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L'Usine Santé

Olivier Schiller, patron de Septodont, ETI de l'année 2016

Par Marion Garreau , ,

Publié le

Olivier Schiller, le patron de Septodont, remporte le trophée d'industriel de l'année (catégorie ETI). Après sa phase d’industrialisation, le leader des anesthésiques dentaires étend ses gammes de produits.

Olivier Schiller, patron de Septodont, ETI de l'année 2016
Olivier Schiller, Septodont
© LUC PERENOM

Chaque seconde dans le monde, 15 injections d’anesthésique dentaire sont réalisées avec une cartouche Septodont. Fondée en 1932 par la famille Schiller, cette entreprise, basée à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) et implantée dans plus de 150 pays, est aujourd’hui le leader mondial de ce marché. Cette ETI, qui emploie 1 500 salariés dans le monde, a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 250 millions d’euros en 2015. Son activité devrait encore croître de 7 ou 8 % cette année. Le cœur de métier de Septodont est la cartouche d’anesthésique injectable à usage unique. Ses unités de production en sortent 500 millions par an, dont la moitié produite sur le site de Saint-Maur-des-Fossés.

Cela ne suffit pas. En 2016, Septodont a investi 26 millions d’euros pour agrandir l’un de ses bâtiments historiques et ouvrir une troisième unité de production, destinée à remplacer la première, qui date des années 1980. « Nous étions à saturation et parfois en incapacité de répondre à la demande de nos clients, explique Olivier Schiller, président du directoire de Septodont depuis 2013. Avec nos unités de production 2 et 3, nous produisons sans atteindre 100 % de nos capacités, ce qui va nous permettre de croître à nouveau. » Chaque minute, 600 cartouches sortent de cette nouvelle ligne de remplissage, contre 400 dans la plus ancienne. La nouvelle ligne présente également une technologie laser qui permet un remplissage plus précis, pour éviter les bulles d’air par exemple. Et deux machines équipées de vingt caméras doivent à l’avenir remplacer le travail manuel des mireuses, ces femmes qui contrôlent aujourd’hui une à une les cartouches, à l’aide d’une loupe grossissante.

Un premier générique commercialisé

Comme beaucoup d’ETI familiales, Septodont est très attachée à son ancrage territorial et prévoit d’agrandir en 2017 son deuxième site français, à ­Mazamet (Tarn), pour un investissement de 10 millions d’euros. Pourtant, la France ne représente que 7 % du chiffre d’affaires du laboratoire, dont l’implantation à l’international est une force majeure. Olivier Schiller a d’ailleurs participé à son déploiement en Amérique du Nord, en s’impliquant personnellement dans la reprise à 100 % de sa filiale canadienne dans les années 2000. Depuis, l’ETI s’est également implantée en Inde et au Brésil, où elle a acquis deux entreprises au cours des trois dernières années. Pour gagner en efficacité, ­Olivier Schiller a réorganisé le groupe en une unité plus ­structurée, avec des directions centrales et des moyens mutualisés, notamment en communication, marketing et informatique.

Troisième de la lignée Schiller à diriger l’affaire et fils unique, cet ingénieur, diplômé d’HEC, a d’abord été consultant chez Arthur Andersen avant de rejoindre Septodont comme directeur financier en 1995, puis d’en prendre la direction générale, et enfin la présidence. Arrivé à la tête d’une entreprise leader de son marché, Olivier Schiller a impulsé une nouvelle stratégie. Elle consiste d’abord à développer des produits thérapeutiques innovants, alors que l’entreprise redéploie 6 à 7 % de son chiffre d’affaires en R & D. Deux traitements des caries – le matériau reminéralisant Biodentine et le ciment BioRoot RCS pour l’endodontie – sont déjà sur le marché et Septodont vient de signer un accord de partenariat avec un acteur de la parapharmacie pour que leurs principes actifs soient repris dans des soins préventifs. Olivier Schiller veut conquérir au-delà du dentaire. « Nous cherchons la croissance dans le médical, où les perspectives sont immenses, confie-t-il. Aujourd’hui, il représente à peine plus de 10 % de notre activité, mais, à terme, il deviendra plus important que le dentaire. » L’entreprise veut mettre à profit son savoir-faire dans l’injectable et sa maîtrise des réglementations sur les produits médicaux. Elle proposerait une activité de remplissage à d’autres laboratoires ou développerait elle-même des solutions complètes. Aux ­États-Unis, elle a même élaboré un premier médicament générique, commercialisé il y a trois ans. Approfondir cette activité fait partie de son plan stratégique 2020. « L’un des atouts de l’entreprise est d’avoir une famille à sa tête, ce qui lui permet d’avoir une vision à long terme et stable », souligne le dirigeant. Si des investisseurs se manifestent régulièrement, le PDG est fermé à toute ouverture du capital. L’aventure restera 100 % familiale pour encore longtemps. 

 

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