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L'Usine Matières premières

Obsolescence programmée : les fabricants d’imprimantes dans la tourmente

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

Ce jeudi 29 mars, l’émission Envoyé spécial consacre un reportage au marché de l’imprimante soupçonnée d’obsolescence programmée. Une enquête préliminaire est en cours contre le japonais Epson, suite à la plainte de l’association HOP. Décryptage avec Laetitia Vasseur, co-fondatrice de cette association.

Obsolescence programmée : les fabricants d’imprimantes dans la tourmente
Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire contre le fabricant japonais d'imprimantes Epson pour obsolescence programmée et tromperie sur l'aptitude à l'emploi.
© Epson

Rien de mieux qu’un reportage à la télévision à heure de grande écoute pour sensibiliser la population à un problème important. Cette fois-ci, il s’agit de l’obsolescence programmée, un principe appliqué par certains industriels pour s’assurer que les consommateurs renouvellent fréquemment leurs produits. Un phénomène dénoncé par l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), mais qui semble concerner de nombreux secteurs de la consommation grand public : matériel informatique, imprimantes, téléphonie, textile, électroménager…

Ce jeudi 29 mars, le reportage "Imprimantes : le coût de la panne" qui sera diffusé sur France 2 dans le magazine "Envoyé spécial" concerne le secteur des imprimantes, un marché mondial aux 100 millions de produits. Et plus particulièrement le fabricant nippon Epson, accusé de réduire volontairement la durée de vie des cartouches d’encre alors qu’elles sont encore remplies d’encre (de 20 à 40 %) et de provoquer la fin des imprimantes grâce au blocage des tampons absorbeurs.

Une première plainte de l’association HOP

Pour la première fois, une association a franchi le pas en attaquant dès septembre dernier Epson via le dépôt d'une plainte, dans laquelle sont également cités les fabricants HP, Canon et Brother. HOP a collaboré pendant plusieurs mois avec les journalistes sur ce sujet. Le reportage présente les dessous de l’enquête préliminaire visant Epson, qui a été ouverte par le Procureur de la République pour obsolescence programmée et tromperie.

"Nous avons de forts soupçons concernant plusieurs industriels du secteur de l’imprimante, mais nous avons vraiment développé et approfondi le cas d’Epson, car nos moyens ne nous permettent pas de mener plusieurs procédures en même temps, précise Laetitia Vasseur, co-fondatrice et déléguée générale de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), à L’Usine Nouvelle. Nous avons déposé une plainte en septembre et l’enquête a été ouverte fin décembre."

L’association et son avocat Maître Emile Meunier ont été entendus récemment par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). "Cela semble aller dans le bon sens, nous avons senti des agents impliqués et motivés, se réjouit Laetitia Vasseur. L’idée est de se porter partie civile quand l’affaire sera jugée."

L’encre vendue plus chère... que le parfum haut de gamme

HOP a également de fortes présomptions concernant les autres industriels du secteur, d’après les éléments qu’elle a pu obtenir, et évoque même – avec tout le conditionnel qui s’impose - la possibilité d’une "entente" entre ces marques. Elle rappelle également le prix exorbitant auquel est vendu le prix du litre d’encre : plus de 2 000 euros en moyenne. "Deux fois plus cher que du parfum haut de gamme, dénonce la déléguée générale de HOP. Et le tampon absorbeur, une pièce anodine qui récupère le surplus d’encre, arrive rapidement en fin de vie alors qu’il est difficile à remplacer."

Bien entendu, Epson n’a pas attendu l’émission de ce jeudi soir pour riposter. L’industriel a répliqué dans le journal Le Monde, qui lui a ouvert ses colonnes le 26 mars dernier, par la voix de Thierry Bagnaschino, le directeur marketing de la filiale française, pour "pouvoir démontrer qu’il n’a jamais eu l’intention de voler [ses] clients". Il indique également, à propos des cartouches inutilisables alors qu’une quantité d’encre non négligeable n’a pas été consommée, que "pour bien fonctionner, celle-ci doit toujours être baignée dans du liquide, de telle sorte qu’il n’y ait pas d’air qui rentre dedans. Sinon l’impression commence à se dégrader et, à la fin, la tête d’impression est irrécupérable. Or, remplacer cette pièce, avec le coût de la main-d’œuvre, peut coûter plus cher que racheter une imprimante d’entrée de gamme". Ces déclarations n’ont pas manqué de faire réagir Laetitia Vasseur lors de notre entretien.

Après les imprimantes, Apple et peut-être les fabricants de collants

"C’est un peu fort de café, s’exclame la co-fondatrice de l’Association. Ses arguments ne sont pas convaincants. Le responsable interrogé reconnait implicitement que leur intérêt est de vendre toujours plus de cartouches." Si Epson venait à être condamné, il faut rappeler que l’obsolescence programmée est reconnue comme un délit depuis la loi sur la Transition énergétique de 2015. Un délit passible d’une peine de deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 euros qui peut être portée jusqu’à 5% du chiffre d’affaires.

