ODCF-Wayne-Dalton, cette usine rejetée par sa maison-mère

Le fabricant de portes de garage ODCF-Wayne-Dalton, situé à Reims, a été placé le 11 juillet en liquidation judiciaire. Pour les 66 salariés de l'usine, la maison-mère, l'entreprise américaine ODC, détenue par le japonais Sanwa, a programmé cette fermeture. Ils exigent le réexamen du PSE proposé par le groupe, qui sera validé ou non mercredi 24 juillet par le tribunal de commerce de Reims.

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ODCF-Wayne-Dalton, cette usine rejetée par sa maison-mère

Ils ont beau ne pas vouloir croire en la disparition brutale de leur usine, les 66 salariés d'ODCF Wayne-Dalton à Reims (Marne), qui fabrique des portes de garages pour particuliers, s'y attendaient. Malgré un carnet de commande de plus de 7000 portes, le site tire définitivement le rideau.

Filiale de l'entreprise américaine ODC (Overhead Door Corporation), détenue elle-même par le japonais Sanwa Holdings Corporation, cette société a été placée en liquidation judiciaire le 11 juillet par le tribunal de commerce de Reims. Les salariés se battent à présent pour la révision du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) proposé par le groupe, afin qu’il soit reconsidéré en leur faveur. Le tribunal de commerce de Reims le validera ou non mercredi 24 juillet.

"Le groupe a programmé la fermeture de l'usine"

"Le groupe a tout programmé, s'indigne Cédric Pierret, délégué CGT d'ODCF Wayne-Dalton. La société Novoferm, fabricant de portes de garage pour professionnels et également filiale de… Sanwa, s’était portée acquéreur. En réalité, le groupe a provoqué la fermeture de notre usine pour transférer la production sur les sites de Novoferm, alors que notre carnet de commandes était plein." En fin d'année dernière, Novoferm a supprimé 38 postes sur 430 en France.

Selon le syndicaliste, le groupe ODC, unique fournisseur d'ODCF Wayne-Dalton, a augmenté de 36 % le prix des matières premières. "A ce moment-là, on a commencé à avoir des doutes." Dans le même temps, les déficits de Sanwa ont grimpé pour atteindre près de 12 millions d'euros en 2011. "Avant le 1er juillet, on devait encore rembourser 4 millions d'euros à notre maison-mère, alors qu'elle a offert plus de 23 millions à ses actionnaires en 2012 et 26 millions en 2011," ajoute Cédric Pierret. La direction d'OCDF et d'ODC, injoignables, n'ont pas pu confirmer ces informations.

Table ronde avec la maire de Reims et un commissaire au Redressement productif

Lundi 22 juillet, les représentants du personnel d'ODCF se sont réunis lors d'une table ronde avec la maire PS de Reims, Adeline Hazan et le commissaire au Redressement productif Champagne Ardennes, Nicolas Fourrier. Ils ont exprimé leur stupéfaction de voir leur usine fermer si vite.

Ils exigent que le PSE, qui se résume pour l'instant à une enveloppe formation de 130 000 euros et une enveloppe d'aide à la création d'entreprise de 30 000 euros, soit complété d'une prime extra-légale de 40 000 euros par salarié, d'une prime d'indemnité de 19 000 euros, d'une enveloppe formation de 310 000 euros, soit un total de plus de 4 millions d'euros pour les 66 salariés. La direction d'ODC et de Sanwa, que la mairie de Reims a tenté de joindre, n'a pas réagi à cette requête.

Des actions fortes pour alerter les pouvoir publics

Depuis la mise en liquidation judiciaire de la société, qui a réalisé 17 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012, les salariés ont multiplié des actions fortes pour alerter les pouvoir publics. Jeudi 18 juillet, ils ont investi le péage de Taissy dans la banlieue de Reims et ont levé les barrières pour les automobilistes de passage. Quelques jours plus tard, ils ont menacé de faire exploser l'usine avec des bouteilles de gaz.

"Ce sont des actions symboliques pour que l'on parle de nous, explique Cédric Pierret. Mais la plupart d'entre nous ne retrouvera pas de travail. La région de Reims est devenue un cimetière industriel. Le groupe a proposé 7 postes dans des sociétés qui ont licencié, mais c'est de la poudre aux yeux."

Timothée L'Angevin

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