Nouveau projet d'organisation chez Airbus, nouvelles craintes des syndicats

L'avionneur européen basé à Toulouse souhaite retrouver une organisation plus efficace et une structure plus souple. Les syndicats sont sur leur garde.

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Nouveau projet d'organisation chez Airbus, nouvelles craintes des syndicats

Agitée par le projet de fusion de sa maison mère EADS avec le britannique BAE Systems, la direction d’Airbus n’a sûrement pas choisi le meilleur timing pour annoncer son nouveau projet d’organisation.

Un plan qui se traduit par une volonté de Fabrice Brégier, le président exécutif de l’avionneur européen, de redonner de l’autonomie à l’outil industriel et aux équipes locales. Et de faire volte-face par rapport à la recentralisation décidée il y a cinq ans par la direction après les problèmes opérationnels du programme A380.

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A la tête d’Airbus depuis le 1er juin dernier mais longtemps directeur général délégué, Fabrice Brégier bouscule à nouveau l’organisation du géant aéronautique. Après avoir annoncé l’implantation d’une ligne d’assemblage final aux Etats-Unis début juillet, il a présenté le 18 septembre en comité central d’entreprise le projet d’organisation prévu pour entrer en vigueur en janvier 2013 sous réserve d’acceptation des syndicats.

L’axe fort de cette nouvelle organisation ? Le renforcement de l’autonomie sur les sites de production. "Elle nous permettra de renforcer notre place de leader", se félicite Fabrice Brégier dans un communiqué. "Nous sommes maintenant prêts à donner plus d'autonomie et un pouvoir de décision immédiat à nos équipes locales, de manière à en finir avec la bureaucratie (...)"

"Encourager la flexibilité, l'efficacité et la rapidité d'exécution et satisfaire les exigences très élevées de nos clients, là est notre moteur", martèle le patron d'Airbus, souhaitant en finir avec les retards de livraison et les problèmes en termes de qualité et de coûts.

"Pas le droit à l'erreur"

Face à cette annonce, les syndicats d’Airbus restent perplexes. "Si la grande idée derrière ce plan est de remettre le produit livrable au cœur du dispositif de la nouvelle organisation, a priori c’est une bonne chose", estime Françoise Vallin, déléguée centrale syndicale CFC-CGE. "Mais avec la montée en cadence voulue par la direction et les challenges à relever avec les programmes A350, A400M et A380, il n’y a pas le droit à l’erreur".

"On parle de réduire les niveaux hiérarchiques, mais nous serons attentifs au fait que tous les salariés puissent retrouver un poste et un niveau hiérarchique similaires. Attention à la démotivation des salariés", prévient-elle.

Un écho à l’enquête de satisfaction diligentée chaque année par la direction des ressources humaines d’Airbus auprès des salariés, redevenue satisfaisante en 2012 après deux années désastreuses.

La CFE-CGC s’inquiète aussi pour les quatre centres d’excellence créées en 2006, que la direction aurait prévu de supprimer. "Pas question, répond une porte-parole d’Airbus. Les centres d’excellence seront réorganisés pour être intégrés à un pôle Production, mais pas supprimés".

"Si l’industriel reprend le pas sur la finance, c’est un bon axe de travail. Mais nous avons de nombreuses interrogations en termes d’emploi, car si Airbus ne licencie pas, elle n’embauche pas non plus. La direction va fournir du travail aux Etats-Unis, en Inde, en Chine, au Moyen-Orient… mais quid de l’Europe avec ce plan ?", tempère Dominique Pinault, secrétaire général de la CGT Airbus Toulouse.

"La nouvelle organisation n’aura pas d’impact sur l’emploi", assure-t-on du côté de la direction. "Au contraire, c’est une véritable opportunité pour les usines et les équipes de retrouver une autonomie propre et une flexibilité".

La nouvelle organisation devra être validée par les partenaires sociaux français, espagnols et allemands lors d'un comité central européen début octobre.

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