NSX-FINTELUN SYSTÈME POUR SECURISER LES TRANSACTIONS TELEPHONIQUESNSX-Fintel lance une carte au format d'une carte de crédit qui garantit l'authentification de toute personne souhaitant accéder à un service téléphonique. Quatre ans d'effort de recherche et de mise au point ont été nécessaires jus...

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NSX-FINTEL

UN SYSTÈME POUR SECURISER LES TRANSACTIONS TELEPHONIQUES

NSX-Fintel lance une carte au format d'une carte de crédit qui garantit l'authentification de toute personne souhaitant accéder à un service téléphonique. Quatre ans d'effort de recherche et de mise au point ont été nécessaires jusqu'aux premiers tests chez les clients.

"Imaginons que vous soyez abonné au service SVP. Vous disposez d'un numéro inscrit sur votre carte d'abonné. Mais ce numéro peut vous être dérobé à votre insu. Si vous possédez une Audiocarte, SVP sera sûr de vous avoir au bout du fil et non de dialoguer avec un imposteur. " Jean Moulin, directeur général chargé de l'industrialisation et de la promotion de cette jeune société créée par Christian Duroux et Lucas Goreta en 1992, décrit ainsi l'intérêt de l'Audiocarte, un produit conçu par la société NSX-Fintel. SVP, toutefois, n'est pas encore l'un de ses clients. Et pour cause. La phase de commercialisation de la carte débute à peine. L'Audiocarte, outil d'authentification pour toutes les transactions téléphoniques, se présente sous la forme d'une carte de crédit. Elle est juste un peu plus épaisse. Se trouvent concentrés dans ce format réduit un haut-parleur, un clavier et une électronique de commande. Lorsque l'abonné désire accéder au service, il plaque la carte sur le combiné téléphonique et tapote le miniclavier. Le premier signal transmis l'identifie comme étant une carte émise par le prestataire de services. Le second correspond à l'identifiant du client. Une partie de ce signal est générée aléatoirement, pour éviter toute utilisation frauduleuse du signal capté sur le réseau. Dernière parade pour sécuriser la transaction, le porteur de la carte prouve qu'il en est bien le possesseur attitré en composant un code confidentiel, soit directement sur la carte, soit sur le clavier du téléphone.

Des composants réduits au minimum

Une famille de brevets protègent l'Audiocarte. L'architecture électronique et le vibreur, en particulier. Car tout l'enjeu du développement a été de réduire au minimum la taille des composants pour qu'ils s'insèrent dans un volume le plus proche possible de celui d'une carte de crédit. Or qui dit vibreur de faible amplitude pour le haut-parleur dit immanquablement signal émis relativement faible. Tout l'art des ingénieurs a donc consisté à concevoir un algorithme de traitement du signal, installé à l'autre bout sur le serveur vocal, capable de débarrasser le signal de toutes ses scories. Dans son principe, l'Audiocarte est à rapprocher de deux autres outils de sécurisation des transactions. L'un, conçu par la société Le Jeton sécurisé, est testé actuellement par La Poste pour la sécurisation des transactions téléphoniques. Il est toutefois plus volumineux, de la taille d'une boîte de cachous. Le second, proposé par la société Adventure, a la forme d'une calculette, mais s'intéresse à la sécurisation des transactions réalisées à partir d'un micro-ordinateur.

Trois grands champs d'applications

L'Audiocarte va maintenant se trouver confrontée aux réalités commerciales. Les concepteurs du produit, au gré des restructurations, ne font plus partie de l'entreprise. La société NSX-Fintel existe dans sa configuration actuelle depuis un an. Le capital, de 19 millions de francs, a été réuni par un groupe d'une dizaine d'actionnaires. Jean Moulin, qui, avec Roland Moreno, a vécu l'aventure de la carte à puce au sein d'Innovatron, a rejoint la société il y a peu. Il souhaite mettre à profit sa connaissance du marché de la transaction électronique. Selon lui, " trois grands champs d'applications s'ouvrent à l'Audiocarte : les cartes d'abonnés téléphoniques, les centres de gestion d'appels et la banque à domicile ". Les cartes d'abonnés téléphoniques " calling cards " ont été popularisées par les opérateurs américains. L'abonné tape le code inscrit sur sa carte et téléphone d'où il se trouve. Le coût de sa communication sera ensuite imputé sur sa facture habituelle. " Il y a 100 millions de cartes de ce type aux Etats-Unis. Mais le taux de fraude est très élevé ; il est estimé à 10 ou 15 % du volume des communications ", affirme Jean Moulin, qui souhaiterait convaincre ces opérateurs de combattre la fraude avec l'Audiocarte. Il s'intéresse également aux centres de gestion d'appels qui agissent en tant que prestataires pour les sociétés qui ne veulent pas assurer elles-mêmes les services téléphoniques, comme la " hot-line ", et ne sont jamais sûrs d'avoir en ligne la personne qui a réellement droit à ce service. Enfin, NSX-Fintel compte sur le développement de la banque à domicile. Elle ne représente que 2 à 3 % des flux financiers, mais pourrait atteindre 40 % dans dix ans. Un domaine où la sécurisation des transactions est, bien sûr, primordiale.

Laurence GIRARD



L'avis de l'expert

Eric Gelpe, directeur général adjoint de GMF Vie

"En tant que filiale assurance-vie de la GMF, nous réalisons 75 % de notre chiffre d'affaires en marketing direct. Près de 10 000 clients ont souscrit leur assurance par téléphone. Nous souhaitons leur proposer l'Audiocarte en octobre. Initialement, cette carte devait avoir deux fonctions : la composition automatique du numéro de téléphone et l'authentification du client. Nous avons tiré un trait sur la première, car elle n'est encore pas totalement au point. L'Audiocarte est en revanche un bon moyen pour sécuriser les transactions téléphoniques et convaincre de plus en plus de clients d'avoir recours à ces services téléphoniques. "

USINE NOUVELLE N°2554

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