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L'Usine Maroc

OCP, le géant marocain des phosphates poursuit tambour battant son programme d’investissement

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Le groupe public a engagé 1,1 milliard de dollars d’investissement sur les six premiers mois de l’année en extension de capacité, diversification et modernisation. Son résultat net au premier semestre chute de 35%.

OCP, le géant marocain des phosphates poursuit tambour battant son programme d’investissement
Le chiffre d'affaires d'OCP a reculé de 6% au premier semestre
© ocpgroup.ma

Investissements lourds. Tel est le mot d’ordre depuis 2008 pour l’OCP, le groupe public qui exploite une des rares rentes minérales du Maroc, à savoir ses réserves de phosphates, les premières du monde. Et cette année ne déroge pas à la règle.

L'Office chérifien des phosphates, qui a publié ses comptes intérimaires le 15 septembre, indique ainsi avoir engagé 1,1 milliard de dollars d’investissements au premier semestre, une petite part d'une enveloppe globale de 12 milliards de dollars entre 2010 et 2020, et la moitié de celle prévue pour 2014.

Sur cette première moitié de l'année, le groupe dirigé par Mostafa Terrab a vu son chiffre d’affaires reculer de 7% à 2,35 milliards de dollars. Son bénéfice net a, lui, chuté de 35 % à 292 millions de dollars. Des résultats médiocres qui s'expliquent, selon le groupe, par la faiblesse des cours mondiaux du phosphate, par des problèmes liés au fret maritime (en raison des tempêtes de début d'année) et par la progression des charges d'amortissement.

En matière d'investissements, le semestre a été notamment marqué par la mise en service, en avril, du pipeline géant reliant les mines et installations de traitement de Khouribga au sud-est de Casablanca au port atlantique de Jorf-Lasfar, un projet majeur (voir encadré).

Cette installation destinée à réduire les coûts et l’impact environnement du transport est un des volets de la stratégie pluriannuelle lancée en 2008 visant à faire passer la production de phosphate de 28 à 47 millions de tonnes d’ici à 2020.

Le groupe a, par ailleurs, poursuivi ses investissements dans le domaine des engrais. L’autre axe clé de l’OCP est, en effet, d’exporter de moins en moins de phosphate brut au profit de produits élaborés et autres engrais composés. Une stratégie qui repose sur ses propres installations et aussi des usines montées au Maroc en JV avec des partenaires, par exemple indiens ou pakistanais. Le groupe basé à Casablanca a annoncé aussi en février des projets au Gabon en marge d'une visite du roi Mohammed VI. 

L'OCP veut structurer sa sous-traitance
Compte tenu de son impact économique au Maroc, l’OCP veut s’afficher en pointe en matière de structuration des filières industrielles, dans la ligne notamment de l’idée des « écosystèmes productifs » lancée cette année par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie. A ce titre, Imacid, une filiale commune entre l’OCP et deux partenaires indiens (Birla et Tata) fabriquant de l’acide phosphorique à Jorf Lasfar a initié un programme d’évaluation et de montée en compétence de ses sous-traitants. Trois des entreprises les plus méritantes devaient se voir remettre un trophée par Imacid le 18 septembre.

En avril, le groupe a démarré une nouvelle unité d’acide phosphorique de 450 000 tonnes par an." Cette unité permettra au groupe de mettre à niveau une partie des installations existantes à Jorf Lasfar sans affecter la capacité de production du site".

2,7 millions de tonnes d'engrais

Au premier semestre, les volumes d’engrais vendus ont atteint 2,7 millions de tonnes, soit une hausse de 9% sur le premier semestre 2013. "Les nouveaux produits tels que le DCP/MCP, NPK et le NPS ont vu leur contribution augmenter d’année en année et ce, depuis leur commercialisation en 2012. Leur part dans le volume global de vente est passée de 3% au 1er semestre 2013 à 13% au premier semestre 2014".

Enfin, en matière d'investissement financier OCP a notamment pris au premier semestre 10% du groupe brésilien d'engrais Fertilizantes Heringer, de quoi sécuriser ses débouchés.

L’objectif de tous ces projets est de réduire la dépendance à la volatilité des prix mondiaux, d’accroître le chiffre d’affaires et surtout la profitabilité d'un groupe qui à lui seul assure 15 à 20% des ressources en devises du Royaume (même s'il est désormais dépassé en la matière par le secteur automobile).

Sur la première moitié de l'année, la marge d’Ebitda de l'OCP s’est élevée à 24% (26% au premier semestre 2013), un ratio apparemment confortable. Mais ce niveau de marge reste très en retrait de la performance de certains groupes anglo-saxons : celle du canadien Potash Corp (avec qui le marocain a signé un accord commercial en mai) atteint, par exemple, 50%.

La politique d'investissement soutenue doit justement contribuer à accroître la rentabilité. Ainsi, le nouveau pipeline devrait permettre d'économiser à pleine capacité 100 millions de dollars par an, selon la direction. Mais cela à un prix. Le groupe qui a levé 1,85 milliard de dollars en avril via sa première émission obligataire internationale (notée BBB-) voit ses dettes bondir. L'OCP est passé ainsi d'un endettement net négatif de 230 millions de dollars (nb un excédent) en juin 2013 à une dette nette de 2,95 milliards de dollars en juin dernier. En face, tout de même, d'un matelas de 6,7 milliards de dollars de fonds propres.

Pierre-Olivier Rouaud

Pipeline géant

Le slurry pipeline ou "minéroduc" partiellement mis en service en avril doit atteindra 38 millions de tonnes par an de capacité. Il est composé de 48 km de pipelines secondaires assurant le transport de la pulpe entre les laveries et la station de tête à Khouribga. Celle-ci est reliée par un pipeline principal de 187 km pour le transport de la pulpe (phosphate en solution) à Jorf Lasfar. A son départ, il comprend une station de pompage pour vaincre la pente sur 30 kilomètres, le reste de l’écoulement se faisant par voie gravitaire (altitude passant de 775 m à 66 m). L’investissement est de 500 millions de dollars. Il a été attribué en janvier 2011 sur appel d’offres au groupe turc Tekfen. Ce chantier a mobilisé plus de 3500 personnes. La coopération française (Afd) a apporté 240 millions d'euros de prêt au projet. La coopération allemande (KfW) a pour sa part accordé 270 millions de dollars de prêts au groupe dans le cadre de sa stratégie de la maîtrise des consommations d'eau.

 

OCP : présentation des résultats du premier semestre 2014

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