Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Numérique : New york construit sa Valley

,

Publié le

Enquête Dans un marché numérique dominé par les réseaux sociaux, les applications mobiles et l'e-commerce, New York veut s'imposer comme le nouvel eldorado pour les start-up du secteur.

Numérique : New york construit sa Valley
« Il est devenu plus sexy de dire que l'on travaille dans une start-up plutôt qu'à Wall Street. C'est un fait que le maire Michael Bloomberg a compris. »Bruce Bachenheimer, directeur du laboratoire d'entrepreneuriat de l'université Pace de New York
© D.R.

Patron de start-up à 14 ans ? Adam Israfil en rêvait, la ville de New York l'a fait. Comme une trentaine de lycéens défavorisés de la métropole, Adam participe au NYC generation tech, un programme lancé cet été par la municipalité. Répartis en équipes, les participants doivent développer, d'ici à décembre, une application mobile pour Android et le business plan qui l'accompagne. « Ce projet répond à une double volonté, explique Jordan Runge, l'un des organisateurs : inciter les jeunes à penser très tôt à l'entrepreneuriat et créer des vocations. » Et ces entrepreneurs en herbe peuvent se réjouir. Ils ne seront pas contraints de déménager en Californie pour réussir. Leur ville, New York, s'affiche comme le nouvel eldorado du web et de la technologie. Depuis 2007, plus de 1 000 start-up high-tech ont vu le jour dans la ville qui ne dort jamais, selon une récente étude du Center for an urban future, un groupe de réflexion new-yorkais. Installées pour la plupart dans la « Silicon Alley », au coeur de Manhattan, ces entreprises ont contribué à l'explosion du marché de l'emploi technologique à New York. Selon la même étude, le nombre d'emplois dans ce secteur est ainsi passé de 33 000 en février 2003 à 52 900 en février 2012, un bond de 60%.

Emblématique de cette nouvelle génération d'entreprises, Tumblr connaît une croissance exponentielle. Lancée en 2007, la plate-forme de micro-blogging compte 70 millions de blogs et plus de 16 milliards de pages vues par mois. « Je suis né et j'ai grandi à New York. Personne n'aurait pu me convaincre de rejoindre la Silicon Valley, explique David Karp, le patron de 25 ans. Ici, il y a la mode, la publicité, les médias. Vous êtes au centre de la création. » Pour beaucoup, la Silicon Valley et la Grosse pomme seraient d'ailleurs complémentaires plutôt que concurrentes. Pour faire simple, à la Californie le hardware, à New York le software. Séduits par la diversité qu'offre la ville, des entrepreneurs du monde entier viennent donc y tenter leur chance, à l'image de Mathieu Nouzareth. Arrivé fin 2009, il y a monté sa quatrième start-up, FreshPlanet, spécialisée dans l'édition de jeux en ligne « Ici, l'écosystème est en place pour monter une start-up. Vous avez des business angels, des fonds de capital-risque et des clients. Pourquoi la ville explose aujourd'hui ? Tout simplement parce que c'est la capitale du contenu et de la publicité, et qu'internet converge vers ces mondes-là », explique l'entrepreneur français.

 

La crise de 2008, un catalyseur

Autre signe de la vitalité de la ville : les géants de la côte ouest y sont de plus en plus présents. Google y emploie près de 3 000 personnes, Facebook y a ouvert des bureaux en 2007, Twitter fin 2011. Sans doute rassurés par cette présence des fleurons du secteur et appâtés par l'effervescence de la scène new-yorkaise, les fonds de capital-risque ont eux aussi investi cette côte. Entre 2007 et 2011, le nombre de start-up financées par du capital-risque a progressé de 34%, selon le cabinet d'audit PwC. Sur la même période, il a chuté de 11% au niveau national et de 7% dans la Silicon Valley. L'année passée, 2,7 milliards de dollars ont été investis dans 390 start-up à New York, du jamais vu depuis 2001. Bien sûr, la Californie reste loin devant avec 12 milliards de dollars investis dans 1 200 sociétés, mais New York est désormais au coude à coude avec la région de Boston. Pour les investisseurs, la ville est devenue « the place to be ». Il y a un an, Accel Partners, l'un des fonds les plus en vue de la Silicon Valley, a ouvert un bureau à Manhattan. Il y soutient une vingtaine de projets. Parmi les start-up créées depuis 2007 dans la ville, 133 ont levé plus de 10 millions de dollars. Dix ont même dépassé la barre des 50 millions, dont les célèbres Gilt (221 millions), Tumblr (125 millions) et Foursquare (71 millions).

