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L'Usine Maroc

Offshoring au Maroc : un plan de relance "satisfaisant", assure la présidente de la fédération du secteur

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Publié le

L'offshoring marocain tient son plan de performance. Le 5 mai à Rabat, cinq filières ont été définies par l'Etat et les professionnels afin de positionner le royaume dans le tier1 du groupe de compétition. L'Usine Nouvelle a demandé a Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de l'Apebi, la fédération du secteur pour commenter ce plan. Elle en dresse un bilan positif non dénué de mises en garde.

Offshoring au Maroc : un plan de relance satisfaisant, assure la présidente de la fédération du secteur © apebi

Cinq filières de l'offshoring ont été sélectionnées pour bénéficier des contrats de performance signés le 5 mai à Rabat entre l'État et les professionnels du secteur. Les écosystèmes CRM, BPO, ITO, ESO et KPO (voir encadré ci-dessous) ont été définis pour bénéficier des contrats de performance qui vont accompagner leur développement. L’aide prévue par l’Etat comprend des mesures incitatives, un appui à la formation, un accès plus aisé au foncier et des mesures portant sur la protection des données. Si l'Etat engage une enveloppe globale de 1,49 milliard de dirhams soit environ 140 millions d'euros (1000 dirhams=92 euros), il attend des contreparties. En premier, la création prévue de 60 000 nouveaux emplois directs. En termes d'activité, la  génération de 18 milliards de dirhams de chiffre d’affaires à l’export de services additionnel est attendue. Au niveau du drainage d'investissements c'est un montant de 1,5 milliard de dirhams qui est espéré. Pour rappel, Le secteur de l'offshoring au Maroc a créé 63 000 emplois. Il contribue positivement à la balance commerciale à hauteur de 8 milliards de dirhams. Le Maroc a réussi à attirer sur son sol des filiales de référence mondiales comme Capgemini, Accenture, IBM, Dell, Amazon, BNP Paribas, Axa, Atos, GFI, Sofrecom, Acticall ou Teleperformance.

Contactée par L'Usine Nouvelle, Saloua Karkri-Belkeziz, présidente de l'Apebi (photo), exprime dans cet entretien le point de vue de sa fédération qui a été partie prenante des négociations avec l'Etat et qui ont donné naissance à un nouveau plan quiquennal 2016-2020 pour le secteur. .

L'Usine Nouvelle : quelle est votre réaction après le lancement des écosystèmes du secteur d'offshoring ?

Saloua Karkri-Belkeziz : Nous sommes satisfaits. Le ministère de tutelle (celui de l'industrie NDR) a tenu compte de nos principales doléances.

Qu'est-ce que vous retenez d'important dans la signature de l'accord de contrats de performance pour l'offshoring qui vous avez signé ?

Nous avons non seulement sauvegardé les incitations dont nous avions mais nous bénéficions de nouvelles.

Pouvez-vous citer quelques exemples ?

Il existe un problème réel de compétitivité des parcs immobiliers régionaux. Et il nous faut résoudre celui du turnover qui est élevé. Nous avons obtenu dans ce sens de meilleures incitations pour les régions en ce qui concerne l'IR au niveau des parcs dédiés à l'offshoring.

Quelles sont mesures fiscales du plan ?

Au niveau des parcs, le taux de l'IR était de 20 %. Ce seuil a été abaissé à 10% sur les sites de Tanger, Oujda et Tétouan. Et même les villes dépourvues de parcs dédiés à l'offshoring comme Marrakech peuvent désormais en bénéficier. C'est une mesure très importante. En plus de l'IR, il y a eu des mesures qui concernent l'IS. Comme vous le savez les entreprises installées dans les parcs bénéficient d'exonération d'IS pendant cinq ans puis 17% les années suivantes. Ce taux a été révisé à la baisse à 8,75%.

Les entreprises non situées dans les parcs immobiliers dédiés à l'offshoring comme Casanearshore sont-elles concernées?

Elles bénéficient d'une subvention à la croissance. C'est une prime de l'État qui correspond à 10% du taux de croissance de son activité. Concrètement, si une entreprise qui se trouve en dehors des parcs réalise 20% de croissance, elle bénéficie d'une prime égale à 2% de son chiffre d'affaires pour justement réduire l'écart des aides dont bénéficie les entreprises installées dans des parcs.

