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Obama veut restreindre l’accès des Chinois aux technologies des semiconducteurs

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Le président américain Barack Obama prépare un dispositif durcissant les restrictions d’accès des Chinois aux technologies des semiconducteurs. Il appartiendra à son successeur Donald Trump de le mettre en pratique.

Obama veut restreindre l’accès des Chinois aux technologies des semiconducteurs
Les semiconducteurs, enjeu de la bataille à venir entre Washington et Pékin
© © 2013 Micron Technology, Inc.

Les Etats-Unis semblent déterminés à contrecarrer les ambitions de la Chine dans les semiconducteurs. Selon le Wall Street Journal, le président Barack Obama prépare un nouveau dispositif de contrôle des investissements étrangers visant à durcir les restrictions d’accès des Chinois aux technologies dans ce secteur. Il veut le finaliser avant son départ de la Maison blanche le 20 janvier 2017.

 

Washington effrayé par les ambitions de la Chine

Washington considère les semiconducteurs comme un secteur hautement stratégique, essentiel non seulement à sa prospérité économique mais aussi à sa sécurité nationale. Les Etats-Unis dominent largement cette industrie avec, selon IC Insights, 54% du marché mondial des circuits intégrés en 2015, loin devant la Corée du Sud (20%), le Japon (8%), Taiwan (7%), l’Europe (6%) et la Chine (3%). Une domination que l’administration d’Obama tient à préserver en barrant la route au plan de développement de Pékin dans le secteur.

Depuis le début de son 13e plan quinquennal en 2015, la Chine est engagée dans une course visant à porter son autosuffisance dans les circuits intégrés électroniques à 70% en 2020, contre moins de 13% en 2015, selon IC Insights. A la clé, une enveloppe d’investissement de plus de 160 milliards de dollars en 10 ans. Un plan qui effraie par son ampleur Washington, voyant dans ces ambitions davantage une stratégie de puissance nationale, avec son impact sur le plan militaire, qu’une simple volonté de développement économique.

 

Véto pour motif de sécurité nationale

Aujourd’hui, tous les investissements étrangers dans des entreprises américaines  (et même non américaines présentes aux Etats-Unis) à plus de 5% du capital doivent passer par les fourches caudines du redouble Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS). Un comité interministériel qui examine les transactions du point de vue des intérêts économiques stratégiques des Etats-Unis mais aussi des risques pour leur sécurité nationale.

C’est au motif de la sécurité nationale que l’entrée du chinois Unisplendour à hauteur de 15% dans le capital de Western Digital, numéro un mondial des disques durs et l’un des six grands fabricants de puces mémoires flash au monde, a été bloquée. D’autres tentatives ont été tout simplement découragées comme l’offre de Tsinghua Unigroup, fer de lance de l'offensive de la Chine dans les circuits intégrés, sur Micron Technology, premier fabricant amériain de mémoires, ou la surenchère d’investisseeurs chinois sur Fairchild, berceau des semiconducteurs outre-Atlantique. Washington est allé jusqu’à mettre son veto à la vente à des investisseurs chinois de Lumileds, l’activité du néerlandais Philips dans les LED de puissance, et d’Aixtron, petit équipementier allemand de production de semiconducteurs.

 

Projet plus dur que ce que fait Taïwan

L’administration américaine envisage d’étendre le champ d’intervention du CFIUS en incluant dans ses prérogatives le contrôle des exportations de composants et équipements à usage militaire, des montages de coentreprises, des cessions de licences, des ventes de brevets, dles transferts de technologies ou encore des échanges d’informations sensibles. Les Etats-Unis irait ainsi plus loin que Taïwan, dont la politique est actuellement la plus restrictive vis-à-vis de la Chine.

Ce projet a de quoi inquiéter les industriels américains des semiconducteurs qui utilisent le montage de coentreprise comme un moyen pour mieux pénétrer le marché chinois. C’est ce que Qualcomm et AMD ont fait en 2016, le premier pour développer ses processeurs dans les serveurs vendus en Chine, le second pour amorcer son offensive contre Intel avec ses processeurs de serveurs à architecture ARM.

 

Grande bataille en perspective

Les Chinois, qui ont fait des Etats-Unis, leur terrain de chasse privilégié, ont tout à craindre également. Car au successeur d’Obama qu’il appartiendra de mettre en pratique ces nouvelles restrictions. Or le président élu Donald Trump a fait de la défense des intérêts américains contre la Chine un thème majeur de son programme. Les semiconducteurs risquent de cristalliser la bataille à venir entre les deux plus grandes puissances économiques du monde.

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