Nucléaire : le détail des 55 milliards du grand carénage d’EDF

Pour prolonger la durée de vie de ses réacteurs, EDF doit investir massivement dans les 56 réacteurs du parc nucléaire (sans compter Fessenheim). A condition que l’Autorité de Nucléaire l’autorise.

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Nucléaire : le détail des 55 milliards du grand carénage d’EDF

Ce jeudi 20 février, Dominique Minière, directeur délégué à la direction Production-Ingénierie d'EDF a détaillé à la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la filière nucléaire, les détails du grand carénage d’EDF. Il s’agit de dépenser 55 milliards d’euros d’ici 2025 pour prolonger la durée de vie des réacteurs existants de 40 à 60 ans.

Sur cette somme, 10 milliards concernent les mesures complémentaires de sûreté suite à l’accident de Fukushima. Dans les mois qui ont suivi l’accident au Japon, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a imposé à l’électricien historique d’équiper ses réacteurs d’un noyau dur où seront préservés des outils de sauvegarde ultime (générateurs, pompes...) ou encore l’ajout de sources froides supplémentaires. Autant de travaux qu’EDF doit mettre en place dans les années qui viennent.

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20 milliards serviront à la mise à niveau des centrales lors des opérations de maintenance et des visites décennales. Lors de ces dernières, les agents de l’ASN observent de fond en comble les réacteurs et autorisent le fonctionnement pour dix ans supplémentaires (hors événements) sous conditions de travaux. Par ailleurs, 15 milliards seront consacrés au remplacement de grands composants (générateurs de vapeurs, circuits…) et 10 milliards iront "au titre d'autres projets patrimoniaux (environnement, risque incendie, risque grand chaud-grand froid)", a expliqué le responsable d’EDF.

L’ASN peut dire non

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec réserves. Les travaux à faire pour prolonger les 56 réacteurs du parc nucléaire français, en considérant la fermeture de Fessenheim en 2016, doivent passer les mailles de l’ASN. Elle a le devoir de juger si les travaux proposés par EDF satisfont un niveau de sûreté suffisamment élevé. C’est-à-dire se rapprochant le plus possible de la sûreté offerte par un réacteur EPR de dernière génération, comme celui en construction à Flamanville (Manche). Depuis plusieurs mois, le patron de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, ne cesse de rappeler que la prolongation des réacteurs n’est pas acquise. Un premier avis général est attendu en 2015.

L’autre incertitude repose sur la décision du gouvernement. En théorie, la future loi de transition énergétique actera un plafonnement de la puissance nucléaire à son niveau actuel, ce qui n’empêcherait pas de prolonger les réacteurs existants (ou d’en construire de nouveau). Reste à savoir si l’exécutif pourra imposer sa volonté à ses alliés EELV, inflexible sur la sortie du nucléaire.

Dans les faits, la France doit faire son choix très rapidement. S’il n’y a pas de prolongation des réacteurs, 2 à 8 unités atteindront 40 ans chaque année entre 2020 et 2030, soit de 1800 à 7200 MW retirés du réseau annuellement. Il faudra les compenser par de nouveaux outils de production, nucléaires ou pas. La construction de ces nouvelles centrales doit être anticipée au maximum.

Ludovic Dupin

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