Nouvelles méthodes de gestion de production Arjo Wiggins se plie aux délais courtsPour réduire ses délais de livraison, la division papiers couchés du papetier a innové. Au prix du chamboulement de ses habitudes.

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Nouvelles méthodes de gestion de production Arjo Wiggins se plie aux délais courts

Pour réduire ses délais de livraison, la division papiers couchés du papetier a innové. Au prix du chamboulement de ses habitudes.

Se différencier de la concurrence par un meilleur service au client: le propos paraît éculé tant il est devenu banal. Il l'est un peu moins dans une industrie comme la papeterie, réputée "lourde", c'est-à-dire peu flexible, et, qui plus est, en pleine crise de surcapacité en Europe. C'est sur cette voie que la division papiers couchés d'Arjo Wiggins s'est lancée depuis un an, avec l'aide du consultant Ouroumoff. Le parti pris: proposer pour certaines références de papiers trois types de livraison rapide - à trois, cinq et sept jours - à partir des deux usines françaises de Bessé-sur-Braye (Sarthe) et de Wizernes (Pas-de-Calais). "On a assimilé le service au délai de livraison", résume François Vessière, directeur industriel de la division papiers couchés.

Deux systèmes mis en place

Cette activité représente 350000 tonnes par an sur les deux usines, emploie 1400personnes et réalise environ 2 milliards de francs de chiffre d'affaires. 90% des ventes s'effectuent à travers des distributeurs, les 10% restants l'étant par des ventes directes aux clients finals, tels les imprimeurs ou les éditeurs. La part distribution connaît elle-même deux modalités, qui s'équilibrent en termes de chiffres d'affaires. D'une part, le distributeur livre les clients finals à partir de son stock. D'autre part, il passe des commandes qui sont livrées directement aux clients à partir des usines, ce que l'on appelle les commandes sur mode fabrication. Le nouveau service mis en place par Arjo Wiggins constitue une petite révolution. Le délai habituel de livraison pour les papiers couchés est en effet de deux à trois semaines, incluant un cycle de production d'une semaine. Comment le papetier s'y est-il pris pour réduire ce délai? Deux systèmes différents ont en fait été mis en place. Les livraisons à trois et cinq jours, dites J+3 et J+5, fonctionnent grâce à une production stockée dont le niveau est défini pour assurer un taux de service de 98,5%. J+3 s'applique à 150références standards (sur un total de 5000) dans des dimensions données, les papiers coupés et emballés étant stockés dans le magasin de produits finis et prêts à partir. J+5 concerne aussi des références standards, mais qui sont coupées à la dernière minute aux dimensions voulues à partir d'un stock intermédiaire où le papier est encore sous forme de bobines.

Révolution dans l'organisation

Quant aux livraisons à sept jours, dites J+7, elles fonctionnent réellement à la commande. Pour l'instant, elles concernent seulement une dizaine de références et des gros tonnages (supérieurs à 20tonnes). Toute l'astuce réside dans l'organisation de la production. Les lots de fabrication de 50tonnes, quantité considérée jusqu'ici comme un dogme, ont été ramenés à 25 tonnes. Cela grâce à une plus grande rapidité dans les changements de composition des machines à papier et des coucheuses et la réduction du temps séparant deux bonnes fabrications. Résultat, les dix références concernées peuvent être produites deux fois par semaine, soit au maximum trois jours et demi de délai de fabrication au lieu des sept jours habituels. Un système qui pourrait s'appliquer à l'avenir à la plupart des références. Sur deux points, l'organisation a changé. D'abord, les commandes J+3 et J+5 suivent un circuit spécial qui permet de les identifier. Elles ne font pas l'objet d'ordres de fabrication, mais sont adressées directement au magasin (pour J+3). Ensuite, pour connaître en temps réel les stocks et assurer le réapprovisionnement, la mise en place d'une GPAO (développée en interne) a démarré en 1992; elle doit se poursuivre en 1994. Au total, les encours et les stocks "services" représentent 3000 à 3500 tonnes, à comparer à un stock total de produits finis compris entre 6000 et 7000 tonnes. Cette année, Arjo Wiggins va livrer 20% de ses tonnages en J+3, +5 ou +7. L'objectif est d'aller vers 40%. Et le papetier réfléchit à l'opportunité d'étendre ce système à d'autres activités que le papier couché.



USINE NOUVELLE - N°2438 -

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