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L'Usine de l'Energie

Objectifs renouvelables

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Dossier La France s’est dotée en 2015 d’une loi de transition énergétique très ambitieuse en termes de mix énergétique et électrique. État des lieux.

Objectifs renouvelables
Les ombrières solaires installées par La Compagnie du Vent sur le parking du logisticien Walon, à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), intègrent un pilote smartgrid.

Ne pas confondre mix énergétique et production électrique. L’électricité ne représente que 23 % de l’énergie consommée en France. Une part qui pourrait exploser si le secteur des transports se convertit massivement à l’électrique. En attendant, c’est à l’aune de ce chiffre qu’il faut aborder les objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour une croissance verte, adoptée en 2015. Ségolène Royal, l’ex-ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, a réussi à faire publier la quasi-totalité des décrets d’application (95 % des 162 mesures au programme) avant la fin du mandat de François Hollande. Un exploit ! Cette loi engage la France à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % en 2030 et de 75 % (le fameux « facteur 4 ») en 2050 par rapport à 1990.

Pour y parvenir, la France doit porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale en 2030, ce qui revient à produire 40 % d’électricité à partir de l’hydraulique, du solaire, de l’éolien, des bioénergies, voire des énergies marines, contre 14 % en 2012. La loi impose également de réduire à 50 % la part de l’électricité issue du nucléaire d’ici à 2025. Autre engagement très ambitieux inscrit dans ce texte : diviser par deux la consommation finale d’énergie en France d’ici à 2050 par rapport à 2012, avec une étape intermédiaire de 20 % en 2020, soit 3 % de moins que ce qui avait été prévu lors du Grenelle de l’environnement de 2007.

En présentant, le 19 avril, le bilan de l’application de la loi de transition énergétique, Ségolène Royal a dressé un inventaire à la Prévert. Parmi les premiers résultats obtenus notamment grâce au fonds de financement de la transition énergétique qui a mobilisé 750 millions d’euros sur trois ans : 810 000 tonnes de CO2 évitées par an, soit la consommation annuelle moyenne de plus de 310 000 voitures ; plus de 1 500 bâtiments publics et 65 000 logements rénovés BBC (bâtiment basse consommation), plus de 3 500 véhicules électriques et hybrides dans le parc public, 4 millions de mètres carrés de surface photovoltaïque déployée, 1 million d’ampoules LED distribué gratuitement…

« Cette loi fixe un bon cadre, reconnaît Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’Environnement, qui a rejoint l’équipe d’Emmanuel Macron au début de l’année [lire l’entretien page 36]. Mais les moyens n’y sont pas, parce que le gouvernement n’a pas voulu aller au bout de sa logique. » C’est désormais au gouvernement d’Emmanuel Macron d’agir ! Voici, énergie par énergie, les objectifs à atteindre.


50 % de nucléaire dans le mix électrique en 2025

La loi de transition énergétique pour la croissante verte de 2015 fixe pour objectif de ramener la part de l’énergie nucléaire dans le mix de production électrique à 50 % en 2025. Cela correspondrait à l’arrêt de la production moyenne de 17 à 20 réacteurs (d’une puissance comprise entre 900 et 1 450 MW), selon la Cour des comptes. Dans son « bilan de référence », le gestionnaire de réseau RTE estime que cela reviendrait à fermer 10 à 15 réacteurs, et table sur une augmentation de la consommation qui ne semble pas se concrétiser. En 2016, le parc nucléaire français a généré 384 TWh, soit 72,3 % de l’électricité totale produite sur le territoire, le plus bas niveau depuis 1992.


40 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité en 2030

La production d’électricité renouvelable a atteint 94,7 TWh en 2016, selon RTE. Cela permet de couvrir 19,6 % de la consommation électrique française, contre 16,4 % en 2012. 40 % des capacités de production d’énergies renouvelables sont d’origine solaire ou éolienne (29 TWh). Les bioénergies représentent seulement 1,6 %. Depuis 2014, la puissance du solaire et de l’éolien a augmenté de 25 %. Les énergies renouvelables produisent, à la pointe de midi, l’équivalent de six réacteurs nucléaires, d’après les estimations du ministère de l’Environnement.
 

750 MW d’hydroélectricité en 2023

L’hydroélectricité reste la première source d’électricité renouvelable, avec près de 25,5 GW installés en France, un potentiel stable, selon RTE. En 2016, elle a représenté 12 % de la production électrique. Le décret relatif à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), publié le 28 octobre 2016, fixe néanmoins l’objectif d’augmenter de 500 à 750 MW le potentiel hydroélectrique d’ici à 2023. Comment ? En relançant la micro et petite hydroélectricité. Dix-neuf projets, dont quatre sur des sites d’anciens moulins, représentant une capacité de 27 MW, ont déjà été retenus. Un nouvel appel à projets pour une puissance de 105 MW a été lancé en avril.
 

