Nouveau credo industriel à Moscou

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"La période de romantisme de l'économie de marché est finie", affirme Viktor Tchernomyrdine. Et d'ajouter aussitôt: "Mais nous n'allons pas l'échanger contre le fétichisme de la production." Après la démission des ultralibéraux et la nomination de sa nouvelle équipe, le Premier ministre russe enterre sans état d'âme une politique monétariste largement sanctionnée par la population, tout en se gardant bien d'afficher trop crûment les nouvelles orientations économiques. La nomination d'Alexandre Chokhine au ministère de l'Economie n'en indique pas moins clairement le sens du changement. Cet économiste de 42 ans, réformateur modéré, connu des bailleurs de fonds internationaux pour avoir renégocié la dette extérieure de la Russie, entend infléchir la politique de rigueur monétaire d'Egor Gaïdar, dont il prend la succession. Aux mesures anti-inflationistes, il préfère le soutien à l'industrie. Un souci qu'il semble partager avec le numéro 2 du gouvernement, Oleg Soskovets, nommé "Premier vice-Premier ministre". Cet ingénieur de 44 ans, ancien ministre de la Métallurgie de l'URSS en 1991, classé parmi les conservateurs, a fait l'essentiel de sa carrière dans la sidérurgie. La remise en ordre de l'industrie fait partie des préoccupations qu'il a clairement affichées lors de sa précédente nomination, en avril dernier, au poste de Premier vice-Premier ministre. Il jugeait alors indispensable une alliance entre l'exécutif et les entrepreneurs pour stabiliser l'économie. Résolue à sauver les restes d'une industrie chancelante, la nouvelle équipe n'en devra pas moins composer avec les risques d'hyperinflation.



USINE NOUVELLE - N°2441 -

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