Nouvelle fracture entre Batho et Montebourg sur les gaz de schiste

Alors qu’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, souhaite une recherche publique sur les alternatives à la fracturation hydraulique, Delphine Batho, Ministre de l’Ecologie, s’y oppose.

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 Nouvelle fracture entre Batho et Montebourg sur les gaz de schiste

Plus besoin du PDG de Total, des associations anti gaz de schiste, de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) ou d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV) pour créer la polémique sur les gaz de schiste. Les ministres s’en chargent eux-mêmes. Mardi 19 février, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, était auditionné par la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale. Devant les parlementaires, il a réaffirmé l’importance pour l’économie du pays du gaz de schiste et veut en faire une thématique de recherche publique. "Je crois qu'il est normal que ce soit une société, une compagnie nationale, qui puisse maîtriser sous le contrôle du gouvernement et du Parlement les tenants et les aboutissants d'une éventuelle mise en exploitation d'un gaz de cette nature, pour éviter les dérapages que nous avons vus dans de nombreux pays", a-t-il expliqué.

Une fois de plus, la ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, Delphine Batho, est montée au créneau. Dans un entretien au quotidien Le Progrès de Lyon, elle affirme : "Je ne suis pas favorable à un financement public de ces études. Je considère que les compagnies pétrolières ont les moyens de financer elles-mêmes leurs propres recherches sur les techniques de forage."

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Elle ajoute : "Aujourd'hui, l'Allemagne est en train de discuter l'adoption d'une législation qui va dans le même sens. C'est la confirmation que les risques environnementaux et sanitaires de la fracturation hydraulique sont avérés." La ministre peut difficilement tenir un autre langage alors qu’elle organise le débat national sur la transition énergique dont le but est d’abaisser la dépendance de la France au nucléaire et aux énergies fossiles, à la faveur des énergies renouvelables et d’une meilleure efficacité énergétique. Par souci de vérité, précisons que l’Allemagne ne compte pas interdire la fracturation mais la restreindre à des lieux aux ressources hydriques peu sensibles.

Ce grand écart entre les deux ministres dure depuis le début du mandat de François Hollande mais est encore plus visible depuis le 13 novembre 2012, quand le président de la République avait déclaré : "Tant qu’il n’y a pas de nouvelle technique, il n’y aura pas d’autorisation de permis d’exploration des gaz de schiste (…). Je prendrai mes responsabilités le moment venu (…). Je laisse les entreprises et les chercheurs travailler." Cette dernière phrase avait ouvert une porte - minuscule - à la recherche sur des technologies alternatives à la fracturation hydraulique. Le problème est que la recherche publique sur ce thème est aujourd’hui inexistante. L’Institut français du pétrole Energies nouvelles (IFP EN) ne conduit aucun programme de recherche sur le sujet. Ses ministères de tutelle ont axé ses recherches sur les énergies renouvelables.

La recherche privée pour compenser le manque ?

Est-ce que la recherche privée va compenser ce manque, comme l’espère Delphine Batho ? La réponse est non ! "Les grands groupes pétroliers et parapétroliers travaillent en priorité à améliorer la seule technique existante. Ils n’investiront pas massivement dans les technologies alternatives", a expliqué à L’Usine Nouvelle Pascal Baylocq, président du groupe de travail sur les hydrocarbures de roche-mère au Groupement des entreprises parapétrolières. Si les pétroliers remplacent les produits chimiques par des produits biodégradables et l’eau par d’autres fluides (propane, hélium, CO2 supercritique…), le principe de la fracturation demeurera dominant pour longtemps.

Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, juge qu’"en plus des technologies alternatives à la fracturation, il faut aussi évaluer l’amélioration de la technologie de fracturation". "L’Etat a les moyens, notamment avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), de réaliser une évaluation permanente de toutes ces technologies", estime le Pdg de GDF Suez. Encore faudrait-il que l’Etat les y laisse s’y intéresser, ce que la ministre de l’Ecologie ne semble pas disposer à faire.

Ludovic Dupin

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