20 GW de photovoltaïque en 2023

La PPE de 2016 prévoit de porter la puissance photovoltaïque installée sur le territoire à 10,2 GW d’ici à la fin 2018, et entre 18,2 GW à 20,2 GW d’ici à la fin 2023. Elle était de 6,7 GW fin 2016, soit 5,2 % du potentiel électrique, et a contribué à 1,6 % de la production d’électricité. Deux appels d’offres par an pour des centrales au sol d’une puissance installée supérieure à 500 kW et de grandes installations sur ombrières de parking sont prévus pour y parvenir. C’est indispensable, car la puissance des nouvelles installations solaires raccordées au réseau n’a atteint que 550 MW en 2016, contre 853 MW en 2015. Elle était déjà en baisse de 4 % par rapport à 2014, selon l’Observatoire de l’énergie photovoltaïque en France. C’est le plus bas niveau depuis 2010, année du véritable démarrage du photovoltaïque en France.
 

20 % d’éolien à l’horizon 2030

Le parc éolien français a dépassé les 11,6 GW installés à la fin 2016, représentant 8,6 % du parc électrique. Il a fourni 3,9 % de l’électricité du pays et commence à peser sur le mix électrique français. La loi n’a pas fixé d’objectif à l’éolien, mais la filière voudrait atteindre 20 % d’électricité d’origine éolienne en France à l’horizon 2030, selon l’association France Énergie Éolienne. Elle mise sur l’installation de nouveaux parcs en mer. La filière doit faire face à des procédures longues et à une forte opposition des riverains.

 
10 % de biométhane dans la consommation

de gaz en 2030Le biométhane, dont la production est autorisée en France depuis 2011, s’obtient par méthanisation de déchets, agricoles notamment, mais avec une étape de purification supplémentaire. Ce gaz vert peut être directement injecté dans le réseau ou utilisé comme carburant pour véhicule (GNV). Actuellement, 29 sites de production injectent déjà 215 GWh de biométhane dans le réseau de gaz en France, contre 9,1 TWh en Allemagne. Et 241 projets attendent d’être réalisés. La loi de transition énergétique prévoit d’atteindre 10 % de biométhane dans la consommation française de gaz naturel en 2030.

 

0 % d’électricité produite par une centrale à charbon
 
Promise par François Hollande, la fermeture de toutes les centrales à charbon françaises a été repoussée. Elle figure dans le programme d’Emmanuel Macron et est souhaitée par l’Europe. Il reste trois centrales à charbon en activité dans l’Hexagone, deux opérées par EDF, à Cordemais (Loire-Atlantique) et Le Havre (Seine-Maritime), et celle d’Émile Huchet, sur les communes de Saint-Avold et Carling (Moselle), exploitée par E.On.

100 € Le prix de la tonne de CO 2 à terme

La France est ambitieuse sur le prix du carbone. L’article 1 de la loi de transition énergétique fixe à 56 euros la tonne de carbone en 2020 et à 100 euros en 2030. En Europe, le prix moyen de la tonne de CO2 n’est aujourd’hui que de 5 à 7 euros.

Enfin, si la France a n’a pas réussi à développer une filière puissante d’équipementiers pour le photovoltaïque et l’éolien, elle pourrait se rattraper avec l’hydrolien. Dans le cadre du programme des investissements d’avenir, 500 millions d’euros ont été engagés pour soutenir les énergies marines. Le stockage de l’énergie est aussi un enjeu fort, comme le rappelle Corinne Lepage [lire page 36], qui milite pour que l’Europe devienne un leader industriel sur ce sujet. En France, les initiatives ne manquent pas. En témoignent les 18 projets en lice pour nos Trophées de la transition énergétique.

3 édition des trophées de la transition énergétique

Les noms des sept lauréats de la troisième édition des Trophées de la transition énergétique, organisés par « L’Usine Nouvelle », ont été dévoilés lors d’une cérémonie, le 16 mai à Paris. Ils ont été choisis par un jury de professionnels de l’énergie, présidé par Jean Jouzel, climatologue et glaciologue. Nous publions dans ce numéro la liste des 18 projets présentés, classés en six catégories : efficacité énergétique, start-up, technologies, digitalisation, transports et énergies renouvelables. La rédaction les a sélectionnés en prenant en compte leur faisabilité, leur originalité et leurs avancées pour l’environnement.

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