Étonnamment, la crise financière de 2008 a servi de catalyseur à la scène technologique new-yorkaise. « De nombreux programmeurs, ingénieurs et analystes financiers ont atterri dans la Silicon Alley après avoir perdu ou quitté leur emploi à Wall Street, explique Bruce Bachenheimer, le directeur du laboratoire d'entrepreneuriat de l'université Pace de New York. Et puis il est devenu plus sexy de dire que l'on travaille dans une start-up plutôt qu'à Wall Street. C'est un fait que le maire a compris. » Car si l'écosystème start-up de la ville bénéficie depuis plusieurs années d'un terreau aussi fertile, il le doit aussi à la politique volontariste de Michael Bloomberg. Véritable geek, Twitter addict, le maire s'est lancé un défi : faire de New York la capitale mondiale de l'innovation technologique. Depuis quelques années, la municipalité multiplie les initiatives : concours d'applications (Big Apps 3.0), open data, partenariats public-privé et pépinières. « New York, et en particulier Manhattan, est l'un des marchés immobiliers les plus tendus au monde. Pour attirer de nouvelles start-up, il était indispensable de développer un vaste réseau d'incubateurs », estime Euan Robertson, le directeur du Centre pour le développement économique de la ville. Résultat : en trois ans, 11 incubateurs ont vu le jour, dont trois dédiés uniquement au numérique. Ils offrent des locaux à prix raisonnable, une assistance juridique, marketing ou comptable. Et surtout, un réseau. Réseau d'autant plus précieux que la communauté tech de New York est très dynamique. Des rencontres comme le NY Tech Meetup sont devenues incontournables. L'événement a attiré 26 000 membres cette année, contre 15 000 en 2011. C'est le groupe meetup le plus important au monde.

Malgré tout, la ville a encore des faiblesses. La principale ? La pénurie d'ingénieurs. Pour y remédier, Michael Bloomberg a annoncé fin 2011 la construction d'un gigantesque campus high-tech à Roosevelt Island, en face de Manhattan. Construit par la prestigieuse université Cornell, en partenariat avec l'Institut israélien Technion, le projet doit voir le jour en 2017. D'ici là, les start-up new-yorkaises devront continuer à embaucher ailleurs. Sur la centaine d'employés de Tumblr, plus de la moitié vient de l'étranger ou d'un autre État américain, principalement de Californie. Les recruter a-t-il été difficile ? « Pas du tout, répond David Karp. Pour les convaincre, on les invite à passer un week-end à New York. La ville s'occupe du reste... C'est quand même beaucoup plus cool que Palo Alto, non ? »

LA SILICON ALLEY

1 000 start-up high-tech fondées en 5 ans 20 000 emplois créés en 10 ans 2,7 milliards de dollars investis dans 390 start-up en 2011 11 incubateurs fondés en 3 ans

 

LE PARI DE QUATRE START-UP FRANÇAISES

  • TOTSY Fondée il y a trois ans, Totsy (110 salariés) a misé avec succès sur le retard américain en matière de vente privée. Spécialisée dans les produits de puériculture, la start-up compte trois millions de membres et a enregistré une croissance de 1 000% en 2011. Pourquoi New York ? « Tout le commerce avec les marques se fait ici », explique Guillaume Gauthereau, l'un des fondateurs. 
  • FRESHPLANET Dans le secteur du jeu depuis 2001, Mathieu et Romain Nouzareth sont venus à New York en 2009 pour monter leur quatrième start-up, FreshPLanet. Leur créneau : des jeux plutôt haut de gamme pour Facebook, iPads et mobiles. Sur la quinzaine d'employés, la moitié vient de France. « Les ingénieurs français sont de très grande qualité », estime Mathieu Nouzareth. 
  • CHEFDAY Comment cuisiner un risotto aux Saint-Jacques sans être un cordon-bleu ? Grâce à Chefday. Fondée cet été à Brooklyn par trois Français, la start-up expédie un panier à ses clients avec la recette concoctée par un grand chef de la ville et les ingrédients (bio et de saison) et une vidéo tutorielle. Chefday veut s'imposer comme le leader sur le marché du fooding, très tendance à New York. 
  • TIME TO SIGN OFF Créée en 2010, TimeToSignOff (2 employés) cible les cadres urbains. Les 20 000 abonnés reçoivent chaque soir un e-mail avec trois rubriques : ce que vous avez raté aujourd'hui, ce qu'il ne faut pas rater demain et les bons plans de la soirée. Son créateur, Marc-Henri Magdelenat, est l'ancien fondateur de Screentonic, pionnier du marketing mobile acquis par Microsoft.

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus