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NXP veut se mesurer à Texas Instruments dans les puces industrielles, pas si simple

Ridha Loukil , , , ,

Publié le , mis à jour le 25/11/2018 À 10H29

En créant un centre de compétences dédié à l’industrie, le fabricant néerlandais de semi-conducteurs NXP ambitionne de contester le leadership de l’américain Texas Instruments sur ce marché en fort développement. Une démarche tout aussi osée... que compliquée.

NXP veut se mesurer à Texas Instruments dans les puces industrielles, pas si simple
Le centre de compétence industriel de NXP.
© NXP

NXP à l’offensive dans l’industrie. Le fabricant néerlandais de semi-conducteurs, qui compte 31 000 personnes dans le monde et affiche 9,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2017, part à la conquête de ce marché dominé aujourd’hui largement par l’américain Texas Instruments. C’est le sens de la création de son centre de compétence industriel (ICC pour Industrial comptency center) lancé officiellement à l’occasion d’Electronica, le salon des composants électroniques qui s’est tenu à Munich, en Allemagne, du 13 au 16 novembre 2018.

Construction d'un écosystème

"Nous voulons apporter aux industriels pas juste des composants électroniques mais des solutions qui leur parlent et qui leur enlèvent les maux de tête provoqués par la transformation vers l’industrie 4.0, explique à L’Usine Nouvelle son directeur Sylvain Gardet. Cela suppose l’intégration de logiciel, Machine learning et intelligence artificielle pour mettre de l’intelligence dans les robots, les automates et autres équipements de production. C’est pourquoi nous travaillons à structurer un écosystème complet avec des partenaires dans la R&D, l’innovation, le Machine Learning, l’intégration de systèmes, la standardisation ou encore le cloud."

Ce centre mobilise une vingtaine de personnes autour de projets dans l’Edge computing, nouveau cheval de bataille de NXP pour l’accompagnement des industriels dans la distillation de l’intelligence artificielle dans les machines au plus près des capteurs, en complément des solutions traditionnelles centralisées dans le cloud. "Nous voulons collaborer avec les clients et des partenaires pour développer des solutions d’industrie 4.0 capables de répondre au défi de la personnalisation à la demande, martèle Sylvain Gardet. Nous sommes dans une démarche proactive avec l’objectif de créer des démonstrateurs et preuves de concept." Pour le lien de ses solutions d’Edge computing avec le cloud, NXP travaille avec quatre des cinq plus gros acteurs de cloud public d’infrastructure au monde : Amazon Web Services, Microsoft Azure, IBM et Alibaba Cloud.

Si le marché industriel des semi-conducteurs suscite tant de convoitise, c’est qu’il est promis à de belles perspectives de développement et offre l’avantage d’être plus stable et à meilleures marges que les marchés du grand public ou des mobiles. Selon le cabinet IHS Markit, il devrait croitre en moyenne de 7,7% par an sur les cinq années à venir, contre 6,4% pour l’ensemble des semi-conducteurs. Ce qui devrait le faire passer de 49,1 milliards de dollars en 2017 à plus de 70 milliards de dollars en 2022.

Roi des puces pour automobile

"Après l’abandon du projet de son acquisition par Qualcomm, faute du feu vert de la Chine, NXP cherche un moyen de se développer seul dans les années à venir, explique à L’Usine Nouvelle Robbie Galoso, analyste chez IHS Markit. Il a décidé de faire de l’Internet des objets industriel et de l’Edge computing le prochain moteur de sa croissance. La création d’ICC constitue une démarche intéressante même si je n’en vois pas à ce stade l’impact potentiel en termes de revenu. Mais en se liant à des partenaires comme Amazon Web Services, il va accélérer son développement sur ce marché. Son chiffre d’affaires dans ce domaine provient aujourd’hui à deux tiers des trois applications : la fabrication et l’automatisation des process, le contrôle de bâtiment et le médical."

Avec le rachat en décembre 2015 de l’américain Freescale, NXP s’est hissé en tête des puces pour l’automobile en remplacement du japonais Renesas Electronics. "Nous voulons reproduire ce succès dans l’industriel et devenir le leader mondial de ce marché dans cinq ans, lance Sylvain Gardet sans avoir froid aux yeux. Nous avons l’ADN, le savoir-faire et l’offre pour réussir. Nous disposons de toutes les briques technologiques, depuis les passerelles cloud jusqu’aux capteurs. Pour le traitement, nous couvrons toute la gamme, depuis les microcontrôleurs à quelques centimes jusqu’aux processeurs d’application à des dizaines de dollars."

Cette ambition parait tout aussi osée que compliquée. Selon IHS Markit, NXP pointe à la neuvième place sur ce marché avec une part de seulement 2,7% en 2017, loin, très loin derrière le leader Texas Instruments (10,3%). Le groupe d’Eindhoven est devancé aussi par Analog Devices (5,7%), Intel (5,6%), Infineon Technologies (5,5%), STMicroelectronics (5,3%), Micron Technology (3,5%), Toshiba (3,1%) et Microchip Technology (2,8%). " Le marché compte pas moins de 100 acteurs, précise Robbie Galoso. Figurer dans le Top 10 est soi un bon résultat."

A l'affut d'acquisitions

Dans son offensive, l'ancien bras armé de Philips dans les semi-conducteurs peut compter sur ses relations avec des industriels européens clés comme ABB, Siemens, Philips ou Schneider Electric. " C'est un atout incontestable, estime l'analyste d'IHS Markt. Sans compter sa position forte en Chine. Mais battre Texas Instruments parait un objectif difficile à réaliser. L’écart est trop important à combler. Du moins de façon organique. La seule solution passe par des acquisitions comme l’ont fait récemment Analog Devices avec Linear Technology, Infineon Technologies avec International Rectifier, Microchip Technology avec Atmel puis Microsemi, et ON Semiconductor avec Fairchild."

Contrairement aux marchés des puces pour l'automobile, les mobiles ou l'informatique, celui pour l'industrie reste compliqué à aborder. " Il est extrêmement fragmenté, précise Robbie Galoso. Pour nous études, nous le décomposons dans pas moins de 37 segments." Il faut déployer un trésor d'énergie pour l'adresser et passer par un réseau dense de distributeurs pour servir de façon capillaire le grand nombre de PME-PMI.

L’analyste est convaincu que NXP est à l’affut d’acquisitions même si le contexte devient aujourd’hui compliqué. Toshiba parait une cible toute indiquée. Le géant japonais de la construction électrique et électronique a déjà vendu ses mémoires flash NAND en juin 2018 au consortium Pangea mené par le fonds d’investissement américain Bain Capital. Il pourrait achever son désengagement des puces électroniques en vendant aussi le reste de ses semi-conducteurs. Une activité qui le positionne comme septième mondial sur le marché industriel en 2017, selon IHS Markit. Des acteurs plus petits comme les américains Maxim Integrated, Xilinx ou Vishay pourraient également être des cibles.

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