L’association HOP est particulièrement active dans les débats sur la future feuille de route de l’économie circulaire. "Nous sommes globalement satisfaits des messages, mais ils sont un peu édulcorés, tempère Laetitia Vasseur. Nous demandons au gouvernement d’aller jusqu’au bout pour avoir des produits réparables et éco-conçus."

Mais la lutte de HOP est loin d’être terminée malgré un texte adopté au parlement européen et en attente d’une réponse de la Commission européenne. Elle a également engagé une action contre le géant Apple, soupçonné de ralentir ses smartphones avec des mises à jour, "au moment de la sortie des nouveaux modèles." Et l’association lance une enquête auprès des consommatrices de collants. "Nous verrons si nous portons plainte", prévient HOP. Certains industriels ont tout intérêt à revoir leur stratégie s’ils veulent pouvoir éviter de futures convocations par la justice.

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6 commentaires

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30/03/2018 - 21h27 -

Je suis assez perplexe sur la programmation des cartouches d'encres Epson je ne partage pas vos avis j'ai une imprimante Epson stylus SX510W depuis juillet 2009 qui fonctionne toujours à merveille quand le message vérifier les cartouches d'encre on peut faire encore au moins 50 impréssions couleur soit une moyenne de 150 impressions en tout , on peut faire de très belles photos aussi mais c'est vrai maintenant les cartouches sont devenues chères seul reproche pour moi , désolé de ne pas être d'accord avec vos avis.
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05/04/2018 - 17h53 -

en 2009? mais on parle ici des imprimantes modernes de 2015 et plus! ça je le confirme que c'est bien la pure vérité
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19/05/2018 - 11h08 -

Je suis tout à fait d'accord, cela dépend de la date d'achat. Mon imprimante Canon, achetée en 2001 m'a duré 12 ans. Ma nouvelle imprimante Canon m'a duré 4 ans et encore il semble que je sois chanceux car j'imprime peu. Au delà elle se bloque et Affiche une erreur B200, ce qui veut simplement dire qu'un compteur (et non un capteur) a décidé qu'il fallait l'envoyer chez Canon (chose que personne ne fait car plus cher qu'une nouvelle imprimante). Là dessus j'ai essayé de bidouiller, elle est reparti, mais s'est éteinte définitivement lors d'une tentative de nettoyage des buses (par le logiciel officiel) alors que j'ai testé le bloc alim qui fonctionne parfaitement... . Vraiment déplorable.
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30/03/2018 - 13h29 -

J'ai une Epson Eco Tank 2550. Cette imprimante bureautique multifonctions grand public vaut environ 300€. Soit beaucoup plus cher que ses concurrentes qui coûtent environ 100€. Sauf qu'elle ne contient pas de cartouches, mais des réservoirs qui se remplissent avec des flacons qui coûtent 10€ les 70ml (en marque Epson). Donc si les autres imprimantes coûtent si peu cher, c'est que les marques se rattrapent sur les cartouches. Hormis la qualité photo, je suis très satisfait de mon choix.
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30/03/2018 - 10h38 -

votre essai sur des feuilles remplies d'encre noire vous a permis d'en faire 12.5 pages et l'imprimante s'est arretée vous avez fait constater que la puce des cartouches était programmée pour (100-200?) feuilles ? il y a quand même une relation entre la machine et l'encre consommée, bien que la puce ne soit pas en contacte avec le volume d'encre. d'autre part j'ai fait l'expérience de peser les cartouches avant et après utilisation effectivement on constate des écarts de 2 a 3 grammes non utilisé
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29/03/2018 - 22h52 -

Bonjour je viend acheter une imprimante epson j ai vue cette émission à la tv sur.france.2 .Jai les mêmes problèmes avec.l encre.je vais la foudre en l air et trouver des plus ancienne plus sûr. Et je vais parler à tout les gens de ne plus acheter cette marque.
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29/03/2018 - 22h12 -

Enfin ça bouge ! Bravo à l'association Hop Idem pour les imprimantes laser, elles ont aussi un compteur de copies, pour moins de 15€ on peut acheter sur internet une contre puce qui annule le compteur et qui permet de continuer de se servir de l'imprimante......
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29/03/2018 - 20h11 -

Et pourquoi les cartouches d’encre (pour un modèle d’imprimante similaire) sont-elles vendues trois fois plus cher en France qu’au Japon ? À noter que les cartouches d’encre japonaises ne sont pas utilisables sur les modèles Epson français. Arnaqueurs.
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