Economie

Obama, candidat du "made in America"

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"Bring manufacturing back !". Ramener l’industrie à la maison. Voilà qui semble devenu le nouveau credo de Barack Obama. Son discours d’investiture lors de la convention démocrate jeudi 6 septembre a ainsi fait la part belle à l’industrie "made in USA".

Obama, candidat du made in America © United States Government Work

A Charlotte, le président a tout d’abord défendu son bilan : 512 000 emplois créés dans l’industrie manufacturière depuis janvier 2010. Puis affiché ses ambitions : créer un million de postes supplémentaires d’ici à 2016 et doubler les exportations américaines à l’horizon 2014.

Cet intérêt pour le secteur n’est d’ailleurs pas nouveau. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a fait du soutien à l’industrie nationale un axe majeur de sa politique. Exemple le plus marquant : le sauvetage du secteur automobile, en 2009.

Mais Chrysler et General Motors ne sont pas les seules à avoir bénéficié d’une avalanche d’argent public. Dans le cadre du Recovery Act de février 2009, des milliards de dollars ont été consacrés au développement d’une industrie verte (batterie au lithium, par exemple). L’accent a aussi été mis sur la coopération entre gouvernement, universités et industriels, par le biais du programme "Advance manufacturing partnership", lancé en juin 2011 et doté de 500 millions de dollars.

Mais depuis le début de l’année, Barack Obama veut aller plus loin et ne jure plus que par un mot : "insourcing". En français : relocalisation. Le 11 janvier, lors d’un forum sur le sujet organisé à la Maison Blanche, le président a félicité Ford et Caterpillar pour avoir rapatrié aux Etats-Unis certaines de leurs usines.

Deux semaines plus tard, lors de son discours sur l’état de l’Union, il a prononcé à 15 reprises le mot "manufacturing", qu’il n’avait jamais mentionné plus de trois fois les années précédentes. Enfin, au début de l’été, il a soumis au Congrès la loi "Bring jobs home", qui prévoyait entre autres des baisses d’impôts pour les entreprises qui relocalisent. Le 19 juillet, le texte a été rejeté par le Sénat à majorité républicaine.

Alors pourquoi cet engouement récent pour le "made in USA" ? Première explication : la multiplication d’études soulignant le nombre croissant de relocalisations. Et leur potentiel économique. En août 2011, un rapport du Boston Consulting Group affirmait que d’ici à 2015, certaines régions des Etats-Unis seraient aussi compétitives que la Chine pour la production de nombreux biens destinés au marché américain. Pour un président désespérément en quête de relance économique et de créations d’emplois (chômage à 9,1% à l’été 2011, 8,1% en août 2012), il était difficile d’ignorer de telles prévisions.

Enfin, contrairement à ce qu’a affirmé le vice-président Biden jeudi dernier - "Barack Obama ne réfléchit jamais en termes de retombées politiques" -, ce pari de la relocalisation répond aussi, bien sûr, à une stratégie électorale. Selon un récent sondage, 89% des électeurs soutiennent une stratégie nationale de soutien à l’industrie manufacturière. Surtout, plusieurs états industriels (Ohio, Wisconsin, Colorado) font partie des fameux "swing states", cette dizaine d’états indécis qui seront déterminants dans le duel du 6 novembre entre Barack Obama et Mitt Romney

C’est dans ces états que les deux candidats vont concentrer leur campagne dans les semaines à venir. Avec, pour Barack Obama, un défi de taille : séduire à nouveau la fameuse "classe moyenne" américaine, dont l’histoire et l’évolution sont étroitement liées à celle de l’industrie.

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