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Numérique Valley

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Publié le

Enquête La Silicon Valley, ce petit bout de Californie, reste au coeur de l'économie numérique mondiale. Les déboires de Facebook en Bourse? Personne n'en parle, tout le monde a le regard tourné vers l'avenir...

Menlo Park, Palo Alto, Moutain View, Cupertino, Santa Clara... Les panneaux qui longent l'autoroute 101, au sud de San Francisco évoquent Facebook, HP, Pinterest, Google, Apple, Cisco, Intel... Pas de doute, nous sommes dans la Silicon Valley. Certes, l'ombre de la désastreuse entrée en Bourse de Facebook plane. Comme résonnent encore les quelques hoquets des investisseurs locaux qui, en 2010, ont tenté une incursion dans les cleantechs. Mais la vallée du silicium reste bel et bien le coeur numérique du monde. Où l'on croise toutes les entreprises du secteur, les plus pointus des investisseurs et les meilleurs ingénieurs de la planète.

Preuve s'il en est que le territoire conserve toute son attractivité en 2012, Ford ouvrira mi-juin un laboratoire de recherche high-tech à Palo Alto. Objectif : travailler sur une plate-forme open source d'interaction entre véhicule et conducteur. Quel meilleur endroit que le berceau de la Silicon Valley pour se retrouver en prise directe avec les acteurs du secteur ? « Le simple fait d'être ici physiquement est un atout. Notre arrivée nous a déjà valu un nombre incroyable de coups de téléphone », s'étonne presque le patron du laboratoire, TJ Giuli. Ce jeune docteur en informatique de l'université voisine de Stanford, véritable geek, entend d'ailleurs s'imprégner de l'esprit des lieux et gérer son labo comme une start-up. Une quinzaine de personnes seulement et des idées à confronter à l'envie. Il ne manquera pas d'interlocuteurs pour ce faire. Ses équipes ont déjà partagé une nuit de codage effrénée avec les ingénieurs de Facebook...

Facebook, le célèbre réseau social siège à quelques kilomètres à peine. Tout comme Google, Apple, Twitter, Intel, AMD, Microsoft, Qualcomm, Alcatel-Lucent, Huawei... Du processeur jusqu'au réseau social, tous ceux qui comptent dans le numérique sont à une demi-heure de voiture tout au plus. Les ingénieurs arpentent les mêmes rues et fréquentent les mêmes cafés. Et si il y a peu de chance de tomber par hasard sur le PDG de Google, rien n'empêche d'aller discuter sans complexe avec ses employés sur le campus de l'entreprise à Mountain View. Une aubaine, même quand on est une entreprise française, que l'on s'appelle Polestar et qu'on ne travaille pas dans le web mais sur des systèmes de navigation en intérieur. « Tout ce qui compte en matière de système de localisation se trouve ici, s'exclame Christian Carle, le PDG fondateur de la start-up. Avant même de nous installer à la fin 2011, en un seul déplacement lors du French tech tour d'Ubifrance, nous avons rencontré Google, Apple, Broadcom et Qualcomm. » Inimaginable ailleurs.

Avec une telle proximité, mieux vaut être habitué à la collaboration et au partage, comme il le rappelle : « La clause de non-concurrence n'existe pas en Californie ! » La promiscuité est ici vue comme un facteur de productivité... Au point que l'on montre dès que l'on peut ce que l'on est capable de réaliser, pour obtenir des avis. Un autre français, Henri Binsztok, PDG fondateur de MLState regrette ainsi « d'avoir passé trois ans à développer notre technologie en vase clos par peur qu'on nous la vole ! Ici, on nous aurait incités à la montrer, même inachevée. » Avec son outil de développement de sites Web, il veut concurrencer Javascript... Rien de moins. Un culot que seule la Silicon Valley a su entendre.

 

Changer le monde

Ici, l'innovation est une seconde nature. « Les gens se réveillent le matin avec l'envie de tout changer, assène Stéphane Alisse, le directeur du département innovation d'Ubifrance pour les États-Unis. Les technologies et les modèles économiques. Ce n'est pas un hasard si Tesla Motors est né ici. Ils ont cassé les codes du véhicule d'aujourd'hui et inventé l'automobile vue de la Silicon Valley. » Les acteurs sont prompts à adopter toute nouvelle méthode susceptible de les aider à mieux innover et plus vite. La région pratique ainsi de plus en plus le test itératif, quasi quotidien, de ses produits auprès du monde réel. « Quand Netflix sort une nouvelle version de son service de vidéo à la demande, il la met en ligne directement pour l'ensemble de ses utilisateurs ! raconte Henri Binsztok. Avec un simple bouton pour revenir à la version antérieure. » SmartRecruiters, une autre start-up créée aux États-Unis par le français Jérôme Ternynck qui propose un service en ligne d'aide au recrutement pour PME, a déjà adopté la méthode. « Ce matin, nous avons discuté de l'interface d'une des pages du site, raconte le PDG fondateur, installé dans son ancienne imprimerie transformée en bureau-loft. Nous hésitions entre trois concepts. Alors, nous avons tout mis en ligne directement. Dans une semaine, nous aurons une idée de ce qui plaît le plus et nous la mettrons en oeuvre. »

 

Des investisseurs en or

Recruter des compétences capables de fonctionner sur ce mode itératif presque instantané est même devenu un critère pour les investisseurs de la Vallée. Des investisseurs dont la capacité à s'adapter et à comprendre les plus récents modèles économiques et méthodes de travail sont justement l'une des forces de la région. Tout comme leurs compétences sectorielles généralement pointues, pas uniquement centrée sur le web. Certains se concentrent sur le stockage, d'autres sur le mobile... Autant de caractéristiques qui en font de fins limiers capables de flairer les prochaines pépites. Ce sont d'ailleurs souvent d'anciens entrepreneurs du cru. À l'image de Mark Andreessen, le créateur de Mozaic (le premier navigateur web) et cofondateur du fonds de capital-risque star de Palo Alto, Andreessen-Horowitz. « Les fonds de capital-risque de la Silicon Valley s'intéressent à la compétence technique et à l'envie de transformer une idée en produit. Ils ne vous demandent pas le montant de votre chiffre d'affaires, insiste Henri Binsztok, frustré par de multiples tentatives d'obtenir un financement en France. »

Ils parient d'ailleurs davantage sur des entrepreneurs que sur des sociétés et les projets. Des entrepreneurs qui n'ont pas peur de l'échec. « Ces fonds de capital-risque sont de véritables usines à entreprises à succès, également capables de prendre de gros risques », juge Jérôme Ternynck. Grâce à un Twitter ou à un Zynga qui fonctionnent, ils vont réinvestir dans une trentaine de plus petites entreprises. « Et depuis quelques années, les business angels issus de la Silicon Valley aussi ont pris le relais du financement pour les phases d'amorçage avec de "petits" montants », constate Stéphane Alisse. Et malgré un mouvement de consolidation des fonds, près d'un tiers du capital-risque des États-Unis (7,6 milliards de dollars) a encore été investi dans la zone en 2011, selon l'Index of Silicon Valley. Autant de raisons pour lesquelles la Silicon Valley ne s'émeut pas plus que cela de l'entrée en Bourse ratée de Facebook.

DATA VALLEY

  • 4 800 km² de superficie
  • 6 000 entreprises de haute technologie
  • 7, 6 milliards de dollars investis en 2011
  • 3 millions d'habitants
  • 66 000 dollars de revenu annuel par habitant

 

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