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"OGM, nano... des questions complexes"

Publié le

Entretien Christelle Didier est sociologue, chercheuse à l'université catholique de Lille. Auteur de "Penser l'éthique des ingénieurs", elle revient pour L'Usine Nouvelle sur la façon dont les jeunes diplômés appréhendent les questions d'éthique.

OGM, nano... des questions complexes © Delphine Lermite

L'Usine Nouvelle - Y a-t-il un regain de souci éthique chez les ingénieurs ?
Christelle Didier - On observe un décalage entre les porte-parole de la profession, qui affirment que le progrès technologique va de pair avec le progrès social et humain, et les jeunes diplômés qui s'interrogent. Face aux nombreuses innovations technologiques de ces dernières années, les ingénieurs se retrouvent confrontés à des questions nouvelles. Ils ont besoin de clés pour se situer sur des problèmes aussi complexes que les OGM ou les nanotechnologies... Ces questionnements éthiques se manifestent alors que la profession subit une crise identitaire. La croissance exponentielle du nombre d'ingénieurs a bouleversé le métier qui se banalise.

Les ingénieurs français se sont dotés d'un code de déontologie un siècle après lesaméricains, en 1996. pourquoi ce retard ?
S'appuyer sur un texte pour donner du sens à l'action est plutôt un réflexe anglo-saxon. En France, on préfère en appeler au code du travail pour ce qui relève de l'exercice professionnel et philosopher pour le reste! Les Français ont tardé à formaliser la question de l'éthique, mais ils se la posaient déjà, notamment à travers des débats sur l'ingénieur social, préoccupé de la santé et de la sécurité des ouvriers. Elle est véritablement apparue avec l'informatique, et l'interrogation sur l'usage de cette nouvelle technologie.

Les écoles abordent-elles suffisamment la question ?
La présence de l'éthique dans les programmes est une simple recommandation de la commission des titres d'ingénieurs (CTI). Certaines écoles, les grandes surtout, proposent depuis longtemps des cours de philosophie, d'épistémologie et de sciences humaines à leurs étudiants. Même sans code, les ingénieurs français ont toujours été formés comme des " honnêtes hommes ". Aujourd'hui, ce ne sont pas toujours les cours d'éthique qui sensibilisent le mieux les futurs ingénieurs. Cependant, il ne me paraît plus imaginable de former des ingénieurs en électronique sans leur fournir les termes du débat sur les nanotechnologies.

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