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L'Usine de l'Energie

Nucléaire, renouvelable... La complexe équation que doit résoudre le plan de programmation pluriannuelle de l'énergie

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

D’ici fin février, le gouvernement devrait publier le plan de programmation pluriannuelle de l’énergie prévu dans la loi de transition énergétique. Or les développements industriels d’EDF, avalisés par le gouvernement, ne semblent pas permettre d’atteindre les 50 % de nucléaire dans le mix en 2025.

Lors du colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), début février, Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, a assuré que le premier plan de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) serait rendu public d’ici fin février, c’est-à-dire cette semaine. Prévu dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte, ce décret doit fixer les trajectoires pour atteindre les objectifs de la loi sur une première période de trois ans (2016-2018) puis sur une seconde période de cinq ans (2019-2023).

Bien que la loi de transition énergétique n’ait été votée qu’en août 2015, le ministère de l’Environnement travaille à l’élaboration de la PPE depuis mars 2015. Sa publication originelle était prévue pour décembre dernier. Ce report témoigne sans doute de la complexité à établir la bonne trajectoire énergétique du pays pour atteindre, entre autres, 50 % de nucléaire dans le mix électrique en 2025 (contre plus de 75 % aujourd’hui) et 32% de renouvelables dans le mix énergétique en 2030.

Un tiers du parc nucléaire à fermer

Rien n’indique pour l’heure comment l’objectif sur le nucléaire pourrait être respecté. La loi de transition énergétique, qui retranscrit la promesse de François Hollande sur l’atome, implique la fermeture de plusieurs des 58 réacteurs nucléaires en services sur le territoire. Or, en l’Etat, le gouvernement n’a imposé à EDF que la fermeture des deux tranches de Fessenheim (Bas-Rhin).

Lors des résultats d’EDF, le 16 février, le PDG Jean-Bernard Lévy assurait que, "en liaison avec l'Etat", il n’avait pas prévu de fermer d’autres réacteurs. Par ailleurs, le conseil d’administration du groupe, qui comprend l’Etat actionnaire à 85%, a validé le plan du grand carénage qui vise à investir dans le parc pour prolonger sa durée de vie au-delà de 40 ans.

Sauf une forte hausse de la consommation électrique en France, hypothèse peu probable au regard de l’atonie de l'économie, il faudrait fermer plus de réacteurs pour atteindre l’objectif de mix électrique. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes appelait d’ailleurs EDF à revoir sérieusement son plan d’investissements dans le parc électronucléaire. Les sages de la rue Cambon jugent que la loi aura "pour conséquence de réduire d'environ un tiers la production nucléaire, soit l'équivalent de la production de 17 à 20 réacteurs".

Dédommager EDF

Le flou nucléaire - voire la véritable contradiction du gouvernement - est peut-être dû au fait que la fermeture de réacteurs nucléaires aura un coût important. Dans son avis rendu en août dernier, le Conseil constitutionnel a jugé qu’EDF peut "prétendre à une indemnisation pour préjudice subi" en raison de la fermeture anticipée de plusieurs tranches avant leur fin de vie. Par exemple, dans le cas de Fessenheim, chaque réacteur rapporte 300 millions d’euros par an à EDF, un manque à gagner que l’Etat devrait compenser.

Du côté des renouvelables, la trajectoire semble plus facile à définir. Selon Laurent Michel, le directeur général de l'énergie et du climat, présent, lors du colloque du SER : "Le travail de synthèse est achevé et les derniers arbitrages sont soumis à la ministre". D’ores et déjà, il annonce un déploiement de "14,3 à 15 gigawatts (GW) en 2018" et "autour de 23 GW" en 2023 pour l’éolien. Pour le photovoltaïque, il faudrait atteindre "9 à 10 GW en 2018" et "autour de 15-16 GW" en 2023. Dans les deux cas, "cela implique de doubler le rythme d'installations", indique le haut fonctionnaire.

Ludovic Dupin

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