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"Nous voulons contrer la domination de Samsung dans les mémoires", confie le N°2 de Tsinghua Unigroup

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Vu sur le web Dans une interview accordée à Digitimes, Charles Kau, numéro deux de Tsinghua Unigroup, désigne le coréen Samsung comme la cible de l’offensive du groupe chinois dans les puces mémoires avec l’objectif d’en briser la domination sur le marché. En revanche, il ouvre la porte à un partenariat avec l’américain Micron Technology.

Nous voulons contrer la domination de Samsung dans les mémoires, confie le N°2 de Tsinghua Unigroup
Charles Kau, vice-président de Tsinghua Unigroup
© Photo by Maurice Tsai/Bloomberg via Getty Images

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Samsung Electronics a de gros soucis à se faire. Le groupe coréen d’électronique constitue la principale cible de l’offensive chinoise dans les puces mémoires. C’est-ce que révèle en substance Charles Kau, vice-président de Tsinghua Unigroup et président de Yangtze River Storage Technology, dans une interview exclusive accordée à Digitimes.

2 méga usines de 54 milliards de dollars

Créée en juillet 2016 comme filiale à 51% de Tsinghua Unigroup, Yangtze River Storage Technology fait office de fer de lance à l’offensive de la Chine dans les mémoires. La société est en train d’investir 54 milliards de dollars dans deux méga usines, l’une à Wuhan, l’autre à Nanjing. Elles devraient entrer en service au second semestre 2018 pour la production de puces flash 3D et Dram. De 200 000 tranches de 300 mm de diamètre au départ, la capacité mensuelle cumulée devrait être portée à 600 000 tranches à la fin de 2020. De quoi bousculer les positions sur le marché.

« La domination de Samsung sur le marché mondial des puces mémoires est en fait un problème mondial, estime Charles Kau. Il semble que la Chine puisse servir de force émergente pour contre balancer son pouvoir.  En conséquence, j'ai décidé de rejoindre Tsinghua Unigroup, dans le but d'aider à développer l'industrie chinoise des mémoires. »

Débauchage du vétéran taiwanais des mémoires

Avant de rejoindre Tsinghua Unigroup en octobre 2015, ce taiwanais de 64 ans, vétéran de l'industrie de mémoires, était président d’Inotera Memories, une coentreprise de production de mémoires Dram entre l’américain Micron Technology et le taiwanais Nanya Technology. Son débauchage constitue une précieuse prise pour Tsinghua Unigroup, chef de file du plan chinois de développement dans les semiconducteurs.

Pour défendre le bien-fondé du plan chinois, Charles Kau n’hésite pas à dramatiser la situation et à attirer l’attention sur le danger de voir les deux coréens, Samsung Electronics et SK Hynix, renforcer leur domination dans les mémoires. « Ils détiennent aujourd’hui 80% du marché mondial des puces Dram et 60% de celui des puces flash NAND, explique-t-il. Je m’inquiète de les voir contrôler 90% du marché des puces Dram à court terme. Cela serait dramatique pour tout le monde. »

Retard technologique à réduire à une génération

Le patron de Yangtze River Storage Technology se montre confiant dans la capacité de sa société à surmonter les obstacles technologiques et rattraper son retard sur les grands acteurs actuels du marché. « Nous commencerons à échantillonner des puces flash 3D à 32 couches à la fin de 2017, posant un jalon dans le développement en interne de technologies connexes, dévoile-t-il.  Ensuite, nous passerons à 64 couches, ce qui augmentera considérablement notre production.  Nous croyons que le rythme d’évolution de puces flash 3D se ralentira, ce qui nous permettra de réduire notre retard sur les principaux acteurs, dont Samsung, SK Hynix et Toshiba, à une génération technologique. »

Tsinghua Unigroup a tenté au départ de se propulser sur le marché des mémoires en jouant la carte des fusions-acquisitions. C’est ainsi qu’il a fait une offre non sollicitée à 23 milliards de dollars sur Micron Technology, cherché à prendre 15% du capital de Western Digital et proposé d’investir 3 milliards de dollars dans SK Hynix. Des tentatives qui se sont terminé toutes par des échecs. Le groupe chinois a été contraint de se replier en 2016 sur un plan endogène de développement en prenant 100% du contrôle de XMC, un fondeur chinois de mémoires flash NOR, et en créant Yangtze River Storage Technology. Une voie considérée comme longue et risquée.

Choix d'un développement interne, plutôt qu'à travers des licences

Charles Kau défend ce choix. « Si Yangtze River Storage Technology décide de produire des puces Dram et flash NAND sur licence, cela ne fera que répéter l'échec et le processus pénible que Taiwan a enduré précédemment dans le développement de son industrie de puces Dram.  Taiwan a échoué parce que 7-8 entreprises se disputaient le marché avec des ressources insuffisantes.  La Chine a choisi de concentrer ses ressources pour réussir, tout en développant son propre savoir-faire technologique.  Nous ne volons certainement pas les technologies des autres », faisant allusion aux accusations de vol de secrets technologiques portées par Micron Technology à l’encontre de trois Chinois, dont Tsinghua Unigroup.

Plus petit que Samsung Electronics et SK Hynix, Micron Technology se sent particulièrement menacé par le plan de développement chinois. C’est pourquoi il est sur la défensive, n’hésitant pas à poursuivre des anciens employés d’Inotera Memories et de Rexchip pour divulgation de secrets technologiques à leurs nouveaux employeurs chinois.

Micron Technology, meilleur partenaire

Le patron de Yangze River Storage Technology tente de rassurer. « Personnellement, je crois que Micron est le meilleur partenaire de Yangtze River Storage Technology pour développer des puces Dram et flash 3D, laisse-t-il miroiter.  Mais maintenant, l'atmosphère politique nous est défavorable, car les États-Unis s'inquiètent de l'essor de l'industrie chinoise des semiconducteurs et, par conséquent, nos discussions avec Micron pour la coopération se prolongeront. » Il voit une convergence d’intérêt avec Micron Technology. « Micron  a vu sa part de marché décliner de 28% à 18%, et sa capacité à résister aux acteurs coréens diminuer, explique-t-il. La coopération avec Yangtze River Storage Technology lui offre le meilleur partenariat pour contrer leur domination. »

 

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