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L'Usine Energie

Nouveau coup dans l’eau pour le pétrole guyanais

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Le troisième forage pétrolier en Guyane s’est révélé infructueux. Shell, Tullow et Total doivent encore forer deux puits en 2013 et espèrent confirmer le potentiel de la zone.

Nouveau coup dans l’eau pour le pétrole guyanais © DR

Cela ne sonne pas la fin des opérations, mais ça n’en reste pas moins une mauvaise nouvelle. Le troisième forage au large de la Guyane réalisé par le britannique TullowOil, associé à Total et Shell, est un échec. Le puits Priodontes-1, foré sous 1 750 mètres d’eau et à 6 318 mètres de profondeur, n’a pas mis en évidence de quantités significatives d’hydrocarbures. Le pétrolier va maintenant déplacer le navire sur une quatrième zone pour forer le puits Cebus. Le début des opérations est prévu pour début mai. Un cinquième forage est d’ores et déjà programmé en 2013.

Ces deux futures campagnes doivent donner des résultats car les coûts des forages (1 million de dollars par jour) et des campagnes sismiques ne leur permettront pas de multiplier les explorations indéfiniment. Pour l’instant, seul le premier forage a été positif. Creusé en 2011, il avait mis en évidence 300 millions de barils de pétrole de bonne qualité. Auditionné par la délégation de l’Outre-Mer du Sénat en janvier 2013, Patrick Roméo, patron de Shell France, jugeait que cette quantité ne suffit pas à envisager une exploitation commerciale. La rentabilité économique dépend de la quantité de pétrole, de sa qualité, de son coût d’extraction (lié entre autre à la distance des puits les uns des autres) et la fiscalité. "Pour l’instant, notre seule certitude est qu’il y a du pétrole !", déclarait-il.

L’hypothèse quel la manne pétrolière guyanaise ne soit qu’un mirage n’est pas à exclure. En 2011, dans la foulée de bonnes perspectives, les parties prenantes se partageaient déjà le butin : 12 % du chiffre d’affaires réalisé par les pétroliers sur la zone seraient répartis à parts égales entre le département et l’État. Quant aux opposants, ils se dressaient déjà vent debout contre l’exploitation pétrolière… A commencer par l’ex-ministre de l’Energie Nicole Bricq qui, à peine nommée rue de Grenelle, avait retiré les permis d’exploration guyanais. Dans la foulée, elle avait été désavouée par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault et envoyée au commerce extérieur.

Exercice de haute voltige

Espérons que le pétrole guyanais soit bien au rendez-vous au final, et que ses retombées favorisent le pays et le département durement touchés par la crise. Mais ces échecs, peut-être temporaires, de Shell, Total et Tullow rappellent à quel point l’exploration pétrolière est un exercice de haute voltige. Moins de 50 % des puits d’exploration donnent des résultats positifs. Malgré les évidences géologiques (la marche guyanaise est sœur du Golfe de Guinée qui déborde de pétrole), les preuves sismiques de structures pétrolifères favorables et un premier forage positif, tout reste à prouver dans le département d’outre-mer.

Les aléas guyanais devraient éclairer le débat sur les hydrocarbures non conventionnels en métropole. La France possèderait les premières réserves européennes de gaz de schiste avec 5,3 Tm3 et près de deux milliards de barils de pétrole de schiste. De quoi alléger la facture énergétique de la France de 5 à 10 milliards d’euros par an (Elle s’élevait à 69 milliards d’euros en 2012). Des potentiels qui déchirent les antis et les pros depuis maintenant plus de deux ans alors qu’ils ne reposent que sur des études géologiques américaines… Aucune campagne sismique ni forage n’ont jamais été effectués.

Ludovic Dupin

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2 commentaires

Nom profil

06/05/2013 - 14h11 -

Le dernier paragraphe de ce texte manque d’investigation, car des forages et études sismiques ont bel et bien eut lieu, sinon, on ne serait dire que la France a un gros potentiel pour les gaz de schistes ! La compagnie SHELL a déjà effectué plusieurs forages dans le bassin parisien, elle attend l’aval de l’Etat français afin de démarrer les fracturations et productions. Cependant les études géo-mecaniques manquent peut être encore afin de mieux connaitre les risques quant aux non contrôle de la propagation liée à la fracturation hydraulique.
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Nom profil

23/04/2013 - 20h24 -

Je ne suis pas sûr que Nicole Bricq soit vraiment responsable. Je pense qu'elle ne connaissait pas le sujet et qu'elle a été conseillée par la clique Batho-Duflot-Hamon-Placé, qui, sous couvert d'écologie, ont pour objectif une forme de paupérisation de la France. Avoir dédit Bricq a été l'un des plus grand signe d'autorité de notre premier ministre.
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