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Nucléaire : la Chine et la France resserrent les liens

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Le président de la République ne rentre pas de Chine avec de nouveaux contrats nucléaires sous le bras. Mais son déplacement aura au moins permis de resserrer les liens franco-chinois dans l’atome, après une forte période de tension début 2013.

Nucléaire : la Chine et la France resserrent les liens © Présidence de la République

Le passage express du président de la République, François Hollande, n’a pas permis de remplir la musette d’EDF et d’Areva de nouveaux contrats. Les quelques signatures officielles ne font, a priori, pas rêver. Une discussion pour construire deux réacteurs EPR supplémentaires à Taishan où les deux premiers sont presque achevés ? Rien de nouveau. Une lettre d’intention entre Areva et son homologue CNNC pour doter la Chine d’une usine de traitement-recyclage des combustibles usés basée sur la technologie française de l’usine de la Hague (Manche) ? Une négociation en cours depuis longtemps. Des négociations pour la prise de participation potentielle de CNNC dans la filiale d’AREVA détentrice de 66,65% de la mine d’Imouraren au Niger ? Rien à inscrire dans son carnet de commandes ! La déclaration de coopération entre Areva, le China Guangdong Nuclear Power Group (CGNPC) et EDF sur la poursuite d’études communes en vue du développement d’un nouveau réacteur de troisième génération franco-chinois ? Déjà annoncé en 2012…

Deux enquêtes en cours

Pourtant, ces quelques annonces sont de bonnes nouvelles ! N’oublions pas que les deux pays sortent d’une crise en la matière. Fin 2011, l’ancien ministre de l’Économie François Baroin recalait un accord entre EDF et le chinois CGNPC pour concevoir un nouveau réacteur. Fin 2012, son successeur Pierre Moscovici déclarait sur le même sujet : "Il est de mon devoir (...) de m’assurer que les intérêts stratégiques français sont respectés." Dans la foulée deux enquêtes s’ouvraient, l’une de l’Inspection générale des finances (IGF) et l’autre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Leur but : s’assurer que la Chine ne vole pas des secrets industriels à la France avec le consentement d’EDF… Autant dire que les Chinois ont peu apprécié. De son côté, le patron d’EDF, Henri Proglio, prévenait que cela n’allait pas aider à faire des affaires en Chine.

La signature de ces quelques engagements rassure un peu. Le premier marché mondial du nucléaire n’est pas définitivement fermé aux entreprises françaises. Le pays envisage de mettre en service 150 réacteurs d’ici à 2025, soit 50 à 60 % des nouvelles constructions dans le monde. Entre 2012 et 2015, la capacité nucléaire chinoise va même tripler en passant de 12,7 à 40 GW. Mais plus encore que de nouveaux réacteurs, le contrat le plus important pourrait être celui de l’usine de traitement-recyclage des combustibles, d’une capacité de 800 tonnes par an. Selon un observateur, ce contrat s’élèverait aux alentours de 15 milliards d'euros et pourrait créer 600 emplois à temps complet en France pour l’ingénierie et le design. Le pic d’activité de cette phase pourrait même solliciter 2 000 personnes.

Ludovic Dupin

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