt de la Chine d'affaiblir ce marché en plaçant un fardeau disproportionné sur les épaules des Européens."

Prié de dire si l'euro, qui se négocie à environ 1,40 dollar, était à un niveau trop élevé, Olli Rehn a répondu: "Comme plusieurs autres monnaies ont été récemment placées sur la voie de la dépréciation, l'euro a gagné en valeur. Ce n'est bon ni pour l'économie européenne ni pour l'économie mondiale que la zone euro porte un fardeau disproportionné en matière de volatilité des taux de change."

Bertrand Boucey pour le service français

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