Et les petites entreprises ?

Les TPE-PME à partir de 20 personnes, ayant des objectifs de recrutement sur les quatre années, peuvent bénéficier de ces mêmes mesures que je viens de vous citer.

Quelles sont les mesures pour améliorer la compétitivité des parcs?

Depuis 2005, les parcs sont devenus moins compétitifs et les loyers pratiqués n'étaient pas incitatifs. Nous avons négocié un gel des prix jusqu'à 2020 pour les prestations de loyer ou de parking par exemple.

Ces mesures vont-elles répondre aux difficultés du secteur ?

À mes yeux, elles permettront aux entreprises d'être plus compétitifs. C'est une offre alléchante. Mais il faut aller plus loin et aller la vendre. Car tout l'enjeu est de promouvoir cette offre au niveau des donneurs d'ordre dans tous les pays. Il est ainsi prévu la mise en place d'une cellule d'animation conjointe entre le ministère, l'aménageur de parcs Medz et la profession pour aller promouvoir cette offre.

A combien a été estimée l'aide globale dont vous allez bénéficier ?

L'investissement total est de 1,49 milliard de dirhams (soit environ 135 millions d'euros NDR). Cela revient à un investissement de 24800 dirhams par emploi créé. Pour l'Etat, c'est intéressant vu la création d'emplois que cela peut engendrer.

Comment se répartissent les différentes aides ?

Au niveau de la fiscalité, la contribution IR de 10% se chiffre à 390 millions de dirhams. Elle sera financée par le Fonds de développement industriel. La contribution à l'IS des 8,75% vise les entreprises implantées dans les P2I (Plateformes industrielles intégrées NDR) à Casablanca et Rabat. Elle se chiffre à 250 millions de dirhams. La contribution dite IR améliorée de 10% au lieu de 20% dont je vous ai parlé tout à l'heure s'élève à 270 millions de dirhams.

Et au niveau de la croissance et de l'investissement ?

La prime à la croissance pour les sociétés marocaines implantées en dehors des zones englobe une enveloppe de 200 millions de dirhams. Concernant l'investissement, le dispositif d'aide est de 20% du montant investi pour les entreprises se trouvant sur la zone de Casablanca et de 30% ailleurs y compris à Rabat où le taux de remplissage est moins important qu'à Casablanca. Son montant, représente 380 millions de dirhams toujours financés par le fonds d'investissement. Si vous faites le  total vous devriez retrouver les 1,49 milliard de dirhams de l'enveloppe d'aide globale.

L'accord comprend aussi un dispositif d'aide à la formation. Quel en est le détail ?

Les entreprises du secteur vont disposer d'une première enveloppe pour la formation initiale dès le recrutement et d'une seconde pour la formation continue pendant les deuxième et troisième années. Si vous prenez un ingénieur au niveau de l'écosystème ITO, vous bénéficiez de 35000 dirhams la première année de recrutement pour le former sur une technologie spécifique et 30000 dirhams pendant la deuxième et la troisième année. C'est un fonds supplémentaire géré par l'Anapec de 474 millions de dirhams

Et au niveau de l'emploi ?

Dans chaque écosystème, nous avons défini un objectif d'emploi à atteindre à la quatrième année.  Au niveau du CRM, c'est 300 personnes, le BPO 100 personnes, l'ITO 100 personnes, l'ESO 50 personnes et le KPO 50 personnes en moyenne et par entreprise.

Propos recueillis par Nasser Djama

Les cinq écosystèmes de l'offshoring

- CRM : gestion de la relation client ou Customer relationship management (CRM)

- BPO : externalisation des processus d’une entreprise ou de métiers ou Business process outsourcing (BPO)

- ITO : externalisation des métiers liés aux technologies de l’information (développement d’applications, gestion des infrastructures) ou Information technology outsourcing (ITO)

- ESO : externalisation portant sur des activités d’ingénierie et de recherche et de développement (ingénierie industrielle…) ou Engineering service outsourcing (ESO)

- KPO : externalisation portant sur des activités stratégiques ayant un contenu "savoir" et un caractère exigeant en termes d'expertise (analyses de données sectorielles…) ou Knowledge process outsourcing (KPO).

 

 

 

 

 

 

 

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