Nouveau sursis pour la reprise de Kem One

Le tribunal de commerce de Lyon (Rhône) a accordé un nouveau report pour le dépôt des offres de reprise de Kem One. Mais il a maintenu au 26 septembre son jugement par rapport à la situation de ce groupe chimique en redressement judiciaire depuis le 27 mars.

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Nouveau sursis pour la reprise de Kem One

Le tribunal de commerce de Lyon (Rhône) a accordé quelques jours supplémentaires aux repreneurs potentiels de Kem One, en redressement judiciaire depuis le 27 mars, pour examiner la situation du groupe chimique et peaufiner leur projet de reprise, compte tenu des propositions faites par les fournisseurs. Son jugement sera rendu le 26 septembre.

Deux fonds d'investissements intéressés

Deux fonds d’investissements américains, Sun Capital et Open Gate, ont manifesté leur intérêt, et ont été reçu la semaine dernière à Bercy où une table ronde a été organisée avec les principaux fournisseurs de Kem One, Total et Arkema notamment. Chacun a fait part des baisses de prix qu’il pouvait consentir afin d’améliorer l’excédent brut d’exploitation. Le montant de la facture d’éthylène s’élève à plus de 300 millions d’euros, la consommation d’électricité des installations vinyliques est équivalente à celle des villes de Paris, Marseille et Lyon réunies.

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En négociation également, la participation ou non du Fonds stratégique d’investissement (FSI) qui n’est pas souhaitée pour l’instant par les fonds d’investissement. La reprise est aussi liée à la cession des activités en aval qui permettrait de bonifier l’Ebitda à plus de 40 millions. Ces activités appartiennent pour l’instant à Gary Klesch, qui s’est engagé par la voix de ses avocats à les céder pour 1 euro. Mais si ce dernier revenait sur cet engagement, "s’il fait capoter le projet de reprise, je le poursuivrai jusqu’à la fin de mes jours", profère le préfet de la région Rhône-Alpes, Jean-François Carenco, qui s’est entretenu avec le procureur de la République de Lyon d’éventuelles poursuites pénales.

Un "effort" de 230 millions d'euros

Arkema est aussi sous pression. La CFDT demande au groupe de "faire un effort conséquent de 230 millions d'euros" pour remettre à niveau l’outil industriel, et notamment pour moderniser et changer la technologie de la salle d’électrolyse de Lavera, qui nécessite un investissement de 180 millions d'euros. Arkema, qui a injecté 69 millions d'euros de garanties et dans la trésorerie de l’entreprise depuis son redressement judiciaire, serait prêt à faire un effort supplémentaire. "Sinon, on fera casser au tribunal la cession de l’entreprise à Gary Klesch", menace Jean-Michel Rovida, délégué CFDT.

1300 emplois directs menacés

"Nous, on veut que l’Etat soit partie prenante", insiste Philippe Lemarchand, coordinateur CGT du groupe Kem One qui a déposé un projet de reprise alternatif et se prévaut du soutien des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes. Lundi, le collectif de soutien aux salariés de Kem One a manifesté une troisième fois à Lyon. Après avoir remis un courrier au préfet de région, un peu plus de quatre-vingts personnes se sont rendus en cortège, en silence, jusqu’à l’hôtel de ville où ils ont déployé une banderole sur laquelle était écrit : "Nous voulons vivre de nos métiers."

1 300 postes directs et des milliers d'emplois indirects dans la filière et chez les sous-traitants de Kem One sont liés à ce dossier.

Vincent Charbonnier

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