Economie

Obama et les "green tech", un bilan en demi-teinte

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Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a fait du développement des "green tech" une priorité de sa politique économique. Des dizaines de milliards de dollars ont été investis. Avec quel résultat ? Bilan, à l’heure où le président américain remet en jeu son mandat.

Obama et les green tech, un bilan en demi-teinte © U.S.G.W.

Solyndra devait être la vitrine de la relance verte de Barack Obama. "Un témoin de l’ingéniosité et du dynamisme américain", selon les mots du président. Patatras ! Il y a un an, le fabriquant de capteurs solaires faisait faillite et licenciait ses 1100 employés. Dans l’affaire, le gouvernement a perdu 535 millions de dollars qu’il avait prêtés à la société dans le cadre du plan de relance de février 2009.

Au total, sur les 787 milliards de dollars du Recovery Act, près de 35 ont en effet été consacrés au Loan Programs Office (LPO), un programme de prêts gouvernementaux à taux réduits destinés à des entreprises liées au secteur de l’énergie. Grâce au LPO, l’administration Obama espérait créer  60 000 emplois. Trois ans et demi plus tard, les objectifs sont loin d’être atteints : selon le département de l’énergie, le programme a permis de créer entre 3000 et 4000 emplois directs et permanents (hors construction).

Principale déception : le solaire. Outre l’échec retentissant de Solyndra, d’autres entreprises du secteur ont subi de plein fouet la concurrence de la Chine et la chute de 40% du prix des panneaux solaires en 2011. Abound Solar, qui avait bénéficié d’un emprunt fédéral de 68 millions de dollars et comptait encore 400 employés début 2012, s’est déclaré en faillite début juillet. Solar Trust of America (plus de 2 milliards d’aides fédérales), Evergreen Solar (125 millions), Amonix Solar (25 millions)  et Energy Conversion (13 millions) ont connu le même sort au cours des douze derniers mois.

Dans le cadre de sa politique "green tech", Barack Obama a également beaucoup misé sur le développement de la voiture électrique. 2,4 milliards de dollars de subventions ont été débloqués, dont un milliard et demi pour la production de batteries lithium. Une vingtaine d’usines en ont profité, mais toutes n’ont pas survécu.

Ener1, l’une des principales bénéficiaires de ces aides publiques avec 118 millions de dollars, a fait faillite en début d’année. Quant à la société A123 Systems, qui a reçu de l’état 250 millions de dollars (la deuxième plus grosse enveloppe), elle vient de céder 80% de son capital au groupe chinois Wanxiang pour éviter la banqueroute.

L'argument des emplois sauvés

Du côté des fabricants de voitures électriques, les résultats sont en revanche plus prometteurs. Le californien Tesla, qui a reçu un prêt public de 465 millions de dollars via le LPO, a commencé à livrer en juin sa berline Model S, avec un moins d’avance sur le planning. C’est le second modèle de l’entreprise d’Elon Musk après la sportive Roadster, sortie en 2008.

Certes, la société a perdu près de 200 millions de dollars au premier semestre 2012, mais elle compte sur un carnet de commandes bien garni pour équilibrer progressivement les comptes. Son usine de Fremont, où travaillent désormais plus de 2000 personnes, devrait tourner à plein régime dans les prochains mois.

Au final, à quelques semaines de l’élection du 6 novembre, la relance "green tech" de Barack Obama semble donc assez loin d’avoir rempli ses objectifs. La Maison Blanche se défend en expliquant que si peu d’emplois ont effectivement été créés, beaucoup d’autres ont en revanche été sauvés.

Washington revendique par exemple le sauvetage de 33 000 emplois chez Ford grâce à un prêt de 6 milliards de dollars. Cet argent a permis au géant de l’automobile de rénover des usines pour construire des véhicules plus efficients énergétiquement. Plusieurs économistes estiment toutefois que ce chiffre de 33 000 emplois sauvés est largement surestimé.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que sur les 90 milliards de dollars dépensés par l’administration Obama pour développer les énergies propres, la majeure partie a été investie dans des projets à long terme, dont les effets sur l’emploi –et sur l’environnement– sont aujourd’hui difficiles à mesurer.

La rénovation énergétique de bâtiments publics et privés (26 milliards de dollars), l’extension du réseau ferroviaire (18 milliards) et le développement d’un vaste "smart grid" au niveau national (10 milliards) en sont les exemples les plus frappants. Mais dans une campagne sans merci, ce sont les résultats d’aujourd’hui qui comptent, pas ceux de dans vingt ans.

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