L'Usine Energie

Nouvelle dégradation des relations entre Areva et TVO sur le cas de l’EPR d’Olkiluoto

Ludovic Dupin , ,

Publié le , mis à jour le 28/09/2016 À 09H38

L’électricien finlandais TVO regarde avec méfiance la réorganisation de la filière nucléaire française, en particulier le cas du démantèlement d’Areva. Il saisit la justice pour avoir accès à toutes les informations sur ce dossier.

Nouvelle dégradation des relations entre Areva et TVO sur le cas de l’EPR d’Olkiluoto © D.R.

Mardi, l’électricien Finlandais TVO a assigné Areva en référé devant le tribunal de Nanterre, au sujet de la construction et la livraison du réacteur nucléaire EPR d’Olkiluoto. Inquiété par la réorganisation de la filière nucléaire française et par les moyens mis en œuvre pour mener ce chantier à terme, l’industriel finlandais veut avoir, sous un mois, toutes les informations relatives sur les opérations en cours.

Pour faire face aux lourdes pertes financières de l’entreprise, l’Etat français, actionnaire majoritaire, a décidé en 2015 de scinder Areva en deux. D’un côté, New Areva en charge du cycle du combustible, de l’autre Areva NP en charge de la maintenance et de la construction des réacteurs nucléaires. Cette dernière entité doit être reprise fin 2017 par EDF pour une valorisation de 2,5 milliards d’euros. Sauf que l’électricien français refuse d’assumer le risque de l’EPR finlandais qui a dérapé avec neuf ans de retard et un surcoût de 5,5 milliards d’euros.

Un accord avorté

Ajouter à cela, Areva et TVO sont déjà en contentieux devant le tribunal d’arbitrage international. Areva réclame à TVO 3,52 milliards d’euros, TVO demande à Areva 2,6 milliards d’euros. En janvier 2016, le Premier ministre finlandais et l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron avaient donné un mois aux deux entreprises pour régler ce conflit à l’amiable. De source proche du dossier chez les deux parties, l’accord a achoppé de très peu.

Désormais, Areva se trouve dans une situation complexe qui ralentit la création de la nouvelle entreprise. Elle doit créer un nouvel Areva NP avec toutes les activités des réacteurs nucléaires à l’exception de l’EPR d’Olkluoto. Celui-ci demeurera dans "l’ancien Areva NP", rattaché à Areva SA, afin de préserver EDF du risque de ce chantier.

Mi-septembre, lors d’un passage à Paris, Anna Lehtiranta, vice-présidente et porte-parole de TVO, assurait à l’Usine Nouvelle être confiante sur la livraison du réacteur à la date prévue, c’est-à-dire fin 2017.

Ludovic Dupin

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1 commentaire

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28/09/2016 - 14h20 -

parfois il est utile de se poser une question :les cerveaux les plus éminents de FRANCE ont planché sur ce projet ; le résultat nous démontre que le copinage a conduit ce projet à un brillant échec . n'en déplaise au corps des Mines , devenu dans cette affaire un sujet de suspicions et de plaisanteries .
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