Novartis, Renault : la rémunération des grands patrons suscite la polémique

La décision du géant suisse de la pharmacie Novartis de verser l'équivalent de 58,5 millions d'euros à son président, Daniel Vasella, après son prochain départ du groupe, suscite l'indignation chez certains actionnaires et au sein du milieu politique suisse. Dans une interview à BFM TV, Christophe de Margerie, PDG de Total, a commenté le "geste" de Carlos Ghosn, patron de Renault, qui s'est dit prêt la semaine dernière à reporter le versement de 30 % de sa rémunération variable de 2012 à fin 2016.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Novartis, Renault : la rémunération des grands patrons suscite la polémique

Haro sur la rémunération des patrons, en France comme en Suisse. Le PDG du laboratoire pharmaceutique Novartis sur le départ, Daniel Vasella, doit recevoir l'indemnité de départ au rythme de 12 millions de francs suisses par an (9,7 millions d'euros) s'il respecte les clauses de non-concurrence de son contrat.

"Cette mentalité consistant à se servir d'abord sape la confiance dans l'économie toute entière. Cela va faire beaucoup de mal à la cohésion sociale de notre pays", a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga au quotidien Sonntagsblick.

Daniel Vasella, président de Novartis depuis 1999 et PDG de 1999 à 2010, a confirmé le 15 février les modalités financières de son prochain départ après leur publication par le site d'information insideparadeplatz.ch.

Il a expliqué dans un communiqué que Novartis lui verserait un montant maximal de 72 millions de francs (58,5 millions d'euros) s'il renonçait à faire profiter des concurrents du groupe de son expérience et de son savoir-faire, en précisant qu'il avait l'intention de reverser ces sommes - nettes d'impôt - à des organisations caritatives.

Un porte-parole de Novartis a déclaré que Daniel Vasella n'avait pas l'intention de s'exprimer davantage sur le sujet avant l'assemblée générale du groupe prévue vendredi à Bâle.

Mais sans attendre, plusieurs associations d'actionnaires ont critiqué le projet. "C'est un scandale", a déclaré à Reuters Rony Tschopp, de l'association Actares. "Tout ce que nous pouvons faire, c'est essayer de motiver autant d'actionnaires que possible pour refuser de voter la décharge du conseil d'administration vendredi."

Il a toutefois reconnu qu'il était improbable qu'une majorité d'actionnaires refuse d'approuver l'action du conseil, les informations sur les indemnités de non-concurrence de Daniel Vasella ayant été rendues publiques trop tard pour être prises en compte par certains grands investisseurs.

"Ça n'a été révélé que parce qu'il y a eu des fuites. Cette méthode de communication n'est pas très transparente", a-t-il ajouté.

Le quotidien NZZ am Sonntag rapporte qu'une autre association d'actionnaires, Ethos, refusera lui aussi la décharge au conseil d'administration.

Le débat sur les conditions du départ de Daniel Vasella intervient à deux semaines du vote populaire en Suisse sur "l'initiative Minder", qui vise à accorder aux actionnaires des entreprises un droit de veto sur les rémunérations des dirigeants. Plusieurs enquêtes d'opinion publiées dimanche montre que près de deux tiers des Suisses sont favorables au projet.

Pour le PDG de Total, Carlos Ghosn a fait une "erreur de communication"

La semaine dernière, c'est la rémunération de Carlos Ghson, PDG du Renault, qui a suscité la polémique. En pleine négociation d'un accord de compétitivité avec les représentants syndicaux du constructeur automobile français, le grand patron annonçait le 14 février qu'il était prêt à reporter le versement de 30 % de sa rémunération variable de 2012 à fin 2016.

Après la controverse suscitée par cette annonce chez les politiques et syndicalistes de tous bords, Christophe de Margerie, PDG de Total, a lui aussi commenté le "geste" de Ghosn dans une interview à BFM TV : "C'est vrai que cela paraît déplacé. Les enjeux ne sont pas ceux-là. Quand on a un très gros salaire, aller dire ' je suis prêt à réduire si vous réduisez' constitue une petite erreur de casting... J'ai quand même bien aimé quand il a dit : 'C'est probablement une erreur ce que j'ai fait. Nous allons cesser de parler de cela et revenir aux vrais sujets'. Là, il a du mal... Il a peut-être fait une erreur de communication, mais qui n'en fait pas ? C'est vrai : ce n'est pas approprié, mais maintenant il faut tourner la page et regarder les vrais sujets qui ne sont pas la réduction du salaire de Carlos Ghosn, mais de savoir ce que l'on fait de Renault en France et à l'étranger".

(avec Reuters)

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS