Nucléaire : le retour des EPR en France

Le gouvernement réfléchirait avec EDF à construire de nouveaux EPR pour compenser l’arrêt des plus anciens réacteurs. Si elle devait se confirmer, cette décision ne remettrait pas en cause les promesses présidentielles sur le nucléaire.

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Nucléaire : le retour des EPR en France

Selon les informations du Monde, le gouvernement et EDF discutent de la possible construction de nouveaux EPR en France. Ils compenseraient la fermeture de réacteurs anciens dont le coût de la prolongation de la durée de vie de 40 à 60 ans serait trop élevé. Même si aucun avis n’est encore arrêté, une telle décision serait un sacré retour sur les plans passés de la politique énergétique française.

Originellement, la France avait prévu la construction d’au moins deux EPR. Celui de Flamanville (Manche), actuellement en construction et dont le chantier doit se terminer en 2016. Un deuxième aurait dû être lancé à Penly (Seine-Maritime), toujours mené par EDF. Ce second projet a été relégué aux oubliettes, suite aux retards et surcoûts du premier exemplaire, et surtout après l’accident de Fukushima du 11 mars 2011 .

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55 milliards d’euros

Après cet abandon, nombre d’industriels et d’élus considéraient que l’EPR de Flamanville serait sans doute le dernier EPR construit en France. Et tous les fournisseurs de la filière nucléaire tricolore attendaient qu’EDF lance son "grand carénage" pour prolonger la durée de vie des réacteurs existants et appliquer les mesures post-Fukushima. Ce projet titanesque se chiffre, selon l’électricien, à 55 milliards d’euros.

Pire, cette somme a peut-être était sous-estimée. Dans une optique de continuation du nucléaire en France, il existe deux alternatives : prolonger les centrales existantes ou construire des EPR, jugés plus sûrs car ils bénéficient du retour d’expérience de Tchernobyl, du 11 septembre 2001 et partiellement de Fukushima.

EPR, référence de sûreté

Sans se soucier des considérations de coûts, l’ASN considère que si l’option de la prolongation des réacteurs est choisie, leur sûreté doit être amenée au plus proche des critères de l’EPR. Ce qui implique de très lourdes opérations de génie civil, de mécanique et d’électrotechnique. Les coûts pourraient être prohibitifs. L’ASN et EDF sont déjà engagés dans les discussions. Mais une première décision de l’ASN sur les grandes orientations du projet n’est pas attendue avant 2015.

Et quid de la promesse de François Hollande de réduire la part du nucléaire à 50 % en 2025 ? Elle n’est pas pour autant remise en cause. Le Président, lors de la seconde conférence environnementale, s’est engagé sur un plafonnement de la puissance nucléaire actuelle. La fermeture de plusieurs réacteurs anciens (dont les deux réacteurs de Fessenheim), remplacés par deux ou trois EPR permettrait de respecter cet équilibre. Avec la montée des autres sources d’énergie, en particulier des renouvelables, la part de l’atome, actuellement de 74 %, va mécaniquement baisser dans le mix électrique français. La vraie question est de savoir si les alliés Verts du gouvernement, ainsi qu’une partie des élus PS opposés à l’énergie nucléaire, accepteront de suivre le Président sur cette voie.

Ludovic Dupin

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