Oeneo compte sur la demande croissante de vins "premium"

par Florent Le Quintrec

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PARIS (Reuters) - Oeneo , qui a fait le pari des bouchons technologiques dont il est devenu l'un des spécialistes, compte profiter de la demande croissante de vins haut de gamme pour doper son activité.

Le groupe français a cessé de produire des bouchons en liège traditionnels pour concentrer ses efforts depuis 2004 sur son produit phare, le Diam. Cette technologie, protégée par un brevet jusqu'en 2020, permet de contrôler la molécule qui se développe dans le liège et est responsable du goût de bouchon.

"Années après années, on voit le succès de ce procédé qui est de plus en plus accepté aussi bien par les vignerons français que par les vignerons du monde entier", a dit à Reuters Grégoire Chové, directeur financier d'Oeneo, qui fabrique aussi des tonneaux.

"Le grand défi, c'est de conquérir les grands comptes. Ils nous en commandent déjà quelques millions. Quand cela représentera des dizaines de millions, là ce sera une vraie satisfaction", a indiqué Grégoire Chové, faisant référence à de grandes sociétés comme Diageo ou Constellation.

Sur environ 18 milliards de bouchons vendus chaque année, Oeneo estime entre deux et trois milliards le nombre de bouchons technologiques, dont 700 à 800 millions viennent de ses usines.

Pour répondre à une demande qu'il anticipe croissante, le groupe, dont le principal concurrent dans la production de bouchons est le leader mondial portugais Amorim, va ouvrir une nouvelle usine en Espagne avant fin 2010 pour doubler ses capacités de production.

Selon le directeur financier, la qualité des premières récoltes vignobles françaises, dont dépend son autre activité qu'est la tonnellerie, est bonne mais "pas exceptionnelle, contrairement à ce qu'on a pu connaître l'an dernier".

Oeneo table néanmoins sur un volume mis en fûts cette année équivalent à celui de l'année dernière. Le groupe compte entre autres sur la demande des pays émergents, et notamment celle de la "locomotive" chinoise dont il a déjà reçu "de très bonnes commandes".

ACQUISITIONS POSSIBLES ET RÉDUCTION DE LA DETTE

La société n'exclut pas de se diversifier dans l'élevage d'autres alcools, à l'image de son principal concurrent dans ce secteur, Tonnellerie François Frères, qui vend depuis 2008 des fûts destinés à l'élevage du whisky.

Le groupe est déjà présent dans le cognac et fournit principalement Remy Martin, la marque de cognac de Remy Cointreau (dont l'actionnaire principal, la famille Hériard-Dubreuil, est également celui d'Oeneo) et à la marge Hennessy de LVMH, mais réfléchit à d'autres alcools.

"La diversification aujourd'hui est possible. Il y a le bourbon mais c'est une autre maîtrise technologique, il y a le rhum. On regarde quel service on pourrait apporter aux clients", a précisé Grégoire Chové, ajoutant qu'il souhaitait rester dans le haut de gamme.

Fort d'une santé financière largement améliorée par rapport aux années précédentes, Oeneo envisage à nouveau des opérations de croissance externe dans tous ses domaines d'activité.

"C'est plus une question d'opportunisme. Nous allons être rationnels et pragmatiques et nous allons avancer en fonction de nos moyens", a-t-il dit, soulignant qu'il doutait qu'une annonce soit faite au cours de cet exercice.

"C'est un monde très traditionnel donc ça peut prendre du temps. Mais aujourd'hui, je ne vois pas de dossiers qui pourraient déboucher très rapidement."

Pour l'exercice 2010-2011, Oeneo table sur une croissance à deux chiffres de ses ventes de bouchons et prévoit un chiffre d'affaires stable dans la tonnellerie. Au premier trimestre, les ventes étaient respectivement ressorties en hausse de 19,8% et de 4,7%, pour un chiffre d'affaires total de 29,2 millions d'euros.

La marge opérationnelle de l'activité bouchage devrait être préservée à environ 17%, comme lors de l'exercice précédent, et le groupe table sur une marge comprise entre 18 et 19% d'ici à cinq ans. Celle de la division tonnellerie devrait quant à elle renouer avec la croissance après deux exercices de repli.

Après avoir réduit sa dette de 131 à 93 millions d'euros lors de l'exercice précédent, pour 95 millions de capitaux propres, principalement grâce à une émission d'obligations remboursables en actions, Oeneo prévoit qu'elle sera inférieur à 90 millions d'euros à l'issue de l'exercice en cours.

Vendredi à la Bourse de Paris, le titre Oeneo était stable à 1,91 euro vers 13h30, portant, à ce cours, sa capitalisation boursière à quelque 81 millions d'euros.

Depuis le début de l'année, il a progressé de 67,5%.

Edité par Matthieu Protard

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