Obama prend sa revanche lors d’un duel très tendu avec Romney

Bien plus combatif que lors du premier débat, Barack Obama s’est présenté comme le défenseur de la classe moyenne et de l’industrie américaine. En face, Mitt Romney a encaissé les coups et mis l’accent sur le bilan économique du président sortant.

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Obama prend sa revanche lors d’un duel très tendu avec Romney

"C’est le meilleur débat présidentiel que j’ai vu depuis des décennies". L’analyse à chaud du commentateur politique d’ABC laisse peu de place au doute : le duel de ce mardi soir entre Barack Obama et Mitt Romney a été riche et intense. Le format y est sans doute pour beaucoup. Contrairement au premier débat - modéré par un journaliste - le deuxième duel donnait en effet la parole à des électeurs indécis chargés d’interpeller directement les deux hommes.

Sans surprise, l’économie a été le premier sujet abordé. "Que comptez-vous faire pour m’assurer un emploi à ma sortie de l’université ?" a interrogé Jérémy, un étudiant de 20 ans. L’occasion pour les deux candidats de rappeler leurs promesses pour les quatre ans à venir : 12 millions de créations d’emplois pour Mitt Romney, un millions de nouveaux postes dans l’industrie manufacturière pour Barack Obama. Beaucoup plus offensif que lors du premier débat, le président a mis en avant son plan de sauvetage de Chrysler et General Motors et rappelé que Mitt Romney s’y était opposé. "Mon adversaire voulait abandonner Détroit et l’industrie de l’automobile", a martelé Barack Obama.

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Sur l'emploi

En filigrane, ce sont d’ailleurs deux modèles économiques qui se sont affrontés, en particulier autour du rôle du gouvernement. "Le gouvernement ne crée pas d’emploi" a déclaré Mitt Romney. "Non, le gouvernement ne crée pas d’emploi, a répliqué Barack Obama, mais son rôle est de s’assurer que tout le monde puisse avoir sa chance". A plusieurs reprises, le démocrate a d’ailleurs dépeint son rival comme le grand défenseur des plus aisés, au détriment de la classe moyenne. "Le gouvernement n’a pas un plan en cinq points. Il a un plan en un point : faire que ceux qui sont tout en haut bénéficient de règles différentes", a attaqué le président.

De son côté, Mitt Romney s’en est pris au bilan de l’administration Obama. "Le taux de chômage (7,8%) est aujourd’hui au même niveau que lorsque le président a pris ses fonctions. L’industrie manufacturière a perdu plus de 500 000 emplois en quatre ans et il y a toujours 23 millions d’Américains sans travail", a répété le candidat républicain.

Sur l'énergie

Une autre question, portant sur les prix de l’essence, a donné lieu à un échange très vif sur le dossier énergétique. L’ancien gouverneur du Massachussetts a accusé - à juste titre - son adversaire d’avoir freiné la production de gaz et de pétrole sur les terres publiques fédérales. Et répété sa promesse d’une Amérique du nord indépendante énergétiquement d’ici 2020, grâce notamment au renforcement des forages pétroliers offshore. "Je me battrai pour le pétrole, le gaz naturel et le charbon", a déclaré Mitt Romney. Barack Obama a alors riposté : "En 2003, dans le Massachussetts, vous avec critiqué et fermé une centrale à charbon en disant qu’elle tuait des gens. Et maintenant, soudainement, vous êtes Monsieur Charbon ?".

Au passage, le président démocrate en a profité pour défendre sa politique de soutien aux énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. "Nous avons mis en place des nouveaux standards qui obligeront les voitures américaines à consommer deux fois moins qu’aujourd’hui. C’est le bon choix à faire car c’est ce type de voitures que le monde veut acheter. Et plus nous exporterons de véhicules, plus nous créerons d’emplois dans notre industrie automobile".

Sur la Chine

Après un échange très tendu sur l’attaque contre le consulat américain de Benghazi, en Libye, puis des questions sur l’immigration, les femmes et le contrôle des armes, la Chine a ensuite fait son apparition dans le débat. "La Chine manipule sa monnaie, elle triche depuis des années" a martelé Mitt Romney, dénonçant une nouvelle fois le manque de fermeté de l’administration Obama à l’égard de Pékin. "Vous avez investi dans des sociétés pionnières dans les délocalisations vers la Chine", lui a répondu Barack Obama, avant de lancer : "Gouverneur, vous êtes la dernière personne qui se montrera ferme envers la Chine".

Interrogés sur la question des relocalisations et la façon de compenser le coût salarial plus élevé aux Etats-Unis qu’en Chine, Mitt Romney a estimé qu’il fallait obliger Pékin à "respecter les règles du jeu". "Tous les emplois ne reviendront pas, mais ce que je veux, ce sont des emplois qualifiés et bien payés", a rétorqué Barack Obama, mettant l’accent sur la nécessité de former étudiants et travailleurs pour leur permettre d’occuper ces postes qualifiés.

Enfin, profitant de sa dernière intervention, et du fait que Mitt Romney n’avait plus le droit à la parole, le président sortant a dénoncé la phrase de Mitt Romney sur les 47% d’Américains vivant "aux crochets" du gouvernement. "Réfléchissez à ceux dont il parlait, a-t-il dit. Pour moi, il parlait de nos retraités, de nos étudiants et des gens qui travaillent dur tous les jours". Le troisième et dernier débat, consacré aux questions internationales, aura lieu lundi 22 octobre en Floride.

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